SPISCIENCE
Bibliographie

PENSÉE
I: Nature de la pensée
II: Programmations
III: Énergie de mots
IV: Subconscient
V: Effets de la pensée
VI: Imagination
VII: Autosuggestion
VIII: Évolution
IX: Concentration
X: Énergie & Pensée

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LE CHOC DE LA PENSÉE ---> MARCHE I: FORMES DE PENSÉES

Première marche
Fondements de la méthode

Comprendre le rôle de la pensée dans nos vies

1. S'appproprier une méthode.
2. Opposer les deux courants philosophiques du dualisme et du matérialisme.
3. Identifier le cerveau comme constituant les centres émetteur et récepteur de la pensée.
4. Identifier les quatre états de conscience.
5. Utiliser l'état alpha pour accroître les facultés psychiques.

Théorie

États de la conscience

Programmation

Pratique

Marche1

Formes de la pensée

Le mille-pattes allait insouciant
Quand le crapaud, en plaisantant Lui dit :
"Très cher, quand vous marchez,
Ce doit être bien compliqué
De savoir quelle patte avancer ?"
Le mille-pattes en fut si troublé
Qu'il se retrouva au fossé,
Son millier de pattes emmêlé ...
(Anonyme)


Nous avons tous expérimenté, comme le mille-pattes, les difficultés qui surviennent, lorsqu'on se trouve confronté avec un nouvel apprentissage comme les premières tentatives de conduite automobile.

En science, plusieurs modes de pensée sont identifiés: la pensée déductive, la pensée inductive, la pensée analogique, la pensée dialectique et la pensée divergente:

La pensée déductive: Elle envisage les conséquences d'un fait, les propriétés d'une loi dans une situation particulière. Ainsi la loi générale des gaz parfaits peut conduire à des conclusions plus particulières : loi de Boyle et Mariotte quand la température est constante, première loi de Charles et Gay-Lussac quand la pression est constante, deuxième loi de Charles et Gay-Lussac quand le volume est constant:

Le syllogisme est un bon exemple de la pensée déductive :
Tous les hommes pensent.
Or je suis un homme.
Donc je pense.

La conclusion est vraie, si la prémisse et la majeure sont vraies. Ce mode de pensée peut s'insérer facilement aussi bien dans un raisonnement mathématiques, que dans un raisonnement scientifique.

Tous les rectangles ont leur quatre angles droits.
Or le carré est un rectangle.
Donc le carré a ses quatre angles droits.

Toutes les substances pures renferment une seule sorte de particule fondamentale.
Or l'eau est une substance pure.
Donc l'eau est constituée d'une seule sorte de particule fondamentale.

Une mauvaise formulation du syllogisme conduit à une conclusion fausse, même si la prémisse et la majeure sont vraies

Tous les minéraux sont des substances homogènes.
Or l'eau est une substance homogène.
Donc l'eau est un minéral.

Pour aboutir à une conclusion vraie, il eut fallu énoncer : Or le quartz est un minéral.
Donc le quartz est une substance homogène.

La pensée déductive dégage les conséquences d'un théorème mathématique dans des situations particulières, applique les règles générales de nomenclatures à des composés chimiques individuels , identifie la classe à laquelle appartient une substance. La pensée déductive ne peut pas intervenir dans la formulation d'un problème , puisque ce mode de pensée s'appuie sur un référent déjà maîtrisé; en revanche, elle intervient aussi bien dans l'émission d'hypothèses en référence avec des situations déjà résolues que dans la vérification expérimentale de ces hypothèse grâce à un système explicatif déjà acquis. Elle permet en outre un raisonnement rigoureux, qui ne peut conduire qu'à la vérité scientifique. De façon globale, la pensée déductive cherche à inférer les conséquences du général au particulier; elle construit avec certitude l'inconnu particulier à partir d'un connu plus global, ce qui la place en quelque sorte à l'antipode de la pensée inductive.

La pensée inductive: Elle est à la base de la recherche expérimentale, car elle fait passer d'un ensemble d'observations particulières à une loi générale. Tous les acides réagissent-ils sur le magnésium ? L'acide chlorhydrique réagit-il avec tous les métaux ? Tous les acides réagissent-ils avec tous les métaux? La recherche scientifique pousse le chercheur à se poser des questions qui accroissent sans cesse le champ d'application du phénomène initial. Quels sont les facteurs qui font varier la quantité de chaleur absorbée par une masse déterminée de substances différentes ? Des substances différentes absorbent-elles la chaleur de la même façon ? La chaleur produit-elle toujours une variation de température ?
Les observations étayées par des hypothèses, qui gardent un caractère provisoire jusqu'à la corroboration de l'expérience, conduisent à des inférences probables. Il s'agit là d'un caractère qui la distingue fondamentalement de la pensée déductive; a pensée déductive fonctionne grâce à des inférences rigoureuses, alors que la pensée inductive utilise des inférences statistiques, basées essentiellement sur la régularité observée dans le fonctionnement de multiples situations particulières.
La pensée inductive aide à formuler des problèmes et à interpréter des résultats expérimentaux, puisqu'elle incite à extrapoler des résultats au-delà de la réalité observée. La pensée inductive applique une relation répétable à des domaines de plus-en-plus vastes; en suivant cette progression, de nouveaux paramètres s'imposent, engendrant de nouvelles relations répétables, et conduisent à la création de nouvelles lois et théories. Si les pensées inductives ou déductives sont très précieuses au niveau de la formulation de problèmes, il arrive que les comparaisons permettent des explications très claires; nous parlons alors de pensée analogique.

La pensée analogique: Elle repose sur la transposition d'une situation connue, puisée le plus souvent dans le domaine du concret., à une situation inconnue le plus souvent abstraite ; ces deux situations présentant visiblement des caractères communs, comme l'analogie entre la différence de potentiel du courant électrique et les différences de niveau dans un barrage hydro-électrique. Cette forme de pensée puise sa puissance dans les comparaisons et dans les métaphores, et conduit aux expressions : çà me fait penser ..., c'est comme ... . Si ce mode de pensée devient quelquefois indispensable dans la formulation de problèmes, on aura intérêt à compléter les conceptions souvent très liées avec la matière étudiée avec d'autres conceptions plus larges et débordant le champ disciplinaire. Dans ce dernier cas , la pensée est confrontée avec des nouvelles situations: elle devient pensée dialectique.

La pensée dialectique: Le mot dialectique est utilisé avec son sens platonicien, soit l'art de confronter et d'organiser les concepts. Une pensée dialectique examine les rapports entre les situations ou les principes explicatifs, appartenant à des champs cognitifs différents, dans le but de construire un nouveau principe intellectuel. L'interdisciplinarité utilise un tel mode de pensée ; en confrontant des données mathématiques, chimiques et historiques, on est amené à mieux formuler un problème ou à interpréter avec plus d'efficience les résultats d'une recherche. Les progrès en biologie ne sont-ils pas un bon exemple de la confrontation de la pensée dialectique entre la chimie, la physique, les mathématiques et l'histoire ? Est-il possible de concevoir des progrès en physique sans l'aide des mathématiques ? Si la pensée dialectique est précieuse au début et à la fin de la démarche expérimentale, elle ne sera d'aucun secours aussi bien dans l'émission d'hypothèses que dans la vérification expérimentale qui font appel à la pensée divergente.

La pensée divergente: C'est la pensée divergente qui permet de produire des situations nouvelles, des relations jusqu'alors inconcevables, ou de relier des éléments que l'on croyait indépendants. Souvent en commençant un nouveau module, le professeur demande à ses élèves d'énumérer tous les concepts qui leur semblent liés avec le sujet ébauché; il valorise ainsi leur pensée divergente. Ce mode de pensée procéde par induction. C'est cette forme de pensée qui conduit aux phrases de ce type : on devrait essayer de ... . La pensée divergente laisse place à la création, à l'imagination et même à la fantaisie. Est-il si insensé de croire que la science aurait été privée de la relativité d'Einstein, si ce dernier n'avait pas souvent utilisé la pensée divergente ?

Dans un cadre plus général, on peut différencier deux grands modes de pensée: la pensée dualiste que l'on trouve dans le raisonement logique et qui oppose dans les sciences morales le bien et le mal, de la pensée paradoxale qui nous rapproche des philosophies orientales, cette forme de pensée qui nous fait pénétrer dans l'essence même du théorème de Gödel en nous apprenant que toute chose est à la fois elle-même et tout sauf elle-même.

L'influence d'Aristote et de son brillant élève, Platon, sur la pensée occidentale est considérable: leurs conceptions de l'univers et des rapports entre celui-ci et l'homme sont restés des modèles pendant plusieurs siècles. La thèse dualiste de Descartes, prônant la séparation du corps et de l'esprit (des mondes physique et spirituel), domina elle aussi la pensée occidentale pendant plusieurs siècles. À l'opposé du dualisme de Descartes, il y a le matérialisme des scientifiques, théorie qui stipule que tout ce qui existe est physique et qui définit la conscience comme une propriété émergente de l'organisation du cerveau. Il ressort de cette théorie trois points essentiels: La conscience est liée au cerveau.
La mémoire est une fonction du cerveau.
La perception dépend de la façon dont les parties du cerveau s'organisent et interagisse. Si on se place dans le contexte du dualisme de Descartes, les formes-pensées émanent en premier lieu de l'âme, en second lieu du cerveau. Elles sont construites consciemment ou inconsciemment, intérieurement ou sous l'effet des formes-pensées des autres. Après avoir construit une forme-pensée, il faut apprendre comment l'envoyer accomplir sa mission. Nous sommes souvent d'inconscientes victimes de nos propres formes-pensées; nous les construisons, mais pas avec assez de force pour qu'elles puissent accomplir leur mission, ou nous ne sommes pas assez sages pour les dissiper lorsque c'est nécessaire. Voici quelques suggestions à respecter: Purifier nos désirs inférieurs afin d'être capables de voir clairement en nous.
Développer l'aptitude à perdre de vue son intérêt personnel devant l'intérêt du groupe, coopérant ainsi au plan universel.
Assurer la maîtrise de son mental.
L'énergie de la pensée doit être employée pour le bien de tous et pour collaborer à l'accomplissement du plan de Dieu. Il ne faut pas l'utiliser à des fins égoïstes.
Avant de construire une forme-pensée, il faut envisager son dessein et en vérifier le mobile.
La pensée inutile, égoïste, cruelle ou haineuse, traduite en paroles, construit une prison, empoisonne les sources de la vie, conduit à la maladie, cause le désastre et retarde le moment de la libération. Il faut donc être aimable, bienveillant et bon. Gardons le silence et la lumière entrera en nous.
Ne parlons pas de nous. Ne nous apitoyons pas sur notre destin. Les pensées tournées vers le soi et son humble destinée empêchent la voix de l'âme d'atteindre notre oreille. Parlons de l'âme, du plan divin; oublions-nous en construisant pour le monde. Ainsi la loi de l'amour pourra s'établir dans le monde.
Il existe une voie intermédiaire entre le dualisme cartésien et le matérialisme scientifique, celle du bouddhisme tibétain. Selon cette voie médiane,les phénomnes mentaux et physiques, tels que nous les percevons et concevons, existent relativement à nos perceptions et à nos concepts; ils semblent exister par soi et pour soi et apparaissent comme des choses indépendantes, alors qu'en réalité leur existence est celle d'événements interdépendants. Leur dépendance est triple: Les phénomènes sont dépendants des causes et conditions qui les précèdent.
Ils n'existent pas indépendamment de leurs parties et/ou de leurs attributs.
Ils dépendent de leur désignation verbale et conceptuelle. Cependant, cette théorie n'est pas étrangère à la science, puisque Werner Heisenberg, l'un des grands théoriciens de la mécanique quantique, déclare notamment que «ce que nous observons, n'est pas la nature en soi, mais la nature telle qu'elle s'offre à notre méthode de questionnement».

© René-Yves Hervé2008
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