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SCIENCE ==> RÉINCARNATION

Référence: Lumières nouvelles sur la réincarnation de Laurent GUYÉNOT (2003), préface de François Brune

Ce livre est le résultat d'une enquête approfondie sur l'ensemble des faits parapsychologiques tenus, à tort ou à raison, comme des preuves de la réincarnation. Dans sa préface, François Brune affirme qu'il ne connaît pas «d'étude aussi poussée sur les différents mécanismes qui peuvent être à l'origine des faits constatés»; cela accorde déjà à cet ouvrage une certaine notoriété.

Qu'est-ce qui se réincarne en nous?
De quoi avons-nous hérité au juste à notre naissance?
D'où viennent ces dons, ces vocations, ces visions, ces pulsions et ces phobies qui nous habitent, sans nous appartenir entièrement?

Dès la première page de son introduction, Laurent Guyénot affirme que «l'humilité et la prudence ne sont malheureusement pas les qualités les plus marquantes de la plupart des ouvrages sur l'après-vie. Ceux traitant de la réincarnation en particulier, sont soit des ouvrages de propagande pour, soit des ouvrages de polémique contre». Avec cette vue dualiste et catégorique, Laurent Guyénot veut ouvrir une troisième voie dans laquelle il insère sa thèse, «qui n'est pas de savoir si la réincarnation est une réalité, mais de définir ce qui, au juste, se réincarne et dans quelle condition»; il affirme par ailleurs que son «approche est avant tout empirique : il s'agira de répertorier des phénomènes paranormaux, de considérer dans quelle mesure ils soutiennent l'hypothèse de la réincarnation et, dans le cas contraire, quelle hypothèse alternative ils suggèrent». En fait, même s'il ne veut pas savoir si la réincarnation est une réalité, il se la donne néanmoins comme hypothèse de départ?

Son enquête part d'un «présupposé», à savoir la position «survivaliste», selon laquelle on admet qu'une partie de l'être survit après la mort du corps physique; il spécifie cependant «qu'il n'en fait pas un dogme et qu'il n'embrasse pas l'ensemble des arguments avancés par ses défenseurs les plus zélés».

Selon Laurent Guyénot, la seule question intéressante est de savoir ce qui se réincarne, et, dans cette optique, de lever les ambiguïtés des sources religieuses et les confusions populaires entre survivance et réincarnation.

Les écrits réincarnationnistes présentent plusieurs nuances conceptuelles.

Le nombre moyen d'incarnations par individu, allant de trois à six pour ceux qui s'inspirent de la Kabbale hébraïque et de son texte fondamental «Le Zohar» à une infinité de cycles de renaissances pour ceux qui se recommandent de la tradition bouddhique.

Le sexe dans lequel on se réincarne : certains affirment que l'on se réincarne toujours dans le même sexe, alors que la plupart considèrent que l'expérience alternative des deux sexes profite à l'évolution de l'âme, tout le monde dénonçant Platon, pour qui une renaissance en femme était considérée comme une punition à peine plus légère qu'une renaissance animale.

Les modalités de réincarnation allant des «écoles traditionnelles» qui reconnaissent que les renaissances sont animées par une loi implacable imposant au terme d'une vie les conditions de la vie suivante, aux «écoles libérales» qui insistent sur le libre arbitre. Des compromis existent entre ces deux positions extrêmes, laissant par exemple aux êtres plus évolués la possibilité de choisir, alors que les déchus se voient obligés d'obéir.

Les réactions devant les questions de régression sous hypnose opposant les régréssionnistes qui y voient un but thérapeutique favorisant le développement personnel, aux anti- régréssionnistes, comme les auteurs attachés aux traditions religieuses, les représentants des écoles bouddhiques et hindouistes, les penseurs originaux comme Aurobindo, et les théosophistes fidèles à la l'opinion d'Hélène Blavatsky.

Laurent Guyénot termine son introduction en classant les arguments réincarnationistes en trois catégories.

Les arguments historiques démontrant la très haute antiquité de la réincarnation et son caractère quasi universel : la transmigration.

Les arguments basés sur des faits empiriques, comme les souvenirs des vies antérieures, obtenus par régression sous hypnose, avec Ian Stevenson et Patrick Drouot par exemple, ou les observations liées à la mémoire de la matière, pensons plus particulièrement à Edgar Cayce.

Les arguments d'ordre philosophique ou moral, s'intéressant à la notion de personnalité et d'inconscient individuel.

En ce qui concerne la régression sous hypnose, Laurent Guyénot cite trois auteurs :

Brian Weiss, docteur en médecine et auteur du livre : De nombreuses vies et de nombreux maîtres.

Patrick Drouot, possédant une maîtrise en physique, auteur du livre «Nous sommes tous des immortels» édité à 350 000 exemplaires. À son égard, Laurent Guyénot s'exprime souvent avec un manque d'objectivité et il passe sous silence l'essentiel de sa méthode, qui n'était pas axée sur les régressions hypnotiques, mais sur les altérations des niveaux de conscience. En fait, il semble lui reprocher d'avoir été grand initié dans ses vies antérieures, ce qu'il fait d'ailleurs aussi à l'égard de Shirley Mc Lane et de Paco Rabanne, en des termes fort peu nuancés, puis que, dans leurs cas, il n'hésite pas à parler de «divagations».

Raymond Moody , psychiatre, avec son livre «Voyages dans les vies antérieures», dont la référence bibliographique n'est pas fournie.

Laurent Guyénot classe les différents phénomènes obtenus avec l'hypnose dite régressive en trois catégories.

Les souvenirs des vies antérieures. Il faut se poser des questions «quant à la légitimité de considérer les visions obtenues par régression comme des souvenirs de vies antérieures».

Les souvenirs traumatiques enfantins. Pour la plupart des thérapeutes pratiquant les régressions hypnotiques, les descriptions revécues sous hypnoses sont la preuve qu'il s'agit bien d'un souvenir. Feud fonda la psychanalyse, quand il renonça à croire en l'exactitude des souvenirs émergeant sous hypnose. Dans son livre, «Victims of memory», Mark Pendergrast relate plusieurs témoignages d'histoires vraies de faux souvenirs, dans lesquels les patients guidés par leur thérapeuthe arrivent à se convaincre qu'ils ont été victimes d'incestes ou autres drames dans leur enfance.

Les souvenirs d'enlèvements extraterrestres . De nombreux cas sont relatés; ils sont issus du rapport d'un colloque américain organisé par la prestigieuse université M.I.T. en 1992 : BRYAN C.D.B.(1995), Close Encounters of the Fourth Kind, Knoph, New-York.

Il est vrai, comme le souligne Laurent Guyénot, que «pour nombre de réincarnothérapeuthes, c'est l'efficacité constatée des régressions aux vies antérieures qui justifie la pratique et valide la théorie réincarnationniste». Parmi toutes les pratiques, celles qui aident les patients, de manière significative, à modifier leurs habitudes et leurs pensées, démontrent des résultats supérieurs à la moyenne.

Le psychothérapeute américain, Jonathan Venn, rapporte le cas d'un de ses patients, Matthew, jeune homme âgé de 26 ans qui souffrait de douleurs chroniques à la poitrine. «Placé sous hypnose légère, le patient a d'abord revécu des souvenirs d'enfance douloureux, où son père l'empêchait de pleurer en le menaçant de le frapper s'il continuait. Puis, toujours en transe, il s'identifia à un pilote français tué en Belgique en 1914 par une rafale de mitrailleuse l'atteignant à la poitrine. En revivant cette expérience, le patient cria, se débattit et transpira intensément pendant une demi-heure».
La cryptomnésie est la conservation latente d'une chose vécue ou entendue et qui ne réapparaît que lors de certains phénomènes anormaux comme l'hystérie ou le sommeil profond. Ce concept fut introduit en 1 899 par le psychologue suisse Théodore Fournoy, dans son livre "Des Indes à la planète Mars". Voici le résumé de ses travaux donné par Laurent Guyénot.
"Flournoy appliqua l'hypothèse cryptomnésique à ses expériences avec la médium Hélène Smith (pseudonyme dissimulant Catherine-Élise Mûller). Au cours de ses transes (qu'on appelait alors états somnambuliques), cette médium vécut de fantastiques aventures que Flournoy transcrivit et divisa en trois cycles : le Cycle Oriental, le cycle Royal et le Cycle Martien. Les deux premiers se rattachent à l'idée de réincarnation.

Dans le Cycle Oriental, il fut en effet révélé qu'Hélène Smith avait été, cinq cents ans avant sa vie présente, la fille d'un cheik arabe et était devenue, sous le nom de Simandinini, l'épouse préférée d'un prince hindou, nommée Sivouka Nayaka. Flournoy se trouva lui-même impliqué dans cette vie antérieure, à son grand embarras; il avait été le Prince Sivrouka, aimé de la princesse Simandini.
Dans le Cycle Royal, il fut révélé qu'Hélène Smith avait vécu sous les traits de la Reine Marie-Antoinette. Le guide de la médium (l'esprit désincarné qui la parraine, pur ainsi dire, et s'exprime occasionnellement à travers elle) apporta à cela un éclaircissement : étant lui-même, en son temps, tombé éperdument amoureux de la Reine, il l'avait enfin retrouvée, après bien des recherches dans l'au-delà, en la personne d'Hélène Smith, sur qui il veillait depuis, se consolant ainsi de son ancienne passion malheureuse. Ce guide prétendait s'appeler Léopold, alias Cagliostro.



Flournoy n'eut aucun mal à montrer que ces régressions au temps de Marie-Antoinette dans la vie de la princesse hindoue pouvaient être entièrement expliquées par les lectures d'enfance d'Hélène Smith (explication à laquelle il faut ajouter, dans le cas du Cycle Oriental, un phénomène évident de transfert. Il devient difficile de déceler la cryptomnésie quand la source du souvenir se trouve dans les livres d'histoire; les réincarnationnistes y verront la preuve de la réalité du souvenir, alors que les sceptiques affirmeront de leur côté que la prétendue vie antérieure a été construite avec les données historiques. À ce propos, Laurent Guyénot relate le célèbre cas de régression hypnotique publié par le psychiatre anglais, Arthur Guirdham, sous le titre «Les Cathares et la réincarnation» : «En 1962, une de ses patientes, Mrs Smith, est venue le voir avec des rêves récurrents évoquant la France du XIIIe siècle. Les rêves présentaient des détails historiques qui, affirme Guirdham, furent ensuite confirmés par des historiens des Cathares : René Nelli et Jean Duvernoy. Peu de temps après, sous l'effet évident d'un contre-transfert, Guirdham se mit à voir lui-même des rêves semblables à ceux de sa patiente et finit par conclure qu'elle et lui avaient été amants durant la persécution des Cathares et avaient péri ensemble dans les flammes du bûcher. Ian Wilson a critiqué ce cas en faisant état de ses vaines tentatives d'amener l'auteur à coopérer à une enquête pour vérifier si les personnages en question avaient bien existé. Wilson découvrit que Mrs Smith avait écrit un roman en 1954 sur les Cathares, et le Dr Guirdham s'intéressait au sujet depuis longtemps, ce qu peut expliquer en partie que les souvenirs de sa patiente aient été conformes à quelques données historiques connues. De plus, comme le fait remarquer Ian Wilson, son passe-temps favori était de composer des œuvres de fiction. On a donc un mélange d'imagination, de cryptomnésie et de télépathie (les connaissances de Guirdham ayant pu influencer les souvenirs de sa patiente).»

L'historien Bertrand Méheust s'intéresse aux interactions entre l'hypnotiseur et la personne hypnotisée; quand les séances se répètent trop longtemps, tout se passe comme si les deux pensées se rejoignaient et le lien est alors tellement fort qu'il peut même se manifester au-delà du temps et de l'espace. Ce phénomène avait déjà été remarqué par le général Noizet en 1854 : «Il est un grand nombre d'observations générales qui concourent à prouver que les idées, et principalement les opinions des magnétiseurs, peuvent être senties par les somnambules. On a remarqué, par exemple, que tous les somnambules endormis par la même personne avaient les mêmes idées sur le magnétisme animal, et précisément celles du magnétiseur. Ainsi, lorsqu'un magnétiseur persuadé de l'existence d'un fluide magnétique, demande à son somnambule s'il ressent l'action de ce fluide, celui-ci répond qu'il la sent et assure en outre voir le magnétiseur environnée d'une atmosphère lumineuse, tantôt brillante, tantôt azurée. Les somnambules, au contraire, endormis par des personnes qui n'admettent aucun fluide particulier prétendent qu'il n'existe pas de fluide magnétique. Ceux qui sont endormis par des gens superstitieux voient des démons ou des anges qui viennent communiquer avec eux et leur font des révélations ou leur apportent des secrets. Les somnambules observés par la société exégétique de Stockholm se croyaient tous inspirés par des esprits venus d'un autre monde et qui, pendant quelque temps, avaient habité des corps humains. Ces revenants donnaient des nouvelles de ce qui se passait en paradis ou en enfer.»

Il arrive aussi que certains phénomènes médiumniques se produisent au cours des expériences de régression. À ce propos, Laurent Guyémot cite l'expérience d'Ormond McGill:

«L'auteur, réincarnothérapeute, y relate les souvenirs d'une vie antérieure d'une de ses patientes, présentée sous le pseudonyme de Sarah, mais qui serait en fait une actrice américaine connue, préférant pour l'instant ne pas dévoiler son vrai nom.

Sarah consulta McGill pour des raisons qui ne sont guère précisées dans le livre, et fut amenée, en plusieurs séances d'hypnose profonde, à reconstituer une vie antérieure très détaillée. Elle ne gardait, hors hypnose, aucun souvenir du récit qu'elle venait de faire dans son sommeil hypnotique (à l'instar des médiums d'incorporation, qui, à l'état normal, ignorent tout des propos qu'ils tiennent en transe, propos en fait supposés tenus par un esprit utilisant leur corps), mais ce récit était consciencieusement enregistré par le thérapeute, puis transcrit par écrit. À chaque nouvelle séance, elle reprenait le récit là elle avait interrompu à la fin de la séance précédente, un processus souvent observé chez des sujets placés répétitivement sous hypnose.»

Selon Laurent Guyénot, le cas de régression qui eut la plus grande influence, serait la régression hypnotique présentée par Morey Bernstein dans son livre À la recherche de Bridey Murphy", qui fut édité dans la collection rouge "J'ai lu", mais actuellement introuvable.
«L'histoire se passe en 1952, en Californie. Une femme, désignée comme Ruth Mills Simmons dans le livre, change de personnalité lorsque Bernstein la fait régresser sous hypnose : elle se met à parler avec un accent irlandais et dit s'appeler Bridey Murphy McCarthy; au fil des séances qui se suivent, elle se dira Irlandaise née à Cork en 1798 dans une famille protestante, mariée à vingt ans à un catholique du nom de Sean Brian Joseph MacCarthy. Elle n'eut pas d'enfant. Vers l'âge de 60 ans, elle se brisa la hanche dans une mauvaise chute et, incapable de se déplacer à partir de ce moment, elle dite être devenue un fardeau pour son mari, jusqu'à sa mort à l'âge de 66 ans.

Les récits de ces séances parurent tout d'abord dans un quotidien de Denver, avant d'être repris à Chicago puis dans d'autres villes. Les réactions enthousiastes des lecteurs convainquirent les éditions Doubleday de commander un livre à Morey Bernstein, lequel livre devint immédiatement un best-seller national et fut rapidement traduit en cinq langues. De nombreux journalistes menèrent une enquête, généralement pour discréditer le cas. Ils firent valoir que toutes les tentatives pour retrouver la trace de Bridey Murphy dans les registres de naissance, de mariage ou de décès de Cork et d'ailleurs, avaient été vaines, tout comme les recherches sur les autres personnages ou détails de l'histoire comme le Père John Joseph Gorman ou son église Saint Theresa.

Un journaliste anglais du nom de Eric Dingwall tenta de prouver, avec l'appui d'hypnologues distingués, que des manifestations obtenues par Bernstein avec Ruth Simmons pouvaient être expliquées par cryptomnésie.

Les attaques les plus violentes émanaient du "Chicago American", concurrent du "Chicago Daily News" qui avait passé les articles de Morey Bernstein. Ses journalistes découvrirent l'identité véritable de Ruth Simmons, de son vrai nom Virgina Tighe. Sachant qu'elle avait passé son enfance et son adolescence à Chicago, ils prétendirent avoir localisé la vraie Bridey Murphy en révélant qu'une irlandaise du nom de Bridie Murphy Corkell avait habité à Chicago, dans l'immeuble en face de celui de Virginia Tighe. Ils avancèrent que Virginia connaissait bien Mrs Corkell et lui avait souvent rendu visite, ce que Virginia nia formellement. Ils prétendirent également que Virginia avait eu une tante irlandaise, décédée au moment de l'enquête, dont elle avait été très proche. Mais Virginia rétorqua que sa tante n'était que de souche irlandaise lointaine, étant née à New-York. Elle ne contesta pas, en revanche, le fait qu'avant d'être élevée par des parents adoptifs, elle avait grandi jusqu'à l'âge de trois ans avec ses vrais parents qui étaient en partie irlandais». Dans l'état actuel de nos connaissances, nous n'avons aucun moyen de savoir si le récit de la vie antérieure d'un sujet n'est pas imputable à la vie d'une autre personne; on peut penser par exemple que le sujet soit incorporé par un esprit qui lui fasse revivre sa propre vie.

Carl Wickland, psychiatre américain, et son épouse, médecin et médium, ont libéré pendant trente ans des milliers de personnes sous l'influence néfaste d'entités attachées à leur corps physique. Carl Wickland défend l'hypothèse selon laquelle les désordres mentaux sont le plus souvent dus à l'influence négative des basses sphères spirituelles. Les hypothèses de Wickland remettent en question le principe même de la réincarnation : les esprits alimentent tellement bien le subconscient des êtres qu'ils incorporent, que ces derniers ont vraiment l'impression d'avoir vécu les activités de la vie de l'entité.

Edith Fiore, docteur en psychologie clinique, pratique une méthode de dépossession basée sur l'hypnose; elle explique aussi que certains propos de ses patients ne cadrent pas avec les théories réincarnationnistes :
«Je me demandais en réalité si je n'avais pas eu affaire, en réalité, à des esprits, des entités qui se seraient exprimées par la bouche de mes patients, ces derniers étant en quelque sorte des médiums 'non consentants'. Ce concept de possession expliquait également pourquoi certaines régressions à des vies antérieures se chevauchaient dans le temps. Ne s'agissait-il pas en fait des dernières vies terrestres de plusieurs esprits possessifs (ou bien d'incarnations anciennes de ces mêmes esprits, si les régressions évoquaient des époques très lointaines).»

Laurent Guyénot a puisé dans l'actualité française quelques cas intéressants :

«France soir du 9 décembre 1993, le cas de Lucien-Gilles de Vallière, qui terrorisa la ville D'Annemasse pendant cinq ans avant son arrestation en 1993, expliqua lors de son procès : 'Je n'avais pas le sentiment d'agir. J'avais l'impression d'être en dehors d emoi. Je n'avais pas l'impression d'être l'auteur de ses actes.'»

«Figaro du 1 mars 1995, le cas Alain Garcia, violeur en série d'Aix-en-Provence jugé en 1995, décrit pas sa femme comme 'un bon père de famille' et par les psychiatres comme un homme dépourvu d'anomalies mentales, déclarait de même : 'Il y avait quelque chose qui entrait en moi. Il m'envahissait et il faisait n'importe quoii. Je parlais avec lui. Même en prison, pendant six mois, j'ia continué de parler avec lui. Quand je suis entré en prison, je ne me senatais pas coupable, c'était l'autre.'»

«Le Point 21 août 1993, le cas de Francis Haulme , meurtrier en série arrêté en janvier 1992. Les enquêteurs qui l'interrogeaient ont dit :'Il mélange constamment le 'je' ou le 'il', il est à la fois lui-même et un autre.»



Laurent Guyénot cite aussi deux cas intéressants, celui de Lurancy Vennum et celui de Shanti Devi, nous ajouterons aussi celui de RoseMary Brown.

Cas de Lurancy Vennum : «Un autre grand nom de la 'Society For Psychical Research, Frederic W. H. Myers, maître de conférences en psychology au Trinity College de Cambridge et inventeur du terme 'télépathie', consacra un chapitre à la possession dans son ouvrage classique, La Personnalité humaine, sa survivance, ses manifestations supranormales, dont l'éditionoriginale anglaise date de 1903. Parmi les cas qu'il cite, celui de Lurany Vennum est le plus connu. En 1877, alors qu'elle avait treize ans, Lurancy commença à éprouver des états étranges de transe, revêtant parfois des personnalités désagréables. Ses parents, craignant pour sa santé mentale mais voulant éviter qu'elle ne fût internée dans un asile, la confièrent au Dr W. Stevens, qui se livra sur elle à quelques expériences d'hypnose. Sous hypnose, Lurancy dit se voir entourée de fantômes, parmi lesquels elle nomma Mary roff. Celle-ci était une fille de la région qui avait été sujette elle aussi à des crises d'insanité, et qui étaient morte douze ans auparavant. Toujours sous hypnose, Lurancy annonça qu'elle allait autoriser le fantôme de Mary Roff à la 'posséder'. Le jour suivant, il devint progressivement apparent qu'elle se comportait comme si elle Mary Roff, demandant même à être ramenée 'a la maison', là où habitaient les Roff. Un jour, en regardant par la fenêtre, elle vit passer dans a rue Mrs Roff, accompagnée de sa fille Minerva; elle s'exclama : 'Oh, voilà Maman et ma sœur Nervie!' et se précipita dehors pour les embrasser comme si elles étaient sa vraie famille. Après de fortes réticences, les Vennum acceptèrent que leur fille aille vivre chez les Roff. Un jour qu'elle passait devant la maison où avaient habité les Roff du vivant de Mary, elle s'arrêta et l'on ne parvint que difficilement à lui faire admettre que la famille Roff avait déménagé et n'habitait plus là. En arrivant dans lea nouvelle demeure des Roff, reconnut immédiatement le piano qu'avait connu Mary, et salua familièrement toute la famille et les proches réunis, en les appelant par leur prénom."

Cas de Shanti Devi : «Tournons-nous maintenant vers un cas très célèbre en Inde dans les années 1930, celui de Shanti Devi. Tenue pour un miracle incarné, une preuve vivante de la réincarnation, Shanti Devi fut traitée comme une vritable sainte dans son pays, et attira une foule considérable (ce qui, soit dit en passant, prouve que ce genre de cas est rare, même en Inde). On dit qu'elle attira l'attention de Gandhi lui-même, qui se serait déplacé personnellement pour lui rendre visite. Une commission d'enquête fut en tout cas formée pour statuer à son sujet. Les Occidentaux peuvent prendre connaissance des faits grâce au compte-rendu qu'en fait le journaliste suédois, Sture Lönnerstrand dans son livre 'Shanti Devi, l'enfant réincarnée'. Le cinéaste français François Villiers s'en inspira également pour le scénario de son film, Manika, une vie plus tard, sorti en 1989. Je résumerai les faits marquants en me basant scrupuleusement sur le livre de Lönnerstrand. Dans la ville de Muttra meurt en retour de couche Ludgi Devi, jeune épouse de Keda Nath, d'une famille brahmane. Quelques années plus tard, à New Delhi, c'est-à dire à deux cent kilomètres de Muttra, une petite fille du nom de Shanti Devi (sans relation avec Ludgi Devi, malgré l'identité du nom) prétend depuis l'âge de quatre ans qu'elle vient d'une famille brahmane de Muttra. Elle emploie des termes d'un dialecte que sa famille ne comprend pas et refuse de manger la nourriture qu'on lui sert, sous prétexte qu'elle n'est pas préparée selon les règles brahmanes. Ces caprices s'accompagnent d'untrouble aigu de la personnalité, un véritable dédoublement. Par moment, Shanti voit à côté d'elle Ludgi Devi, qu'elle nomme la 'femme au sari rouge' et qu'elle ressent comme différent d'elle-même. 'Au début, Shanti Devi ne savait même pas que la femme au sari rouge, c'était elle', commente bizarrement Lönnerstrand, comme si l'hypothèse de la réincarnation allait de soi, alors que, justement, elle est mise à mal par ce type d'observation. À d'autres moments, Shanti Devi se prend littéralement pour cette femme au sari rouge, Ludgi Devi. Ce n'est plus alors Shanti qui parle, mais Ludgi Devi. Et Ludgi Devi ne comprend absolument pas où elle est, ni ce qui lui arrive."

Cas de RoseMary Brown : Rosemary Brown, qui est morte en 2001, était médium. Elle communicait avec des compositeurs défunts : Liszt, Chopin, Beethoven, Schubert et Rachmaninov, pour ne citer qu'eux. En 1964, Mme Brown est veuve avec deux enfants à charge ; elle travaille à la cantine d'une école de Batham, dans le sud de Londres; à la suite d'une chute, elle se brise deux côtes et doit prendre un congé. C'est à cette époque qu'elle est "visitée" par Liszt, alors qu'elle est au piano. "Il m'arrivait d'avoir du mal avec des morceaux faciles, mais, là, c'est comme si je jouais automatiquement. J'ai commencé à jouer des pièces virtuoses, et tout est parti de là." Liszt devient son guide spirituel; c'est grâce à lui, a-t-elle affirmé, qu'elle a rencontré Bach, Beethoven, Chopin et bien d'autres. Ces compositeurs lui ont dicté des pièces soit directement au piano, soit sur papier. Intrigués par ses déclarations, nombre de musiciens, de compositeurs et de critiques l'ont rencontrée pour entendre ses oeuvres. Plusieurs experts ont admis que la musique de Rosemary Brown présentait de grandes similitudes avec celle des compositeurs qu'elle affirmait représenter, mais ils attribuaient cette caractéristique à un don pour l'imitation. Il ne fait cependant aucun doute que Rosemary Brown était passionnée et convaincue d'avoir un don. En reprenant l'hypothèse de Carl Wickland , on pourrait bien admettre que son don provenait d'une incorporation de la part des compositeurs qui la visitaient.

Ian Stevenson donne six objections qui permettent de réfuter l'idée de la réincarnation dans le modèle de la possession de Wickland :

Objection 1 : Il affirme que "la différence entre la réincarnation et la possession se trouve dans la durée de la modification d'une personnalité, ayant pour cause l'influence partielle ou complète d'une personne désincarnée". Il oublie que certaines possessions sont presque permanentes.

Objection 2 : Il affirme que "l'hypothèse de possession ne permet pas d'expliquer un aspect important des cas évoquant la réincarnation : elle n'explique pas qu'un enfant, à la vue d'un lieu où la personnalité antérieure a vécu, soit impressionné au point de retrouver soudainement le souvenir de différents épisodes de son autre vie". Il s'agit là d'une affirmation tout à fait contradictoire avec les résultats expérimentaux obtenus par Wickland pendant trente ans.

Objection 3 : Il affirme qu' "un esprit possesseur ayant assez d'influence sur une personne vivante pour l'amener à déclarer un changement d'identité devrait être capable de se rappeler toute l'histoire de sa vie antérieure". Cela ne pourrait être envisageable que si l'esprit qui a incorporé une personne ne le fait que dans des buts évolutifs, ce qui n'est absolument pas le cas dans la plupart des faits rapportés par Wickland.

Objection 4 : Il affirme que "la théorie de la possession n'explique pas non plus comment nos sujets pouvaient décrire les maisons et les gens, tels qu'ils étaient avant la mort de leur personnalité antérieure". Cette affirmation est gratuite; au contraire, la personne possédée perd son subconscient.

Objection 5 : " Le défaut apparent de motivations qui pousseraient les personnalités désincarnées à influencer nos sujets." Affirmation tout à fait gratuite et en opposition avec les expériences de Wickland sur les drogués et les meurtriers.

Objection 6 : Il affirme que "la réincarnation obéirait à la loi karmique, tandis que la possession découle nécessairement d'une volonté de l'esprit du possesseur". En fait, il semble bien qu'il n'y a que cette objection que l'on pourrait retenir.

René-Yves Hervé
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