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Dans le livre de C.S. Lewis «The screwtune letter», paru en Angleterre
en 1942, le diable écrit à son neveu pour son édification. Il lui enseigne mille
et une ficelles pour lui apprendre comment pervertir les hommes, comment les
rendre méchants:
«Apprends que l'horreur des vieilles choses est l'une des passions les plus
importantes que nous ayons insufflées dans le coeur humain. Les êtres humains
vivent dans le Temps et expérimentent sa réalité par étapes successives. Ils
doivent faire l'expérience du changement. Cependant notre Ennemi (Dieu) n'a
pas voulu que les hommes fassent du changement un but en soi, Il a compensé
l'amour du changement par l'amour de la continuité. Il leur a offert les saisons
toutes différentes et cependant les mêmes chaque année. Tous les changements
sont réglés par les rythmes universels. Grâce à nos efforts, les hommes
seront de plus en plus réglés par une demande de changements non réglés par
des rythmes universels, demande qui a pour effet de diminuer le plaisir et d'augmenter
le désir.»
1. Évolution de nos connaissances sur la matière
Nos savants de Démocrite à Rutherford, ont découpé la matière en atomes; c'est
ainsi que la discontinuité de la matière s'imposait en remplaçant les rêves
de continuité d'Aristote. Avec la découverte du noyau atomique
par Rutherford, l'atome quittait son statut «d'insécable», et de
découverte en découverte la science du vingtième siècle progressa vers la mécanique
quantique, dans laquelle onde et corpuscule se disputent la première place.
Les savants étaient alors tellement certains de leur monde si bien construit
qu'il n'avaient que mépris pour les «illuminés» qui, à leurs yeux,
mélangeaient physique et métaphysique, en travaillant sur les phénomènes «psi».
C'est d'ailleurs l'époque où le marxisme réduisait l'être humain à son
poids moyen: 80 kilogrammes d'eau, de sels minéraux, de protides, de lipides
et de glucides. On avait même essayé de déterminer la masse de l'âme,
en pesant un mourrant quelques minutes avant l'arrêt du fonctionnement de son
cerveau et quelques minutes après : 56 g de différence. Pour de nombreuses
personnes, hors des particules de matière tangible, tout le reste est délire:
la religion ne peut être que l'opium du peuple.
Rutherford jusqu'à sa mort en 1937, croyait que la réalité consistait en une
accumulation de minuscules grains de matière résistant au toucher. Bohr montra
que les électrons de l'atome ne pouvaient avoir que des énergies bien spécifiques:
les différences entre ces énergies sont toujours des multiples entiers de l'énergie
élémentaire appelée quantum:
Variation d'énergie
= Constante de Planck x Fréquence
ou
Variation d'énergie = Nombre entier de quanta d'énergie
Le microcosme de Bohr-Rutherford rejoint le macrocosme, puisque leur modèle atomique présente une structure analogue à celle des systèmes planétaires;
cependant, ces modèles s'éloignent quelque peu de la matérialité de la matière en se centrant de plus en plus
sur l'aspect énergétique, concept en accord avec l'équivalence entre matière
et énergie dans la relativité d'Einstein. Avec Heisenberg et de Broglie,
l'aspect corpusculaire de la matière n'est qu'une partie de la réalité de la
matière : il faut lui adjoindre le mouvement vibratoire de l'onde. On rejoint
les idées d'Edgar Cayce : «tout vibre, tout oscille, et donc tout est
énergie». La matière est une expression de l'Esprit en mouvement; la Chine
ancienne l'a toujours enseigné :«Tout bouge, tout le temps», idée
reprise dans la spatiodynamique de Toldescini.
Les phénomènes où le support matériel n'est plus tangible ont été
étudiés par une explication vibratoire par plusieurs auteurs: Olivier Costa
de Beauregard, Ilya Prigogine, Stéphane Lupasco, Étienne Guillé, Rupert Sheldrake,
Fritjof Capra, Michael Talbot, Jean-Étienne Charon. Par ailleurs, les découvertes
dans le domaine particulaire suivirent une progression quasi exponentielle,
ce qui fit dire à Jean Guitton et aux frères Igor et Grichka Bogdanoff dans
leur introduction à la nouvelle physique (Dieu et la Science) : «Face
à cette prolifération vertigineuse, certains chercheurs sont saisis d'un doute;
et si, au fond, il n'existait pas de particules vraiment 'élémentaires'.».
Il existe quatre forces qui régissent la structure de la matière :
L'interaction gravitationnelle (la moins forte).
L'interaction électromagnétique.
L'interaction nucléaire forte qui explique la cohésion du noyau.
L'interaction faible qui explique les réactions de transmutation et de radioactivité.
On subdivise les particules en deux grandes catégories : celles qui sont de
la matière (les électrons et les quarks) et celles qui sont des messagères véhiculant
des forces, comme les photons. Toutes les particules sont expliquées à partir
de douze constituants élémentaires : six leptons et leurs antiparticules, six
quarks (trois paires de quarks : up/down, charm/strange, bottom/top). Quand
les quarks sont réunis, ils forment les hadrons (baryons avec trois quarks et
mésons avec deux quarks) qui sont responsables des interactions fortes. Les
particules messagères qui réunissent les quarks dans les hadrons sont les gluons,
responsables des interactions fortes. Les particules messagères, responsables
des interactions faibles, sont les bosons.
Toutes ces particules appartiennent au domaine de la pure abstraction. Mais
n'est-ce-pas là précisément le domaine de la réalité, celui où les hamiltoniens
supplantent les corpuscules bien matériels. En ce sens, on rejoint la tradition
hindoue qui affirme que la réalité qui s'offre à nos yeux est une illusion.
L'infiniment grand peut-il nous livrer le secret de la matière? On a reconstitué
l'histoire du Big-Bang, explosion initiale d'où serait née notre Univers. Au
départ, l'univers se serait concentré dans une toute petite particule portée
à une température incroyablement élevée 1032 degrés. On n'arrive
pas à connaître ce qu'il y avait 10-44 s avant le Big Bang, c'est
le « mur de Planck», un mur conceptuel qu'on n'arrive pas à dépasser. Avant
ce temps, période appelée l'ère de Planck, toutes les lois actuelles de la physique
classique doivent être repensées. Les grandeurs comme la pression, la température
sont si élevées que l'espace-temps semble acquérir une courbure infinie, une
singularité en relativité générale. La taille de l'univers à cet instant est
de l'ordre de la longueur de Planck, notée «LPlanck», et vaut approximativement
10-33cm, ce qui est la plus petite distance physique ayant un sens
dans les théories actuelles. Elle représente l'échelle de longueur naturelle
dans laquelle serait écrite une éventuelle théorie de la gravité quantique.
2. Matière et Univers
Pour certains savants, comme David Bohm, astrophysicien, l'Univers serait un
gigantesque hologramme et la matière ne serait qu'une projection holographique,
chaque galaxie, comme chaque atome, enfermant la totalité de l'Univers. Rappelons
qu'un hologramme est une image à trois dimensions dont chaque partie reflète
le Tout ; si on découpe le négatif d'un hologramme et si on le met sous un projecteur
laser, on n'obtient pas de morceau d'image, mais l'image toute entière dans
chaque morceau. Le Cosmos pourrait être considéré comme la structure infinie
d'ondes où tout est lié à tout, où être et non-être, esprit et matière, ne sont
que des manifestations différentes d'une même réalité profonde: la vie. Ne peut-on
pas discerner dans une telle description les conceptions de l'hindouisme et
du bouddhisme (création, destruction, renaissance...) et aussi des éléments
de la physique quantique? Quelle perception de la mort aurions-nous dans un
tel contexte sinon de ne la considérer que comme une transformation énergétique?
Edgar Cayce dit que «l'âme humaine résume en elle-même tout ce qui existe dans
le système solaire et dans tous les autres systèmes». Chaque région de l'espace
en descendant jusqu'au simple photon, contient, contient la configuration de
l'ensemble, soit toutes les hiérarchies de structures. La totalité de l'Univers
apparaît présente en tout lieu et en tout temps.
Quand deux photons corrélés s'éloignent l'un de l'autre en des directions opposées,
si l'on modifie la polarité du premier grâce à un filtre, le deuxième semble
immédiatement le savoir et subit instantanément la même altération de
polarité, même si ces deux photons sont séparés par plusieurs milliers de kilomètres,
voire même par plusieurs milliards de kilomètres. La matière est intelligente;
elle est capable d'émettre une information, de la recevoir et d'agir en conséquence.
Dans la ligne de pensée de David Bohm, Régis Dutheil, Physicien, considère que
les étoiles, les galaxies, les particules de matière vivantes et inanimées,
et finalement tout l'univers visible, ne sont que des hologrammes. Karl Pribam,
neurologue, ajoute que le «Réel» n'est que la projection holographique d'un
univers fondamental. Le cerveau reçoit des fréquences qu'il doit décoder et
le décodage suivait un processus holographique, permettant à une énorme quantité
d'informations d'être stockée dans un volume infime. Le cerveau construirait
une « réalité concrète » en interprétant les fréquences, mais en interposant
ensuite des filtres pour que notre conscience ne soit pas submergée par les
informations. L'état modifié de conscience, provenant de l'abaissement des seuils
de filtrage, changerait la perception de la réalité, en augmentant la conscience
du lien qui nous unit au Cosmos et en transcendant l'espace et le temps pour
devenir une partie de la Réalité Ultime. C'est l'expérience mystique, ou plus
généralement l'expérience de la méditation.
La science quitte son tremplin matérialiste pour s'intégrer dans la sphère mystique;
cette situation est décrite avec humour par Dorothée Koechlin de Bizemont comme
le «Cantique des quantiques» ou encore comme «la réalité planquée derrière le
mur de Planck».
On retrouve dans ces courants «philosiphico-scientifiques» une pensée holistique
: notre Univers n'est que la projection d'un champ de forces morphogénétique.
La matière, projection du champ de gravitation, est née des forces, et est finalement
créée par l'invisible, l'impalpable et l'inaccessible à nos sens. C'est Hermès
qui a formulé il y a plus de 3 000 ans en Égypte le principe de base de la pensée
holistique : «Tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. »
3. Matière intelligente
Teilhard de Chardin attribuait déjà une pensée intelligente aux atomes : «En
chaque particule, chaque atome, chaque molécules, chaque cellule de matière,
vivent cachées et oeuvrant au milieu de tous, l'Omnipotence de l'éternel et
l'Omnipotence de l'infini.». La physique a nommé «champs» les « formes»
ou les « idées immuables» de Platon. Pour le mathématicien, René Thom, les atomes
de sodium et de potassium existent parce qu'il existe une structure mathématique
qui garantit leur stabilité. Le physicien de la mécanique quantique reconnaît
en cette structure un champ énergétique. Une telle idée rejoint les champs morphogénétiques
de Sheldrake, champs d'information de la mémoire innée. Ce sont également les
éons de Jean-Étienne Charon, électrons porteurs d'une certaine de conscience.
Le degré de conscience augmente en fonction du nombre d'informations emmagasinées.
Les atomes de carbone contenus dans le corps humain seraient-ils plus intelligents
que ceux contenus dans la mine d'un crayon ou dans le diamant le plus éclatant?
Le chimiste y observera des propriétés identiques à cause de leurs configurations
électroniques semblables, alors que le physicien soulignera des différences
fondamentales, comme la masse volumique, la dureté ou l'éclat.
Faut-il voir dans la mémoire inscrite dans chaque particule une marque de l'intelligence
divine? Jean-Étienne Charon parle de « psychomatière» pour désigner cette potentialité
que possède la matière d'emmagasiner de l'information, potentialité de mémoire,
qui la lie directement au temps. Le temps serait-il donc un attribut de la matière?
La physique quantique est probabiliste et traite de phénomènes qui ne sont pas
tangibles : le quark, par exemple, n'a jamais été observé; c'est une onde de
probabilité. Les éons de Charon sont porteurs de la flamme divine, auraient
une mémoire extensible à l'Univers entier et seraient capables d'échanger de
l'information et de passer à l'acte. La mémoire est le fil conducteur de la
vie, de l'Univers, de tout ce qui existe. Comme il est dit dans les écritures
:
« Tout ce qui a été créé, a été créé par Lui, et rien de ce qui a été créé
n'a été créé sans Lui». Le « Lui» des écritures est Dieu. Edgar Cayce l'appelle
« Énergies Créatrices, Forces Cosmiques»; Il est aussi l'Idée Absolue
de Hegel; la Source de la gigantesque mémoire de l'Univers, celle qui a donné
aux éons de Charon leur première information, au-delà de laquelle on ne sait
rien (le mur de Planck). L'information créé ensuite les processus quantiques
en donnant naissance aux particules. La matière inerte peut mémoriser tous les
faits du passé au niveau particulaire dans une partie indestructible, donc éternelle. Les légendes à ce sujet son nombreuses:
Pierres sonnantes et parlantes de Guildo.
Les esprits de la lande.
Les Karrigans tapis dans les dolmens.
Les ondines qui font la sieste en attendant que le touriste déguerpisse.
Les demeures de l'impossible de Réju.
Les châteaux hantés de la Dordogne.
Les rochers renferment nos archives; elles racontent l'histoire de la terre.
Des milliards d'êtres vivants se sont entassés les uns sur les autres, constituant
les roches sédimentaires. Les roches ignées proviennent des tréfonds de la terre
à la suite du refroidissement du magma; elles gardent au niveau particulaire
la grande histoire de notre Univers. Malcom de Chazal dans «Petrusmok» raconte
qu'il existe à l'île Saint Hélène un rocher sculpté possédant exactement
le profil de Napôléon; on a aussi retrouvé sur une plage du Pacifique un morcau de
bois sur lequel apparaît la photographie du visage du Christ. Il s'agit d'exemples de «gamahés»: représentations
naturelles que l'on pourrrait croire faites de la main de l'homme, mais il n'en
est rien.
La matière ne serait-elle finalement qu'un temporaire accessoire afin de donner à l'esprit l'indispensable substrat pour le guider vers la connaissance de son essence?
Sache que tout connaît sa loi, son but, sa route…
Que de l'astre au Ciron, l'immensité s'écoute.
Que tout a conscience en la Création
Et l'oreille pourrait avoir sa vision.
Car les choses et l'Être ont un grand dialogue.
Tout parle.
Victor Hugo (1856) Les contemplations.
Référence principale: Edgar Cayce: la mémoire spirituelle de Dorothée Koechlin De Bizemont.
Autres références: La mémoire des vies antérieures de Denise Desjardins.
La mémoire des choses de Jean Prieur.
La mémoire de l'univers de Robert Sheldrake.
© René-Yves Hervé2008
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