THÉORIE IONIQUE

 

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1) LES MESURES EN SCIENCES

 

1.1) LES CHIFFRES SIGNIFICATIFS

Quand on exprime un résultat en science, il est primordial de l'écrire correctement. Supposons par exemple que l'on mesure la longueur d'une feuille avec une règle graduée en millimètres, on trouve que la mesure est comprise entre 21.7 et 21, 8 cm. Comme résultat de la mesure, nous pouvons écrire par exemple 21.74 cm: les trois premiers chiffres sont certains (2, 1 et 7), le dernier chiffre (4) est douteux, car il résulte de l'évaluation de l'expérimentateur.

Nombre de  chiffres significatifs = Nombre de chiffrescertains  +  1 chiffre douteux

127,35 cm  est écrit avec 5  chiffres significatifs:
Les chiffres certains sont 1,2, 7 et 3;
Le chiffre douteux est le 5 .

Les chiffres significatifs indiquent la précision d'une mesure. On les utilise uniquement dans les sciences expérimentales : physique, chimie, biologie. Ils ne se rencontrent pas en mathématiques. Voici les lois qui concernent les chiffres significatifs: 11.1) Tout nombre, qui  possède une partie entière, ne contient que des  chiffres significatifs :

233: 3   Chiffres significatifs ;
233,025: 6  Chiffres significatifs ;
13 x 104: 2  Chiffres significatifs .


11.2)  Lorsqu'un nombre ne contient pas de partie entière, les "zéros" qui encadrent la virgule ne sont jamais significatifs. Ils ne servent qu'à indiquer l'ordre de grandeur :

0,233: 3  Chiffres significatifs ;
0,0233: 3  Chiffres significatifs.


11.3)  Les zéros situés à l'intérieur d'un nombre ou à l'extrême droite de ce dernier sont toujours significatifs :

0,010640: 5  Chiffres significatifs ;
10,040500: 8  Chiffres significatifs.


11.4) Pour rejeter les chiffres significatifs, on doit suivre les règles suivantes :

On augmente de 1 le chiffre à conserver , si le dernier chiffre enlevé est plus grand que 5 ;
Si le dernier chiffre à enlever est plus petit que 5, on laisse tel quel celui que l'on conserve ;
Si le dernier chiffre à enlever est égal à 5, on ajoute 1 à celui que l'on conserve si ce dernier est impair, et on le laisse tel quel s'il est pair.

 88,3575  =    88,358
 88,3585  =    88,358


1.2) INCERTITUDES

L'incertitude est toujours située sur le dernier chiffre significatif  et nous indique entre quelles limites un résultat est connu avec certitude.

1,0738    ±   0,0001 g
1,0737 g  < M < 1,0739 g

La masse sera écrite avec cinq chiffres significatifs; l'incertitude absolue est de 0,0001 g. L'incertitude relative ou précision de la mesure se calcule en divisant l'incertitude absolue par la mesure. L'utilisation des chiffres significatifs et des incertitudes est régie par trois lois:

LOI Nº 1 : Lorsqu'aucune précision n'est indiquée, on suppose que l'erreur  effectuée est de un  sur le dernier chiffre significatif.
LOI Nº 2: Lorsqu'on additionne des mesures, les incertitudes absolues s'ajoutent.
LOI Nº 3: Lorsqu'on multiplie ou divise  des mesures, les incertitudes relatives  s'ajoutent.


Addition et soustraction

Lorsqu'on effectue l'addition ou la soustraction de plusieurs mesures, le résultat sera exprimé avec autant de décimales, que la mesure qui en a le moins.

Exemple
6,43 +  2,00  + 12,076 = 20,506 = 20,51
En appliquant  la première  loi , nous déduisons l'incertitude par défaut sur chaque nombre.

 6,43 ± 0,01
 2,00 ± 0,01
 12,076 ± 0,001

En appliquant  la deuxième loi, nous voyons que l'incertitude absolue sur le résultat est de:

0,01+  0,01 +  0,001  = 0,021

Le résultat de  ce calcul est donc :

20,51 ± 0,02

Et la précision du résultat est  de 0,1 % (0,02320,51)
 

Multiplication et division

Dans la multiplication et la division le résultat final doit être du même ordre de grandeur que le terme qui est le moins précis.
Exemple

Effectuer le calcul suivant :
21,1 x 0,029 x 83,2 = 50,91008
En appliquant la première loi, nous obtenons les incertitudes absolues sur chaque facteur (0,1; 0,001; 0,01).
En appliquant la troisième loi, nous retrouvons l'incertitude relative sur le résultat en additionnant les incertitudes relatives ( 4 %).
Nous en déduisons l'incertitude absolue sur résultat du produit.
0,040 x 50,91008 = 2
Le résultat de l'opération doit donc s'écrire:
51 ± 2


1.3) RAPPELS MATHÉMATIQUES

Deux grandeurs A et B sont directement proportionnelles, lorsque leur quotient reste constant . Deux grandeurs A et B sont inversement  proportionnelles, lorsque leur produit  reste constant .

Pour construire un graphique, on doit suivre  les quatre  étapes suivantes .

 Étape 1 : Identifier les deux axes . La variable indépendante est située sur l'axe horizontal (axe des abscisses). La variable dépendante est située sur l'axe vertical (axe des ordonnées).
Étape 2 : Choisir une échelle convenable sur les deux axes.
Étape 3 : Représenter les points qui correspondent à chaque couple de valeurs, en tenant compte des erreurs expérimentales..
Étape 4 : Tracer la courbe moyenne.


Nous pouvons rencontrer quatre cas particuliers .

Cas 1 : La variable dépendante reste constante, lorsque la variable indépendante varie: droite horizontale.
Cas 2 : La variable indépendante reste constante, lorsque la variable dépendante varie: droite verticale.
Cas 3 : La variable dépendante est directement proportionnelle à  la variable indépendante: droite oblique.
Cas 4 : La variable dépendante est inversement  proportionnelle à  la variable indépendante: hyperbole.

 

2)   ÉTUDE DES SOLUTIONS ÉLECTROLYTIQUE

2.1) SOLUTIONS ACIDES

 Goût: Ils possèdent en général un goût aigre. Conductibilité électrique: On plonge les deux électrodes d'un conductimètre dans une solution d'acide sulfurique; puis on recommence avec les solutions d'acide chlorhydrique et d'acide nitrique. Dans les trois cas on observe que l'ampoule électrique s'allume . Par conséquent les solutions aqueuses des acides contiennent des ions mobiles qui permettent le passage du courant. Électrolyse: Plaçons dans un voltamètre à électrodes inattaquables une solution aqueuse d'acide chlorhydrique (HCl) et regardons ce qui se passe au bout de quelques minutes. Puis recommençons avec les  solutions aqueuses d'acide sulfurique (H2SO4) et d'acide nitrique (HNO3). Qu'observons-nous ?

Dans les trois cas nous obtenons un dégagement de dihydrogène à la cathode et un dégagement de dioxygène à l'anode. Il peut se produire des réactions secondaires. Avec l'acide chlorhydrique nous obtenons aussi le dégagement de dichlore à l'anode, qui se dissout dans l'eau .  Le dihydrogène et le dioxygène sont facilement identifiables . Actions sur les  indicateurs colorés: Nous ferons réagir sur les trois acides trois indicateurs colorés: le bleu de bromothymol, l'hélianthine, le bleu de thymol et le tournesol. Nous observons des résultats similaires avec les trois acides:

Les solutions acides font virer le bleu de bromothymol du vert au jaune .
Les solutions acides font virer l'hélianthine du jaune au rouge .Les solutions acides font virer le bleu de thymol du jaune  à l'orange.
Les solutions acides font virer au rouge le papier tournesol  .

Réactions avec les métaux: Dans une éprouvette qui contient de la grenaille de zinc, on ajoute quelques millilitres d'acide sulfurique.  Au bout de quelques instants un gaz se dégage : c'est du dihydrogène .De plus on peut remplacer le zinc par un autre métal (le fer par exemple) et on observe encore un dégagement de dihydrogène. Les acides réagissent en général sur les métaux pour donner un dégagement de dihydrogène. Réactions avec  les bases: Versons dans un bécher quelques millilitres d'une solution d'acide chlorhydrique et ajoutons y quelques gouttes d'hélianthine. Nous observons une coloration rouge. Tout en maintenant un thermomètre à l'intérieur du bécher, versons goutte à goutte une solution d'hydroxyde de sodium de même concentration . A un moment donné une goutte fait passer la coloration de l'hélianthine du rouge au jaune, et en même temps le thermomètre nous indique un échauffement. La solution d'acide chlorhydrique a été neutralisée par la solution d'hydroxyde de sodium. Il se forme du chlorure de sodium et de l'eau. Cette réaction se fait avec un dégagement de chaleur. On observe  une réaction analogue avec l'acide nitrique et l'acide sulfurique.Un acide réagit sur une base pour donner un sel et de l'eau. Réactions avec les sels: On peut obtenir un dégagement de gaz ou un précipité.

 

2.2) SOLUTIONS BASIQUES  

Goût: Elles possèdent en général un « goût amer » caractéristique .  Conductibilité électrique: On plonge les deux électrodes d'un conductimètre dans une solution d'hydroxyde de sodium (NaOH) . Puis on recommence avec les solutions d'hydroxyde de potassium (KOH)  et d'ammoniaque (NH4OH)  . Dans les trois cas on observe que l'ampoule électrique s'allume et que l'ampèremètre indique le passage d'un courant électrique. Par conséquent les solutions aqueuses des bases  contiennent des ions mobiles.  Électrolyse: Plaçons dans un voltamètre à électrodes inattaquables une solution aqueuse solution d'hydroxyde de sodium (NaOH)  et regardons ce qui se passe au bout de quelques minutes. Puis recommençons avec la  solution aqueuse solution d'hydroxyde de potassium  (KOH) et l'ammoniaque (NH4OH). Qu'observons-nous ?

Dans les trois cas nous obtenons des résultats analogues à ceux qui avaient été observés avec les solutions acides : dégagement de dioxygène à l'anode et dégagement de dihydrogène à la cathode Avec l'ammoniaque nous observons des réactions secondaires Actions sur les  indicateurs colorés: Nous ferons réagir sur les trois bases (NaOH, KOH et NH3) quatre  indicateurs colorés: la phénolphtaléine, le bleu de bromothymol, l'hélianthine, le bleu de thymol et le tournesol. Nous observons des résultats similaires avec les trois bases:

Les solutions basiques  font virer le bleu de bromothymol du vert au bleu .
Les solutions basiques font virer la phénolphtaléine incolore au rose .
Les solutions basiques font virer le bleu de thymol du jaune  au bleu .
Les solutions basiques  font virer au bleu  le papier tournesol  .


 
Réactions avec les métaux: Dans une éprouvette qui contient de la grenaille de zinc, on ajoute quelques millilitres d'une solution d'hydroxyde de sodium. Qu'observons-nous? Aucune réaction ne se produit. En recommençant cette expérience avec la solution d'hydroxyde de potassium et l'ammoniaque, nous n'obtenons aussi aucune réaction. Les bases  ne  réagissent pas en général sur les métaux . Actions sur les acides: Comme nous l'avons vu les bases réagissent avec les acides pour donner un sel et de l'eau.
   Réactions avec les sels: Nous parlerons de la réaction de précipitation. Ajoutons quelques gouttes d'une solution d'hydroxyde de sodium à une solution de sulfate de cuivre. Nous observons la formation d'un précipité bleu d'hydroxyde de cuivre [Cu(OH)2]. L'hydroxyde de sodium(NaOH) réagit avec le sulfate de cuivre (CuSO4) pour donner de l'hydroxyde de cuivre [Cu(OH)2] et du sulfate de sodium (Na2SO4).

 
 
2.3) SOLUTIONS SALINES

Nous étudierons plus particulièrement la solution aqueuse de  chlorure de sodium (NaCl).  Conductibilité électrique: On plonge les deux électrodes d'un conductimètre dans une solution de chlorure de sodium.  On observe que l'ampoule électrique s'allume. Par conséquent la solution aqueuse de chlorure de sodium contient des ions mobiles.  Électrolyse: Si l'on avait remplacé dans l'expérience précédente la solution aqueuse de chlorure de sodium par du chlorure de sodium solide, on aurait constaté que le courant ne passait pas. Pour obtenir un courant électrique, il faut faire fondre le chlorure de sodium. On peut  réaliser l'électrolyse du chlorure de sodium fondu au laboratoire. Le chlorure de sodium fond à 801 ° C. On place le chlorure de sodium dans une capsule en fonte et on chauffera de préférence avec une bec Mecker. La capsule de fonte est reliée au pôle positif et sert de cathode. Une tige centrale en fer plonge dans le chlorure de sodium fondu et est reliée au pôle négatif;  elle sert  de cathode. On observe la formation de sodium au voisinage de la cathode et un dégagement de dichlore au voisinage de l'anode.

Le chlorure de sodium est formé des ions sodium (Na+) et des ions chlorure (Cl-) qui vibrent autour d'une position d'équilibre. Lorsqu'on chauffe l'agitation permet de les séparer, de telle sorte que les ions deviennent libres de se mouvoir. Le champ électrique provoqué par les deux électrodes sépare les cations (Na+) des anions (Cl-). Les cations (Na+) sont attirés par la cathode chargée négativement. Ils captent un électron et se transforment en atomes de sodium. Les anions  ( Cl-) sont attirés par l'anode chargée positivement. Ils libèrent un électron et se transforment en atomes de chlore. Puis deux atomes de chlore se réunissent pour donner la molécule de dichlore qui se dégage. Les électrons libérés à l'anode parcourent le circuit électrique extérieur et sont captés à la cathode par des ions Na+. Actions sur les  indicateurs colorés:  Faisons réagir la solution de chlorure de sodium  sur trois  indicateurs colorés :le bleu de bromothymol,  le bleu de thymol et le tournesol.

Le bleu de bromothymol reste vert  .
Le bleu de thymol reste jaune  .
Le papier tournesol  reste violet .


Réactions avec  un métal: Plongeons un clou en fer dans une solution de sulfate de cuivre. Qu'observons-nous ?
Le clou  se recouvre de cuivre:

 Réactions avec les autres sels: Ajoutons quelques gouttes d'une solution de nitrate d'argent à une solution de chlorure de sodium. Que voyons-nous ?

Nous observons la formation d'un précipité blanc de chlorure d'argent. Le chlorure de sodium (NaCl) réagit avec le nitrate d'argent (AgNO3) pour donner un précipité de chlorure d'argent (AgCl). Il se forme aussi du nitrate de sodium (NaNO3).
 

2.4)  SUBSTANCES IONIQUES

Comme le nom l'indique, les substances ioniques sont formées de particules électriques ou ions. L'atome de sodium n'est pas stable chimiquement. Pour satisfaire à la loi de l'octet, il doit perdre son unique électron. La particule obtenue aura par conséquent onze protons et dix électrons. Nous dirons que sa charge nucléaire est de plus onze et que sa charge électronique est de moins dix. Dans ces conditions la charge de l'ion sodium (Na+) est donc plus un. Les atomes des alcalins sont des donneurs d'électrons. Ils réagiront facilement avec les atomes des halogènes, car ces derniers sont des accepteurs . Ils ont tendance à compléter à huit le nombre d'électrons périphériques. Ainsi, l'atome de chlore capte un électron pour devenir stable. L'anion obtenu (Cl-) a une charge nucléaire de + 17 et une charge électronique de - 18. Sa charge sera donc de moins un.

Liens ioniques

Le fluorure de sodium (NaF) est  constitué par des ions sodium (Na+) et des ions fluorures (F-) en nombre égal. Entre ces ions il s'exerce une force électrique d'attraction . La liaison chimique qui  résulte de cette attraction électrostatique  est un lien ionique. En général les atomes dont la différence d'électronégativité est supérieure à « 1,7» sont unis par une liaison ionique. L'atome le plus électropositif est le donneur d'électrons, et l'atome le plus électronégatif est l'accepteur d'électrons. Nous retrouvons ce type de liaison dans tous les électrolytes. Un électrolyte est une substance ionique, qui libère des ions dans une solution aqueuse. La charge globale des anions est égale à la charge globale des cations.

Formules moléculaires

Dans la suite du cours  nous représenterons un cation par le symbole :

Cn+

C:  atome ou  groupement  d'atomes appelé «radical» (NH4).
n: nombre de charges positives portées par l'atome ou le radical.

Ion potassium: K+  n = 1
Ion ammonium NH4+   n = 1
Ion calcium   Ca2+   n = 2


Et nous représenterons un anion par le symbole général suivant :

An'-

A:  atome ou  groupement  d'atomes appelé «radical» (NO3, OH, SO4 par exemple) .
n': nombre de charges négatives portées par l'atome ou le radical.

Ion chlorure  Cl-     n' = 1
Ion hydroxyde OH-    n' = 1
Ion oxyde  O2-     n' = 2


Pour écrire la formule chimique d'un composé ionique il suffira d'appliquer le principe de la neutralité. Dans un composé ionique le nombre de charges positives des cations doit être égal au nombre de charges négatives des anions.

CcAa
n.c = n'.a


Exemple : Quelle est la formule moléculaire du sulfate d'aluminium ?

Cation  Al 3+    C = Al       n = 3
Anion SO4 2-     A = SO4      n' = 2
La formule moléculaire que nous cherchons est de la forme  suivante : CcAa
Les indices «a» et «c» doivent vérifier la relation suivante : 3 . c = 2. a
Le plus petit couple d'entiers qui vérifie cette relation est : a = 3  et c = 2
La formule chimique du sulfate d'aluminium est donc : Al2(SO4)3


2.5) FONCTION ACIDE  

Définition: Un acide est une substance ionique qui libère des protons (H+) en solution aqueuse. Le cation est un proton (H+) et  l'anion est différent de l'ion hydroxydes (OH-). Les propriétés qui déterminent la fonction acide sont dues au proton (H+) .

Formule moléculaire: La formule moléculaire d'un monoacide renferme un atome d'hydrogène: HA ou H+A-
Exemple : HCl (acide chlorhydrique)
La formule moléculaire d'un diacide renferme deux atomes d'hydrogène. H2A ou 2H+A2-
Exemple : H2SO4 (acide sulfurique). Nomenclature: Pour nommer un acide binaire, on utilise le suffixe «hydrique ».

HCl : acide chlorhydrique

Pour nommer un acide ternaire, on utilise le suffixe «ique ».

HClO3 : acide chlorique

 Dissociation et hydratation des ions: En solution dans l'eau un acide se dissocie pour donner des protons et un anion (A-) différent de l'ion hydroxyde (OH-). Les protons  se fixent sur les molécules d'eau et se transforment en ions (H3O+) qui s'entourent de molécules d'eau. Les anions s'entourent également de molécules d'eau. C'est le phénomène d'hydratation des ions; il s'accompagne toujours d'un dégagement de chaleur (réaction exothermique). Les ions hydratés sont appelés «IONS AQUEUX». .Ainsi le chlorure d'hydrogène (HCl) se dissout dans l'eau pour donner l'acide chlorhydrique :
   Électrolyse: L'électrolyse d'une solution acide donne en général un dégagement de dihydrogène à la cathode. Les ions hydronium se dirigent vers la cathode, où ils captent un électron pour se transformer en atome d'hydrogène. Deux atomes d'hydrogène se réunissent ensuite pour donner la molécule de dihydrogène .


   Actions sur les indicateurs colorés: En présence d'une solution acide :

  l'hélianthine est rouge ;
  le bleu de bromothymol est jaune;
  le tournesol est rouge ;
  le bleu de thymol  est rose.


 Réactions sur les métaux: Une solution acide en général réagit sur un métal. Le métal (M) perd des électrons qui sont captés par les ions hydronium (H3O+). Avec les métaux divalents, comme le zinc, l'atome de métal perd deux électrons qui sont captés par deux ions hydronium: Réactions avec les bases: Une base réagit sur un acide pour donner un sel et de l'eau . Cette réaction est exothermique. C'est la réaction de neutralisation. Réactions avec les sels: Un acide réagit sur un sel, à condition que l'un des produits susceptibles de se former, soit  un dégagement gazeux ou un précipité solide.

 
 

2.6) FONCTION BASE  

Définition: Une base est une substance ionique qui libère des ions hydroxydes
(OH-) en solution aqueuse. Le cation est différent du  proton (H+) et  l'anion est  l'ion hydroxyde (OH-). Les propriétés qui déterminent la fonction base sont dues aux ions hydroxydes (OH-).


 Formule moléculaire: La formule moléculaire d'une monobase contient un groupement oxhydrile «OH» .

COH  ou C+OH-

Exemple : NaOH  (hydroxyde de sodium)  Nomenclature: Pour nommer une base on utilise le préfixe «Hydroxyde» suivi du nom du cation .
Exemple KOH : Hydroxyde  de potassium Dissociation et hydratation des ions: En solution dans l'eau une base se dissocie pour donner des ions hydroxydes  (OH-) et un cation qui est différent du proton (H+). Ces ions s'entourent de molécules d'eau pour donner des  «IONS AQUEUX». Ainsi l'hydroxyde de sodium (NaOH) se dissocie en solution aqueuse pour donner des ions sodium (Na+) et des ions hydroxydes (OH-) qui s'entourent de molécules d'eau.
   Électrolyse: L'électrolyse d'une solution basique donne en général un dégagement de dioxygène à l'anode . Les ions hydroxydes (OH-) se dirigent vers l'anode , où ils libèrent un électron pour se transformer en groupement «OH» instable. Ce groupement se décompose pour donner de l'eau et du dioxygène . Actions sur les indicateurs colorés: En présence d'une solution basique  :

  la phénolphtaléine est rose ;
  le bleu de bromothymol est bleu;
  le tournesol est bleu ;
  le bleu de thymol est bleu .


 
Réactions sur les métaux: Une solution basique en général ne réagit pas sur un métal.  Réactions avec les acides: C'est la réaction de neutralisation..
   Réactions avec les sels: Une  base réagit sur un sel, à condition que l'un des produits susceptibles de se former, soit un dégagement gazeux ou un précipité solide.
 

2.7) FONCTION SEL  

Définition: Un sel est une substance ionique qui libère des ions  en solution aqueuse. Le cation est différent du  proton (H+) et  l'anion est différent de  l'ion hydroxydes (OH-) . Les propriétés qui déterminent la fonction base sont celles des ions présents dans la solution. Formule moléculaire: La formule moléculaire d'un sel peut s'écrire de la façon suivante .

CcAa ou cC+n aA-n'

Nomenclature: Pour nommer un sel binaire on applique la règle suivante :

Préfixe de l'anion + ure + nom du cation

Exemple  :  KCl  (Chlorure  de potassium)
Pour nommer un sel ternaire on applique la règle suivante :

Préfixe de l'anion + ate + nom du cation

Exemple  :  KClO (Chlorate  de potassium)  Dissociation et solvatation des ions: En solution dans l'eau un sel se dissocie pour donner des anions différents des ions hydroxydes  (OH-) et des  cations  différents des protons (H+). Ces ions s'entourent de molécules d'eau pour donner des  «IONS AQUEUX».

 Ainsi le chlorure de sodium (NaCl) se dissocie en solution aqueuse pour donner des ions sodium (Na+) et des ions chlorures  (Cl-).  Électrolyse: La solution aqueuse d'un sel est électrolysable . On obtient des produits qui dépendent des ions en présence.  Actions sur les indicateurs coloré: En général une solution saline est neutre.

  la phénolphtaléine est incolore ;
  l'hélianthine est jaune ;
  le bleu de bromothymol est vert;
  le tournesol est violet ;
  le bleu de thymol est jaune.

Cependant certains sels, comme le bicarbonate de sodium, sont acides. D'autres sont basiques.  Réactions sur les métaux: Une solution saline peut réagir avec un métal. Le métal se transforme en cations en perdant des électrons. Ces électrons sont captés par les cations métalliques et se transforment en atome d'un nouveau métal.

Réactions avec les acides les bases et les autres sels: Un sel réagit avec une base, un acide ou un autre sel, lorsque l'un des composés susceptibles de se former donne un dégagement gazeux ou la formation d'un précipité solide.

 
Examinons ce qui se passe dans la réaction de précipitation du chlorure d'argent. Les ions Na+ et NO3- , qui ne réagissent pas sont des «IONS SPECTATEURS». Les ions Ag+ et  Cl-  sont les «IONS RÉAGISSANTS» . Pour représenter le phénomène, il suffit d'écrire la réaction entre ions réagissants. Sur le tableau suivant on a identifié les ions qui sont réagissants les uns par rapport aux autres.

 

2.8) THÉORIE D'ARRHÉNIUS

Un électrolyte est un composé ionique, qui en solution aqueuse conduit le courant électrique à cause de la présence d'ions mobiles : les ions hydratés ou ions aqueux. Un électrolyte fort est pratiquement tout dissocié dans l'eau. Sa conductibilité électrique est très grande, à cause du nombre élevé d'ions aqueux. Un électrolyte faible  est peu dissocié dans l'eau. Sa conductibilité électrique est faible, car il y a peu d'ions aqueux. Selon ARRHÉNIUS un acide en solution aqueuse libère des ions hydronium H3O+. La concentration en ions hydronium est supérieure à celle des ions hydroxydes . Selon BRONSTED et LOWRY  un acide est un donneur de protons.

 
Les acides forts (l'acide chlorhydrique par exemple) sont totalement dissociés. Les acides faibles (l'acide acétique par exemple)  sont partiellement dissociés.

Selon ARRHÉNIUS une base en solution aqueuse libère des ions OH- (Ions hydroxydes). La concentration en ions hydroxydes est supérieure à celle des ions hydronium . Les bases fortes (l'hydroxyde de sodium par exemple) sont totalement dissociées. Les bases faibles sont partiellement  dissociées.


Selon BRONSTED et  LOWRY  une  base  est un accepteur  de protons. Dans les substances covalentes,  les atomes sont unis par des liaisons covalentes. Chaque atome prête un électron pour assurer la liaison. Il y a mise en commun d'un doublet électronique. C'est le cas par exemple de la molécule de dihydrogène .


Lorsqu'un solide covalent se dissout dans l'eau (sucre par exemple) les molécules de soluté s'entourent de molécules d'eau : hydratation des molécules de soluté.

 

3) CARACTÉRISTIQUES DES SOLUTIONS AQUEUSES

 

3.1) GÉNÉRALITÉS

Comment préparer une solution d'hydroxyde de sodium contenant  dix grammes de soluté par litre de solution ?

Il faut dans un premier temps peser dix grammes d'hydroxyde de sodium solide. Ensuite on dissout ces dix grammes dans de l'eau, puis en utilisant une fiole jaugée de un litre on ajoute de  l'eau distillée, jusqu'à ce que l'on obtienne un litre de solution.

Comment obtenir à partir de la solution précédente une solution contenant un gramme d'hydroxyde de sodium par litre ?

À l'aide d'une pipette graduée on prélève 100 mL de la solution précédente, que l'on verse dans une autre fiole jaugée. Ces cent millilitres contiennent un gramme d'hydroxyde de sodium. Puis on complète à un litre en ajoutant de l'eau distillée. Nous avons dilué la solution initiale et obtenu une solution dix fois moins concentrée.
Une solution est un mélange homogène d'au moins deux substances pures : le soluté et le solvant. Rappelons que le soluté est la substance qui est en plus petite quantité dans la solution. .  Le soluté et le solvant peuvent être solides, liquides ou gazeux.
Les solutions les plus courantes sont celles où le soluté est solide et le solvant liquide.

Lorsque le liquide est de l'eau on parle  de solution aqueuse. Il existe deux sortes de solutions aqueuses :

Les solutions aqueuses qui conduisent le courant électrique (eau salée par exemple) : dans ces solutions le soluté est un électrolyte (substance ionique), c'est à dire une substance qui contient des IONS.  Dans une solution aqueuse ce sont les ions qui permettent le passage du courant électrique. De telles solutions seront appelées SOLUTIONS ÉLECTROLYTIQUES ou SOLUTIONS IONIQUES. Il en existe trois sortes : les acides, les bases et les sels.

Les solutions aqueuses qui ne conduisent pas le courant électrique (eau sucrée ou eau iodée par exemple) : dans ces solutions le soluté est une substance covalente .Nous avons une solution lorsque une substance (le soluté) peut se dissoudre dans une autre (le solvant) pour donner une substance homogène. Il existe donc une affinité entre le soluté et le solvant. Les particules de solutés (molécules ou ions) s'entourent de molécules de solvant. C'est le phénomène de «solvatation», qui, comme nous l'avons souligné, est exothermique. D'une façon générale les semblables attirent les semblables. Cela signifie que les solutés ioniques vont se dissoudre plus facilement dans des solvants polaires, comme l'eau, alors que les substances covalentes comme l'iode se dissoudront plus facilement dans des solvants non polaires (le sulfure de carbone  par exemple). Il faut souligner cependant que l'eau, le plus important des solvants, peut dissoudre également le sucre (substance covalente)  et le chlorure de sodium (substance ionique) .

On expliquera  la solubilité du sucre dans l'eau, par les liaisons hydrogène formées entre les molécules de sucre et d'eau.

Solutions ioniques

Reprenons l'exemple de la solution d'eau salée  Le chlorure de sodium est un solide ionique; son cristal est formé de deux sortes d'ions : les cations Na+ et les anions Cl- , qui sont liés par la force électrostatique . Lorsque les forces d'attraction seront suffisantes, les ions pourront se séparer et s'entourer de molécules d'eau : c'est l'hydratation des ions. Les molécules d'eau brisent les liaisons qui réunissent les ions dans le cristal ionique de chlorure de sodium.  En effet pour disloquer le cristal , il faut lui fournir de l'énergie, qui sert à vaincre les forces de cohésion qui maintiennent les ions dans leur position d'équilibre. La dispersion des ions est donc une réaction endothermique . Lorsque les ions Na+ + et Cl-  sont libres, ils se déplacent parmi les molécules d'eau et s'entourent de molécules d'eau : c'est l'hydratation des ions. Ce deuxième phénomène est exothermique. Dans une solution aqueuse les ions sont toujours hydratés (entourés de molécules d'eau).  Ce sont des IONS AQUEUX : Na+(aq)  et Cl- (aq).

 

 

Solutions covalentes

Les solutions de substances covalentes ne conduisent pas le courant électrique.  Le soluté est un substance covalente . Voyons ce qui se passe lorsqu'on dissout de l'iode dans du sulfure de carbone .Les molécules d'iode sont entourées par les molécules de sulfure de carbone. Ces dernières détachent les molécules d'iode du cristal initial et finissent par le détruire complètement . La destruction du cristal initial d'iode est endothermique. Lorsque l'iode est dissous, chaque molécule d'iode est entourée par plusieurs molécules de sulfure de carbone, mais elle reste cependant libre de se mouvoir entre ces dernières. On obtient des molécules d'iode solvatées : I2 (solvaté).  La solvatation des molécules d'iode est une réaction exothermique. Rappelons quelques propriétés importantes des solutions :

  Les particules de  soluté sont distribuées uniformément entre les molécules de solvant. On dit qu'elles sont «solvatées». Avec les solutions aqueuse les particules de solutés sont hydratées. Ces particules ne sont pas observables au microscope .
  Le soluté ne peut pas être filtré.
La solution forme un mélange transparent ou coloré.


On appelle «SOLUBILITÉ» la quantité maximum de soluté, que l'on peut dissoudre dans un volume donnée de solvant. Pour les solutions aqueuses, on exprime la solubilité en grammes de soluté pour 100 mL d'eau . Nous verrons dans la suite que 'on peut aussi exprimer cette solubilité en moles de soluté par litre d'eau. La solubilité est une propriété caractéristique du soluté. Trois facteurs l'influencent  :
La nature du solvant :  à 20 °C l'iode (I2) est très peu soluble dans l'eau  ; Il se dissout beaucoup mieux dans l'alcool ;
La température: lorsque le soluté est solide, habituellement la solubilité augmente, lorsque la température croît ; lorsque le soluté est GAZEUX, habituellement la solubilité diminue, lorsque la température croît ;
La pression : lorsque le soluté est GAZEUX, habituellement une augmentation de pression entraîne une  augmentation de la solubilité.

En considérant cette propriété on a l'habitude de subdiviser les solutions en trois catégories:

Solution non-saturée si la quantité de soluté dissous est inférieure à la solubilité;
Solution saturée si la quantité de soluté dissous est égale à la solubilité;
Solution sursaturée si la quantité de soluté dissous est supérieure à la solubilité.


3.2) CONCEPT DE LA MOLE

La MOLE  est associée à un nombre très important en chimie : LE NOMBRE D'AVOGADRO.  Par convention ce nombre représente le nombre d'atomes contenus dans douze grammes de carbone. En chimie on ne compte pas les atomes ou les molécules par douzaines, centaines ou milliards; ces quantités sont trop petites, on les compte en utilisant le nombre d' AVOGADRO (NA = 6,02 x  1023). Lorsqu'on compte des entités élémentaires par douze, on parle de douzaines.  Lorsqu'on compte les entités élémentaires en utilisant le nombre d'Avogadro, on parlera de  mole . Une mole d'entités élémentaires contient un nombre d'entités élémentaires égal au nombre d' Avogadro (NA) .

Une mole  d'atomes contient  6,02 x  1023  atomes.
Une mole  de molécules contient 6,02 x  1023 molécules.
Une mole  de dollars équivaut à une somme de 6,02 x  1023  dollars.

La masse molaire (M)  d'une entité est la masse d'une mole de cette entité. La masse molaire d'atomes d'un élément est la masse d'une mole d'atomes de cet élément,  soit la masse de 6,02 x  1023  atomes.  Elle s'exprime en g. mol -1.

Azote (N): 14,0067 g.mol -1
 Chlore (Cl): 35,453 g.mol -1
Hydrogène (H): 1,007 97 g.mol -1
Oxygène (O): 15,999 4 g.mol -1

La masse molaire d'atomes, exprimée en g.mol -1, est pratiquement égale à la masse atomique, exprimée en u.m.a. . Les symboles des éléments chimiques ont donc tous une double signification :

À l'échelle microscopique : masse de l'atome  en u.m.a. ;
À l'échelle macroscopique : masse de la mole d'atomes en grammes .

La masse molaire de molécules  est la masse d'une mole de molécules, soit la masse de 6,02 x  1023  molécules. Pour calculer la masse molaire de molécules , on doit faire la somme des masses molaires d'atomes .

 .
Exemple : Calculer la masse molaire de molécules de l'acide sulfurique (H2SO4). On donne les masses molaires d'atomes suivantes :

hydrogène: 1 mol -1
oxygène: 16 mol -1
soufre: 32 mol -11

La masse molaire de molécules de l'acide sulfurique est :
1 x 2  32   16 x 4    =  98 g.mol -1

 

La masse molaire d'atomes  de l'hydrogène est voisine de un gramme. Cela signifie que  un  gramme d'hydrogène contient 6,02 x 1023  atomes d'hydrogène. L'hydrogène est un élément moléculaire. Sa formule chimique est H2 . Par conséquent dans deux grammes d'hydrogène il y aura 6,02 x 1023 molécules d'hydrogène ou encore 12,04 x 1023  atomes d'hydrogène.

Pour calculer le nombre de moles (n) ,  on pourra procéder de deux manières :
À partir du nombre d'atomes ou de molécules (N) , en le divisant par le nombre d'Avogadro  (NA);
À partir de la masse de la substance (m), en la divisant par la masse molaire (M)  .

Ces formules sont très importantes. Elles permettent de calculer le nombre d'entités élémentaires (molécules, atomes, ions )   à partir de la masse de la substance ou de calculer la masse de la substance à partir du nombre de particules (N) :

Au laboratoire on détermine la formule moléculaire en suivant deux étapes :

Analyse qualitative de la substance : on trouve ainsi les éléments qui sont présents dans la molécule du corps ;
Détermination expérimentale des pourcentages en masse des différents éléments qui sont présents dans la substance.


EXEMPLE:  L'analyse d'une substance montre qu'elle ne contient que du carbone et de l'oxygène. Au laboratoire on détermine que cette substance contient 27 % de carbone et que sa masse molaire est 44 g. Quelle est sa formule moléculaire?


 On cherche la masse de carbone contenu dans une mole, puis on en déduit le nombre de moles d'atomes de carbone dans une mole; de la même façon on  cherche la masse d'oxygène contenu dans une mole, puis on en déduit le nombre de moles d'atomes d'oxygène dans une mole :

Formule moléculaire: CO2.
 

3.3) CONCENTRATIONS

 
Pour calculer la concentration d'une solution nous devons connaître deux facteurs :

La quantité  de soluté (nombre de moles, masse, nombre d'équivalents-gramme) ;
Le volume de la solution.


La molarité est la concentration en nombre de moles par litre de solution; elle est donnée par le quotient du nombre de moles  (N) par le volume (V).
Le titre d'une solution (T) est le nombre de  grammes par litre de solution ; il se calcule en utilisant la masse du soluté (g) par le volume de la solution (L)  :
Le pourcentage en masse;  c'est le nombre de grammes de soluté dans cent grammes de solution ; mathématiquement il s'exprime en divisant la masse du soluté (mSoluté) par la somme de la masse du soluté et de celle du solvant (MSolvant) ) et en multipliant par cent.

3.4) DILUTION


Lorsqu'on dilue une solution aqueuse on ajoute de l'eau sans modifier la quantité de soluté. Le nombre de moles de soluté reste constant et le volume varie. D'une façon générale supposons que le volume initial de la solution soit «VI», et que sa concentration soit «CI».  Après addition d'eau le nouveau volume est «VF » et  la nouvelle concentration sera «CF». Comme le nombre de moles est constant, nous pouvons écrire la relation suivante  :

 

4) ACIDITÉ ET ALCALINITÉ DES SOLUTIONS

4.1) DÉFINITION DU PH


Le pH  ou "Indice de Sorensen" mesure l'acidité ou l'alcalinité d'une solution aqueuse. Pour des raisons pratiques les chimistes ont défini le pH comme étant le logarithme décimal de l'inverse de la concentration en moles d'ions hydronium, cette concentration étant exprimée en moles d'ions hydronium par litre de solution (molarité).

Par analogie le pOH d'une solution est le logarithme décimal de l'inverse de la concentration en moles d'ions hydroxyde, cette concentration étant exprimée en moles d'ions hydroxyde par litre de solution.


 
4.2) RELATION FONDAMENTALE DES SOLUTIONS

 
Le pH de l'eau distillée est de sept. Cela nous montre que les concentrations en ions hydronium et  hydroxyde sont égales. Quelques molécules d'eau subissent une dissociation pour donner des ions hydronium et des ions hydroxydes. En même temps des ions hydronium réagissent avec des ions hydroxydes pour redonner des molécules d'eau. La double flèche indique que les deux réactions se font en même temps.  Il s'agit d'un équilibre chimique. Cette notion très importante en chimie sera développée ultérieurement. Nous admettrons cette année un résultat fondamental  : à l'équilibre dans l'eau distillée à 25°C  la concentration en moles d'ions hydronium et la concentration en moles d'ions hydroxyde sont égales (pH=pOH=7). Dans toutes les solutions électrolytiques le produit de la concentration en moles d'ions hydronium et la concentration en moles d'ions hydroxyde reste constant . En écrivant que les logarithmes  décimaux de deux membres de cette équation sont égaux, nous obtenons la relation fondamentale de toutes les solutions électrolytiques.

 

4.3) PH D'UN ACIDE FORT


On peut considérer qu'un acide fort est totalement dissocié dans l'eau pour donner des ions hydronium et des anions, qui s'entourent de molécules d'eau (ions aqueux). On peut exprimer le pH d'un acide fort à partir de la concentration en moles d'ions hydronium .

 

C : concentration de l'acide en moles d'ions hydronium par litre de solution.


 
 
4.4) PH D'UNE BASE FORTE

 
On peut considérer qu'une base forte est totalement dissociée pour donner des ions hydroxydes et des cations, qui se transforment en ions aqueux . On exprime le pH d'une base forte à partir de la concentration en moles d'ions hydroxyde (C):

C : concentration de l'acide en moles d'ions hydroxyde par litre de solution.


 
4.5) ZONES DE VIRAGE


Prenons quatorze éprouvettes contenant dix millilitres de solution électrolytique, de telle sorte que le pH varie d'une unité en passant d'une éprouvette à la suivante. On verse dans chaque éprouvette la même quantité d'un indicateur coloré. Comme l'indicateur est un acide ou une base, il doit être utilisé en très faible quantité, afin de ne pas faire varier la concentration en ions hydronium. Réalisons l'expérience en utilisant le bleu de bromothymol.


Voici ce que nous observons:

Les éprouvettes de un à cinq sont colorées en jaune;
Les éprouvettes de huit à quatorze sont colorées en bleu ;
L'éprouvette sept est colorée en vert ;
L'éprouvette six a une couleur située entre le jaune et le vert.


En recommençant une expérience plus précise pour les valeurs du pH comprises entre six et huit, nous constatons que le changement de couleur est progressif dans l'intervalle de 6  à  7,8. Cet intervalle est appelé la «ZONE DE VIRAGE» de l'indicateur. Les indicateurs colorés «acides-bases» sont des substances qui changent de couleurs , suivant l'acidité ou l'alcalinité du milieu.  Comme la plupart du temps les indicateurs  sont des acides  ou des bases, il sera très important d'utiliser ces substances en très faibles quantités, afin de ne pas trop faire varier la concentration en ions hydronium. La zone de virage d'un indicateur coloré acide-base est un intervalle de valeurs de pH dans lequel  l'indicateur change de couleur.
La couleur obtenue vers le milieu de la zone est la «teinte sensible». En général un indicateur ne présente qu'une seule zone de virage, mais il existe certains indicateurs qui, comme le bleu de thymol, présentent plusieurs zones de virage.  Examinons maintenant quatre cas particuliers.

Le bleu de thymol a deux  zones de virage, une première  située   entre 1,2  et 2,8 et une deuxième située entre 8  et 9,6 . L'hélianthine a une zone de virage située  entre  3,1  et 4,4 .

Le tournesol a une zone de virage située  entre 5,0  et 8,0.  Le bleu de bromothymol a une zone de virage située  entre 6  et 7,6.

5) TRANSFORMATIONS CHIMIQUES ET STOECHIOMÉTRIE

 

5.1) RÉACTION CHIMIQUE ET LOI DE LA CONSERVATION DE LA MASSE

Dans une RÉACTION CHIMIQUE, nous remarquons que la somme des masses des substances avant et après la réaction est constante. Au cours d'une réaction chimique les molécules sont modifiées . Comme nous l'avons déjà souligné, les propriétés physiques et chimiques sont changées. On représente une réaction chimique par une équation chimique. La flèche signifie «se transforment en». À gauche de la flèche, on place les substances qui réagissent ensemble ou « RÉACTIFS» . À droite de la flèche, on place les substances obtenues après la transformation chimique ou «PRODUITS» . En réagissant avec l'acide chlorhydrique, l'hydroxyde de sodium donne du chlorure de sodium et de l'eau: c'est la réaction de neutralisation. Cette réaction équivaut à la formation de la molécule d'eau à partir de ses ions .

 

L'équation a une double signification :

À l'échelle atomique elle signifie qu'un ion hydronium réagit avec un ion hydroxyde pour donner deux molécules d'eau ;
À l'échelle macroscopique elle signifie qu'une mole  d'ions hydronium réagit avec une mole d'ions hydroxyde pour donner deux  moles  de molécules d'eau .

D'une façon générale, si a  molécules du réactif A  réagissent avec b  molécules du réactif B  pour donner c  molécules du produit C  et d  molécules du produit D, l'équation chimique  traduisant le phénomène s'écrirait comme suit :

a A + b B ----->  c C  +  d D

a, b, c et d sont les coefficients stœchiométriques. Une réaction chimique peut être accompagnée d'un échange de chaleur avec l'extérieur. Lorsque les molécules de réactifs renferment une quantité d'énergie supérieure à celle des produits, la différence entre ces deux quantités d'énergie sera libérée au cours de la transformation chimique. Nous aurons une réaction exothermique . La quantité de chaleur dégagée est placée du côté des produits . Lorsque les molécules de réactifs renferment une quantité d'énergie inférieure à celle des produits, la différence entre ces deux quantités d'énergie sera absorbée au cours de la transformation chimique.Nous aurons une réaction endothermique . La quantité de chaleur absorbée est placée du côté des réactifs .

La loi de la conservation de la masse fut énoncée pour la première fois par le chimiste russe, LOMONOSSOV en 1748 :


Au cours d'une réaction chimique, la masse totale des produits est égale à la masse totale des réactifs.

Ensuite, cette loi fut établie avec rigueur par le célèbre chimiste français Antoine  LAVOISIER en 1789.  Il démontra qu'au cours d'une réaction chimique la masse se conserve. La masse totale des produits formés est égale à la masse des réactifs consommés.  Ce résultat fut obtenu à la suite d'expériences portant sur l'oxydation du mercure. C'est LAVOISIER  qui a fondé la chimie moderne en y introduisant l'aspect quantitatif . Malheureusement il n'eut pas le temps  de jouir de ses nombreux talents, puisqu'il fut guillotiné en 1794.

 

5.2) COMMENT ÉQUILIBRER DES ÉQUATIONS CHIMIQUES?

 
Lorsqu'il étudie un phénomène, le chimiste commence par associer à chaque substance sa formule moléculaire et il traduit la réaction chimique par une équation qualitative. Pour passer d'une équation qualitative à une équation équilibrée, nous devons tenir compte de la LOI DE LA CONSERVATION DE LA MASSE en appliquant les deux principes suivants :

Le nombre des atomes de chaque espèce est le même dans les réactifs et dans les produits;
La somme des charges électriques des réactifs est égale à la somme des charges électriques des produits.

 

Une équation chimique équilibrée est une ÉQUATION QUANTITATIVE : elle indique dans quelle proportion réagissent les différents constituants dans la réaction.

 

Une équation chimique non  équilibrée est une ÉQUATION QUALITATIVE.


5.3) PROBLÈME DE STOECHIOMÉTRIE

 
Pour résoudre un problème de chimie il sera facile de suivre les six étapes énumérées ci-après :

Lire très attentivement le problème en soulignant la donnée et la question ;
Si cela n'est pas fait, exprimer la donnée en mole ;
Écrire l'équation chimique qualitative et l'équilibrer ;
Identifier le facteur déterminant, quand l'une des substances est en excès.
En utilisant les proportions entre les coefficients stœchiométriques, calculer le nombre de mole ou la masse selon le cas ;
Relire dans l'énoncé la question et exprimer correctement le résultat.


Exemple :  Au laboratoire, on prépare l'acétylène (C2H2 ) en faisant réagir l'eau sur le dicarbure de calcium. Il se forme aussi du dihydroxyde de calcium.
a) Calculer le nombre de molécules d'acétylène qui se forment lorsqu'on fait réagir 6,4 g de carbure de calcium avec  36 mL  d'eau.
b) Calculer le volume d'eau qui a disparu. a) Nombre de molécules d'acétylène
L'équation chimique équilibrée est : CaC2  + 2 H2O    ---->   Ca(OH)2   +  C2H2
Le nombre de moles de dicarbure de calcium est: 6,4 / 64 = 0,1 mol
Le nombre de moles d'eau  est: 36 g /18 =  2 mol L'eau est en excès, ce qui veut dire que tout le carbure de calcium va réagir: en d'autres termes, le dicarbure de calcium est le facteur déterminant.

0,1 mol de CaC2    ----->  0,1 mol de  C2H2

Selon l'équation 1 mole 1 mole
Selon la donnée 0,01 mole x  mole
On en déduite que:  x = 0,01 mole
Le nombre de molécules de C2H2 s'obtient en multipliant le nombre de moles par le nombre d'Avogadro :

0,1 . 6,02 .1023  = 6,02 . 1022 molécules

b) Volume d'eau qui a disparu

0,1 mol de CaC2   réagit avec   0,2 mol de  H2O

 La masse d'eau qui a disparu est: 0,2 x 18 =  3,6 g
Volume d'eau qui a disparu: 3,6 mL

 
 
5.4) NEUTRALISATION ET DOSAGES «ACIDIMÉTRIQUES»

 
Avec une pipette jaugée on verse exactement un volume déterminé d'acide chlorhydrique dans un bécher. On ajoute quelques gouttes de phénolphtaléine. En milieu acide cet indicateur est incolore. À l'aide d'une burette graduée on verse la solution d'hydroxyde de sodium  jusqu'à ce que  la coloration rose de la phénolphtaléine persiste. Lorsque l'indicateur coloré vire, le nombre de moles d'ions hydroxyde ajoutées est égal au nombre de moles d'ions hydronium contenues dans les dix millilitres de la solution d'acide chlorhydrique. Cette réaction est accompagnée d'un dégagement de chaleur. Du point de vue ionique, cette réaction aboutit à la formation de la molécule d'eau à partir de ses ions:  les ions hydroxydes [OH-(aq)] se combinent avec les ions hydronium [H3O(aq)]+ pour donner des molécules d'eau. Cette équation chimique nous montre un principe fondamental en chimie des solutions. On neutralise une solution  acide par addition d'une solution basique ou réciproquement. À l'échelle corpusculaire, un ion hydroxyde neutralise exactement un ion hydronium pour donner une molécule d'eau. À l'échelle molaire, une mole d'ions hydroxydes neutralise exactement une mole d'ions hydroniums pour donner une mole de molécules d'eau. C'est ce principe qui est à la base de tous les dosages «acidimétriques» .

Un dosage est la détermination de la concentration d'une substance dans un mélange. Il en existe deux grandes catégories:

Les  dosages gravimétriques qui font intervenir des pesées ;
Les dosages volumétriques dans lesquels on détermine des volumes.

Un dosage peut mettre en jeu des transformations physiques . Ainsi on détermine la concentration en sel de l'eau salée en mesurant sa masse volumique. De nombreuses méthodes d'analyses  volumétriques sont basées sur des réactions chimiques , comme dans le cas des dosages «acidimétriques». Dans tous les procédés basés sur une réaction chimique la fin de la réaction est appelée «équivalence». À  ce moment les quantités de chacun des réactifs mis en présence sont dans les proportions indiquées par les coefficients stœchiométriques. Les dosages «acidimétriques» utilisent des méthodes volumétriques basées sur la réaction de neutralisation. On y manipule trois substances  :

une solution acide ;
une solution basique ;
un indicateur coloré qui sert à déterminer le point d'équivalence.

L'équivalence a lieu lorsqu'on a mis en présence autant d'ions hydronium que d'ions hydroxyde. Cette méthode est utilisée fréquemment en chimie des solutions pour déterminer les concentrations des solutions acides ou basiques. On détermine ainsi la concentration d'une solution acide en utilisant une solution basique de concentration connue ou inversement. Théoriquement le point d'équivalence correspond à une valeur du pH de sept. Pour mettre en évidence le point d'équivalence à la goutte près, il convient d'utiliser un pH-mètre. La représentation graphique de la variation du pH  en fonction du nombre de mL  de la solution de base versés, nous permettra de repérer le volume (Vb) qui correspond au pH neutre.  Le calcul de la concentration inconnue se fera à partir de cette valeur. Au début le pH est inférieur à sept, puisque la solution qui se trouve dans le bécher est acide. Lorsqu'on ajoute  la solution basique, les ions hydroxyde ajoutés neutralisent des ions hydronium. Le nombre d'ions hydronium diminue, ce qui a pour effet d'augmenter le pH de la solution. Au voisinage du point d'équivalence, une goutte de solution peut faire varier considérablement le pH.  L'indicateur le mieux adapté pour la détermination du point d'équivalence est le bleu de bromothymol, puisqu'il change de teinte lorsque le pH est de sept.

Supposons que VB mL  d'une solution basique, dont la concentration est CB moles d'ions hydroxydes par litre de solution, neutralisent exactement VA mL d'une solution acide, dont la concentration est CAmoles d'ions hydronium par litre de solution.
Au cours de la réaction    moles d'ions hydroxydes réagissent avec       moles d'ions  hydroniums.
En écrivant que les nombres de moles d'ions hydroxydes  et d'ions  hydroniums  sont égaux, nous obtenons la relation qui est à la base de tous les dosages «acidimétriques»  :

CA: concentration de la solution acide en moles d'ions hydroniums par litre de solutions.
CB: concentration de la solution basique en moles d'ions hydroxydes par litre de solutions.
VA : volume de la solution acide en cm3.
VB : volume de la solution basique en cm3.

© René-Yves Hervé2008

 

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