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| SCHÉMAS DIDACTIQUES: DESCRIPTION | |||||||||||
![]() Figure 1: différentes sortes de réseaux conceptuelsL'expression "schémas didactiques" désigne les diagrammes conceptuels que j'ai utilisés avec des élèves de deuxième secondaire de l'école Pierre-Laporte et dans lesquels les liens entre concepts sont nommés "connecteurs conceptuels". Les réseaux sémantiques de QUILLIAN démontrent la fragilité de la distinction entre relations internes et externes: les deux types de relations sont présents dans le même schéma et il est parfois difficile de préciser où s'arrête la relation interne et où commence la relation externe. ![]() Figure 2: un réseau sémantique de QuilliansIl est peut-être préférable de dissocier le connecteur conceptuel de cette frêle démarcation et plutôt que de regarder ce qui l'entoure, il semble plus intéressant d'en préciser sa nature et son rôle à l'intérieur du schéma. L'analyse des recherches par plusieurs auteurs au cours d'entretiens cliniques a motivé mon questionnement pédagogique. Comment un professeur ne pourrait-il pas être émerveillé par les grandes satisfactions que des chercheurs comme NOVAK devaient ressentir en guidant leurs quelques disciples dans l'élaboration des principaux concepts de biologie? ![]() Figure 3: réseau conceptuel de NovakIl est indéniable que dans un tel contexte il existe une parfaite syntonie entre l'élève et le chercheur qui devient un animateur de situations et le plus souvent un catalyseur de succès; d'ailleurs les résultats obtenus sont très encourageants comme j'ai pu moi-même le constater quand j'ai procédé en 1993 à une mise à l'essai empirique des schémas didactiques avec quatorze élèves de l'école Pierre-Laporte. Ma préoccupation qui en découla fut d'adapter cet outil cognitif au contexte des classes de trente-deux élèves en deuxième secondaire. Depuis deux ans j'utilise avec quelques deux cent élèves les schémas didactiques. Si cet outil suscite auprès des élèves à l'esprit non cartésien une certaine angoisse, ils permettent en revanche à l'ensemble d'établir des liens et de mieux intégrer les principales notions du programme. ![]() Figure 4: réseau de Pétri et diagramme de GodyckiDemander à des élèves de deuxième secondaire de créer dans le climat pédagogique actuel des schémas didactiques, c'est sans doute s'exposer à provoquer des situations de frustration souvent propices à de l'indiscipline; en revanche, il est très intéressant de leur proposer individuellement ou en équipe de tels schémas déjà construits, dans lesquels certaines cases seront vides et qu'ils devront compléter pour que l'ensemble prenne un sens lorsqu'on suit les flèches en partant de l'idée première. L'outil cognitif élaboré préalablement avec soin par le professeur entraînera l'élève à modéliser des concepts généraux ou à dialectiser des concepts particuliers. De tels schémas lacunaires présentent plusieurs caractéristiques:
![]() Figure 5: Figures géométriques dans les schémas didactiques1) Les Connecteurs-mots Les connecteurs mots sont les verbes, les adjectifs, les prépositions, les adverbes,. etc.; ils sont placés dans des ellipses. La figure 7 montre un schéma didactique ne faisant intervenir que des connecteurs-mots; il porte ur les trois moyens utilisés pour produire la chaleur. Dans ce schéma, la figure noircie est celle du concept "chaleur". À partir de ce rectangle partent quatre flèches: vers le haut, vers le bas, vers la droite et vers la gauche. On conseille toujours aux élèves de commencer par l'idée de départ, ici le concept "chaleur"; dans ce réseau, l'élève trouvera quatre enchaînements fondamentaux à partir de l'idée première: vers le bas, l'énumération de trois moyens de production de la chaleur; vers le haut, trois utilisations de la chaleur; à gauche, les conducteurs thermiques; à droite, les isolants thermiques. L'élève aura le choix d'organiser sa propre stratégie cognitive, puisque chaque enchaînement conserve une relative indépendance. Figure 6: Schéma didactique utilisant seulement des connecteurs-motsSupposons qu'il commence vers le bas; il devra placer
dans les cases numérotées de un à trois des moyens
de production thermique en trouvant les associations pertinentes: dans
la première case, le "moyen chimique" utilisé dans les cuisinières
au gaz; dans la deuxième case, le "moyen électrique" utilisé
dans les radiateurs électriques; dans la troisième case,
le "moyen mécanique", associé à la déformation.
Il devra ensuite trouver l'autre moyen mécanique de production de
la chaleur, soit la "friction" et citer l'exemple de la "navette spatiale
qui entre dans l'atmosphère terrestre". Supposons maintenant qu'il
décide de continuer vers le haut, il se pose alors des questions
sur les utilisations de la chaleur: la métallurgie est associée
à l'action de "purifier les substances métalliques", la réfrigération
est placée en parallèle avec le "chauffage" et la dernière
action abordée dans ce schéma en liaison avec les utilisations
de la chaleur est de "décomposer les substances chimiques". Il termine
le réseau avec à gauche la propagation de la chaleur dans
les "conducteurs thermiques" et la "conservation de la chaleur par les
isolants thermiques" comme le "calorimètre". Il faut noter qu'un
schéma didactique n'est jamais une fin en soi puisque dans certaines
classes le professeur pourra l'utiliser comme un moyen privilégié
pour rappeler les notions antécédentes les plus importantes
ou pour anticiper les nouveaux concepts comme les autres moyens de production
de la chaleur dans le cas que nous venons de traiter. Si l'on veut entraîner
l'élève à développer sa pensée abstraite
par le biais d'un raisonnement hypothético-déductif, on peut
utiliser le langage abstrait emprunté aux mathématiques soit
les connecteurs symboliques.
Figure 8: Schéma didactique utilisant des connecteurs arithmétiquesEn suivant les flèches qui correspondent aux
numéros de de chaque relation, l'élève indique ainsi
les opérations à effectuer pour isoler chacune des trois
variables.
![]() Figure 9: Schéma didactique utilisant des connecteurs ensemblistesPour permettre le raisonnement abstrait, il est possible
de placer dans un schéma didactique des symboles mathématiques
figurant les relations entre notions, ce sont les connecteurs relationnels.
Figure 10: connecteurs relationnelsLa figure 10 donne un exemple de schéma utilisant
des connecteurs relationnels: la variation de température est directement
proportionnelle à la quantité de chaleur quand les masses
et les substances sont les mêmes; la variation de température
est inversement proportionnelle à la masse quand les quantités
de chaleur et les substances sont les mêmes. Les connecteurs relationnels
permettent d'établir des propositions que l'on peut relier par des
connecteurs logiques.
![]() Figure 11: Schéma didactique utilisant des connecteurs logiquesLa figure 11 représente un schéma didactique
utilisant des connecteurs logiques et servant à la construction
inductive de la relation fondamentale de la calorimétrie. On y retrouve
des équivalences logiques entre une proposition établie par
le connecteur relationnel "Directement proportionnel" et une autre proposition
qui est en fait une équation mathématique: par exemple dire
que que la quantité de chaleur est directement proportionnelles
à la masse équivaut à écrire que le rapport
entre la quantité de chaleur et la masse reste constant. Placé
en situation de résolution de problèmes, l'élève
est amené à suivre une stratégie cognitive où
deux variables restent constantes; en utilisant le langage graphique, il
déduit les relations liant les deux variables restantes selon le
processus souvent utilisé en science.
© René-Yves Hervé2008 |
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