Axes
pédagogiques vers
René-Yves Hervé, Ph.D.
En
éducation, comme dans tout autre domaine, une mutation organisationnelle s’appuie sur des finalités profondes qui
guident les actions. Aussi, en entreprenant un changement aussi profond que
celui de le Formation À Distance (FAD), il est primordial de s’interroger sur les assises
pédagogiques qui doivent le sous-tendre. En d’autres termes, il est important
de construire le modèle didactique dans lequel viendront s’insérer toutes les
activités de ce nouveau système.
Dans
un premier temps, nous parlerons de l’intégration des connaissances et de l’utilisation
de la mémoire en éducation, puis, en nous basant sur les travaux de
Piaget, nous verrons qu’il est tout
aussi important de développer la pensée formelle de l’apprenant. Nous
insisterons par la suite sur les
compétences à développer, versus les objectifs de contenus ou de comportements
à atteindre, puis sur la gestion pédagogique. Ce sont ces réflexions qui nous
conduiront finalement à élaborer un modèle didactique pouvant servir d’assises à
I.
CONNAISSANCE INTÉGRÉE
ET PENSÉE FORMELLE
L'enseignement
doit être un moyen qui favorise
l'activation d'une structure pour appréhender les connaissances, les mettre
en interaction et les incorporer à un schéma plus général qui unit l'apprenant
à «l'univers cognitif», en lui fournissant des outils épistémologiques qui
favorisent l'intégration des connaissances et la production de l’intelligence. L'acte
d'apprendre n'est pas un accroissement cognitif statique; il constitue au
contraire une action dynamique au cours de laquelle une nouvelle connaissance
est confrontée avec des acquis antérieurs et c'est précisément par cette
interaction cognitive que tout nouveau concept pourra être intégré. La
préoccupation essentielle de tout concepteur de système d'enseignement
devrait être d’atteindre une symbiose avec une épistémologie globale, car la
connaissance peut être assimilée à un vaste réseau conceptuel, au sein duquel
de nouveaux concepts naissent de la préhension schématique des relations
épistémologiques entre concepts. Qu'en est-il de la situation dans la première
décennie de ce troisième millénaire? Le
découpage d'un curriculum en objectifs peut quelquefois conduire à des
ruptures dans les ponts épistémologiques et provoquer une préhension
cognitive à «tiroirs». De telles
ruptures conceptuelles peuvent constituer un handicap sérieux lorsqu'elles
font partie intégrante d'un système d'enseignement. Ne risque-t-on pas en
multipliant de telles formes de «savoir instantané» de compromettre
sérieusement la formation intellectuelle de l'étudiant? L'étudiant des années
Le «savoir»
est temporel et peut se réduire à des périodes d'application de plus en plus
courtes; on pourrait en arriver à la
création de modes d'emploi du savoir analogues à ceux que l'on peut lire sur
les guides d'utilisateur de nos derniers ordinateurs. Il faut éviter que nos
systèmes d’enseignement dispensent un tel «savoir instantané» et délaissent la
connaissance intégrée, qui elle prend son point d'ancrage dans l'univers
intellectuel de l'étudiant. Selon Ausubel, si un concept est en relation de
subordination avec un concept plus général, ce dernier possède toutes les
propriétés du concept antécédent ainsi que de nouvelles caractéristiques. Le
concept antécédent est le point d’ancrage sur lequel s’appuie le nouveau
concept qui est entrain de naître dans la mémoire de l’apprenant.

Intégration d'un concept
selon AUSUBEL
Il nous faut
utiliser des outils didactiques favorisant
l’intégration des connaissances, pensons par exemple aux schémas didactiques. Il nous faut aussi construire des outils didactiques qui
appliquent les théories de Piaget et développent la pensée abstraite de
l’étudiant. Les applications des idées de Piaget sont mieux connues sous le
nom de «constructivisme», expression suffisamment explicite pour démontrer que
la méthode privilégiera le raisonnement par construction de schèmes de pensée.
La psychologie génétique de Piaget s'intéresse à la formation de l'esprit
d'un sujet «épistémique», alors que la didactique est une démarche pédagogique
construite à l'intérieur d'un groupe d'apprenants; elle décrit une genèse des
connaissances que l'apprenant construit avec son milieu et où l'intervention
du professeur doit dépasser le rôle doctrinal pour atteindre celui
d'animateur de situations constructivistes; il est indéniable cependant que
cet engouement a pu engendrer quelques
abus:
-
Piaget n'a jamais proposé explicitement une application de la psychologie génétique
au domaine de l'enseignement, même si des
chercheurs ont interprété son œuvre pour en faire une psychologie
appliquée.
-
On a trop souvent tendance à se référer à une partie de son œuvre. Piaget a consacré trente ans de sa vie à l'étude de
la formulation des concepts généraux de la pensée; dans une seconde période,
trente ans également, il a tenté d'expliquer que les échecs de la didactique
sont le plus souvent le résultat de l'absence des mécanismes formateurs de la
connaissance.
-
Les travaux piagétiens montrent l'importance des opérations formelles de la pensée
et du raisonnement hypothético-déductif.
-
Les expériences piagétiennes peuvent servir à créer une didactique basée sur
l'épistémologie.
-
Piaget s'est intéressé à l'enfant, parce qu'il lui fournissait un modèle pour
comprendre comment l'homme évolue et acquiert des connaissances; il s'est
intéressé à un sujet abstrait, le «sujet épistémique», par opposition au sujet
psychologique et social, que l’on retrouve dans les groupes d’étudiants. Les
applications pédagogiques des théories piagétiennes peuvent être considérées
comme un glissement de ce «sujet épistémique» vers l'individu réel.
Nonobstant
ces quelques remarques, la pédagogie constructiviste bien appliquée, oriente le
raisonnement de l'étudiant vers l'essor de la pensée rationnelle, facilite la
construction de schèmes cognitifs par des activités graduées, respecte les
stades de développement de la pensée, établit une interaction cognitive entre
l'étudiant et ce qu’il apprend en engendrant de nouvelles connaissances. Tout
outil didactique se servant du constructivisme comme principe fondamental de
l’apprentissage, contribue au développement de la pensée, donc à la production de l’intelligence.
En
conclusion, les deux finalités que nous retenons pour guider la recherche d’une démarche didactique servant d’assises à la formation à
II.
OBJECTIFS DE
CONTENUS ET COMPÉTENCES
C'est en fonction de leur utilisation que les
objectifs sont élaborés. Retenons quatre niveaux de définition des
objectifs :
·
Finalités : Ce sont des
intentions générales qui se rattachent à des valeurs et à des principes; elles
sont définies par le pouvoir politique ou peuvent être promues par un
établissement ou même par un professeur.
·
Objectifs généraux : Ils se situent au
niveau de la planification du cours.
·
Objectifs spécifiques : Ils se
situent au niveau de la planification d’une leçon.
·
Objectifs opérationnels : Ils décrivent ce qui est attendu dans le comportement de
l'apprenant, sont formulés avec des verbes d’action et déterminent les conditions de réalisation et de
performances.
La formulation d'un objectif doit répondre à
quatre exigences :
Être formulé en fonction de l'apprenant (être
capable de…);
Utiliser un verbe
d'action.
Être mesurable.
Mentionner dans quelles
conditions se manifestera le comportement.
La taxonomie de Bloom introduit six niveaux:
Niveau 1:
Connaissance (Mémoriser, réciter par coeur).
Niveau 2: Compréhension (Dire dans ses propres termes).
Niveau 3: Application (Appliquer ses connaissances).
Niveau 4: Analyse (Faits, hypothèses, interprétations, conclusions).
Niveau 5: Synthèse (Réaliser une oeuvre personnelle).
Niveau 6: Évaluation (Porter un jugement de valeur argumenté).
L’utilisation des objectifs a
conduit à
Les
Compétences sont définies comme des séries d’habiletés acquises en
situation d’apprentissage. Un ensemble organique de compétences devient une «
capacité ». Les compétences ont des facettes différentes selon le
domaine :
·
Dans le domaine professionnel, la compétence
résulte de la mobilisation et de
l'utilisation d'un ensemble de
ressources internes ou externes dans des situations relevant d'un contexte
professionnel.
·
Dans l'enseignement, la compétence désigne la
mobilisation d'un ensemble de ressources en vue de résoudre une situation
problème. On parle de compétence de base pour désigner les compétences qui
doivent être acquises pour pouvoir passer d'une année à l'autre, ou d'un cycle
à l'autre.
Selon Philippe Perrenoud , «une compétence
est une capacité d’action efficace face à une famille de situations, qu’on
arrive à maîtriser parce qu’on dispose à la fois des connaissances nécessaires
et de la capacité de les mobiliser à bon escient, en temps opportun, pour
identifier et résoudre de vrais problèmes». Les
connaissances sont nécessaires aux
compétences, mais elles ne suffisent pas. En fait une compétence est
quelque chose que l’on sait faire, une habileté particulière dans un
contexte déterminé, par exemple les compétences en chimie, en musique,
en éducation physique, en informatique, etc…
Une gestion
pédagogique efficace organise les compétences visées et les connaissances
pertinentes. Le plus souvent on a besoin de compétences non pour devenir un
être hors du commun, même si cela est souhaitable, mais bien pour vivre dans la
condition d’une personne ordinaire, confrontée avec toutes les exigences du
monde moderne, de sa mondialisation,
de ses restructurations économiques et
de ses grandes mutations technologiques
qui peuvent tout aussi bien simplifier notre vie, pensons notamment à
l’Internet, que supprimer notre travail actuel et nous jeter au chômage. Ces quelques réflexions sont de nature à nous
faire réfléchir sur l’importance d’une pédagogie centrée sur les connaissances
et les COMPÉTENCES, pour éviter de former des gens instruits qui seront
malheureux.
Certains auteurs ont voulu démontrer que
l’Approche par Compétence (APC) se trouvait déjà dans
|
|
APPROCHE
PAR COMPÉTENCES (APC) |
PÉDAGOGIE
PAR OBJECTIFS (PPO) |
|
ENTRÉE |
Les situations. |
Les contenus. |
|
FONDEMENT |
Les actions de l’apprenant. |
La transmission de l’enseignant. |
|
CONTEXTUALISATION
|
Dans un contexte. |
Hors contexte. |
|
CENTRÉ SUR |
L’apprentissage |
L’enseignement d’un contenu. |
|
RESSOURCES |
Pluralité de ressources. |
Ressources cognitives sur les contenus. |
|
PROFIL DE
SORTIE |
Situations à traiter au terme de la formation. |
Contenus disciplinaires à reproduire. |
|
PARADIGMES |
Comportementalisme et constructivisme. |
Exclusivement le comportementalisme. |
Voici quelques exemples de compétences intellectuelles :
Être capable
de prendre des décisions
·
Déterminer des buts et des contraintes.
·
Trouver des solutions de rechange.
·
Mesurer les risques des solutions en vue.
·
Procéder à une évaluation des diverses solutions
possibles.
·
Choisir la meilleure solution.
Être capable
de résoudre des problèmes :
·
Reconnaître que des problèmes existent : il
y a un écart entre ce qui est et ce qui devrait être.
·
Déceler les causes possibles de cet écart.
·
Combler
cet écart en élaborant et en implantant
un plan d’action.
·
Évaluer et contrôler la réalisation du plan.
Être capable
d’apprendre à apprendre
·
Choisir et utiliser les techniques
d’apprentissage appropriées pour pouvoir appliquer et adapter les connaissances
intégrées et des habiletés maîtrisées.
·
Être attentif à des stratégies d’apprentissage
formelles (prise de notes) et informelles (prise de conscience des idées qui
pourraient conduire à des conclusions erronées).
Être capable
de raisonner
·
Découvrir, dans une relation entre deux ou
plusieurs objets, une règle ou un principe et de l’appliquer à la résolution
d’un problème.
·
Tirer d’une information donnée des conclusions
logiques.
·
Extraire des règles ou des principes à partir
d’un ensemble d’objets ou d’un texte écrit puis les appliquer à une situation
nouvelle.
·
Décider, face à un ensemble de faits et de
conclusions, quels énoncés sont justes.
À
l’annexe II, vous trouverez l’exemple d’une compétence appliquée aux phénomènes
physico-chimiques, avec ses composantes et ses manifestations, suivi d’un
schéma présentant le déroulement de la compétence.
À
l’annexe III, vous trouverez une grille permettant de construire une tâche
intégratrice.
III. GESTION PÉDAGOGIQUE
Le professeur
est certes avant tout un pédagogue, mais il devient aussi un gestionnaire.
L'acte pédagogique fait intervenir les trois sortes de relations pédagogiques:
les relations d'enseignement entre le professeur et l'étudiant, les relations
didactiques entre le professeur et le sujet d'étude, les relations d'apprentissages
entre l'étudiant et le sujet d'étude (développement des compétences de
l'étudiant).

Les trois
sortes de relations pédagogiques
Alors que les
relations didactiques commandent des gestions
avant et après les cours, les deux autres formes de relations impliquent une
gestion pendant l'acte pédagogique. La tâche du pédagogue dans l'exercice de
ses fonctions doit s'appuyer sur une infrastructure pertinente de ces trois
formes de gestion avant, pendant et après le cours.
C'est du ressort
du didacticien qui élabore les stratégies d'enseignement et les activités d'apprentissage,
en tenant compte des contraintes liées au déroulement de ces différentes
tâches. Nous en citerons essentiellement deux:
• l'ordonnancement du cours, qui consiste à
organiser les différentes activités selon un échéancier rigoureux, tenant
compte de toutes les contraintes et à
préparer les différents cours, examens et autres activités d'apprentissages;
• les prévisions matérielles, comme les
réservations de laboratoires, ou les réquisitions d'imprimerie et de matériel
de laboratoire.
Elle résulte
d'une relation tripartite entre trois variables: la progression de la
personne, les contraintes extérieures au milieu de formation et les contraintes intérieures à ce même
milieu.
Les contraintes
extérieures au milieu de formation: Elles peuvent être
définies comme étant un ensemble de conditions dictées le plus souvent par des
causes extérieures au milieu de formation (organisation des horaires,
directives sur les examens, etc…). Certaines peuvent même apparaître aux yeux
du professeur comme des hérésies pédagogiques -nous pensons à l'obligation
d'accepter des étudiants qui arrivent dans un milieu de programme-.
Les contraintes intérieures au milieu de formation: Elles
proviennent le plus souvent des relations sociales entre les intervenants,
comme les problèmes culturels d'intégration d'ethnies différentes ou les
problèmes sociaux de comportement.
Elle inclut
principalement: la gestion des notes (calculs et analyses statistiques), les
changements à apporter dans l'ordonnancement des activités, dans les approches
pédagogiques et dans les contenus enseignés. Comment aider le professeur à réaliser une gestion efficace de ses trois
paliers de gestion? Nous pensons que toute tentative d'innovation dans le
domaine de la formation devrait prendre en considération ces quelques remarques
pour alléger la tâche déjà fort lourde du professeur.
Avant
de terminer ce court texte sur les «Axes pédagogiques vers
IV. LE MODÈLE DIDACTIQUE
L'Université considérée comme un système d'action, représente à un
moment donné, un équilibre cybernétique
entre quatre sous-systèmes: culturel,
social, psychique et environnement pédagogique. En tant que tentative
d'innovation pédagogique, l’implantation de

.
Sous-système culturel
Il renferme entre
autres les finalités dictées par l’état qui
constituent en quelque sorte les contraintes de premier niveau, les
finalités découlant de l’héritage culturel, l’ordre et la discipline, les
valeurs, les liens entre les connaissances, les rapports entre l’Université et
la société, la philosophie de l’éducation, les méthodes d’enseignement et les
apprentissages.
Sous-système social
L'Université
a une responsabilité envers la société puisqu'elle forme les futurs décideurs
du pays; c'est en développant les compétences des étudiants qu'on les préparer
au rôle qu'il devront assumer dans la société de demain comme personnes
responsables, capables de prendre les bonnes décisions pour eux-mêmes et le
pays et de les assumer pleinement. Cet engagement fera intervenir des
interaction entre tous les intervenants : étudiants, professeurs,
administrateurs, doyens, personnel de soutien.
Sous-système psychique
Il renferme toutes
les dimensions liées à la personne comme la sécurité affective, l’épanouissement,
le sentiment d’être utile et de se sentir utile, le sentiment d’aimer, d’être
aimé, et de se sentir aimé, la personnalité des intervenants (étudiants,
professeurs, administrateurs, personnel de soutien).
Sous-système
environnement pédagogique
Il renferme
toutes les contraintes de deuxième niveau, celles qui ont une influence directe
sur la pédagogie et qui résultent de l’administration interne de l’Université :
les moyens de formation (enseignements et apprentissages), gestion pédagogique,
l’organisation de l’Université.
L’annexe rassemble
des exemples de grilles pour ces quatre sous-sytèmes.
V. CONCLUSION
Ce bref article est en fait un préambule de soutien
à l’implantation de
BIBLIOGRAPHIE
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VON BERTALANFFY, L. (1980). Théorie générale des systèmes. Paris,
Borduas
WEBOGRAPHIE
Taxonomie de Bloom : http://louberee.wordpress.com/2007/09/16/la-taxonomie-de-bloom/
Information systémique et
cybernétique : http://acmsiggraphparispc.free.fr/CyberFR/ArticleFRSanDiego1.html
Modèles
didactiques pour la conception de dispositifs d'enseignement/ apprentissage
en environnement numérique : http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=15933200
Les compétences de base : http://atout.csmv.qc.ca/2300/2310/definitions.htm#txtHaut
Compétences et Formation À
Distance :
http://competencesfad.blogspot.com/2008/08/quelles-comptences-pour-la-formation.html
REFAD (Réseau d'enseignement francophone
à distance du Canada) : http://www.refad.ca/
Université En
Ligne : http://www.uel-pcsm.education.fr/
Formation à
distance de l’Université de Montréal : http://www.formationadistance.umontreal.ca/
Formation à
distance de l’UQAM : http://www.teluq.uquebec.ca/
Formation à
distance de l’Université Laval : http://www.distance.ulaval.ca/
Gestion des stages et travail
collaboratif : http://www.leportaildulycee.com/
Outil pédagogique pour la formation à distance : http://www.learndev.org/UFC-VirtualUniv2002.html
ANNEXE: MODÈLE DIDACTIQUE
|
SOUS-SYSTÈME CULTUREL |
|
|
CHANGEMENT |
MOYENS
POUR RÉALISER LE CHANGEMENT |
|
I. FINALITÉ DE La finalité
de la formation universitaire doit viser la personne, qui, en s’épanouissant atteint
la promotion économique et sociale. |
- Repenser
les normes des programmes et les adapter aux personnes. - Sensibiliser les intervenants (étudiants,
professeurs, administrateurs) au rôle de l’université dans la société. - Agir sur
les motivations des personnes. - Axer sur
les personnes sur le futur à bâtir. |
|
II. OBJECTIFS DE Former des
personnes responsables envers la société, capables de prendre des décisions
et de les assumer complètement. |
- Accroître les responsabilités des étudiants,
des professeurs, et plus généralement de tous les agents de formation. - Remplacer le rapport d'autorité par la
compréhension et l'acceptation de l'ordre du groupe par tous ceux qui le constituent. -
Permettre aux innovations de partir du milieu et non de
l'administration. - Créer des conditions pour que
l’étudiant se prenne en charge
totalement (cogestion des unités de formation
par les étudiants et les professeurs). - Repenser tous les règlements d'un groupe de
formation en fonction des
responsabilités de chaque individu face au groupe. - Instaurer le code d'éthique de la personne,
responsable d'elle-même, et en même temps responsable de tout le groupe de
formation - Inculquer à chaque personne le sens des
valeurs humanistes: liberté et autonomie. |
|
III. ORDRE ET DISCIPLINE Établir un
climat d'ordre et de discipline, qui soit propice à un bon enseignement et à
des apprentissages de qualité. |
- Conscientiser toutes les personnes sur la
rentabilité de l'ordre et de la discipline. - Répondre aux aspirations profondes de chaque
étudiant. - Centrer le professeur sur des approches psychosociologiques. - Susciter continuellement les intérêts des
étudiants en utilisant les nouvelles technologies. |
|
SOUS-SYSTÈME CULTUREL |
|
|
CHANGEMENT |
MOYENS
POUR RÉALISER LE CHANGEMENT |
|
IV. LIENS ENTRE LES CONNAISSANCES La connaissance d'abord acceptée comme une
vérité, est discutée et émerge vers d'autres connaissances, pour ensuite être
perçue dans son ensemble. |
Favoriser le travail en équipe et utiliser
l'interdisciplinarité. Relier les différentes notions d'un programme
par un réseau conceptuel. - Utiliser les nouvelles technologies comme outil de transmission de
l'information. - Comprendre une situation en la reliant avec
des concepts antérieurs. - Utiliser les réseaux conceptuels pour
établir la suite logique entre les étapes d'un programme et la correspondance
temporelle entre les différentes contenus.. - Centrer l’étudiant sur la compréhension de la démarche, plutôt
que sur l'assimilation d'un contenu. - Développer chez l'étudiant des processus
mentaux supérieurs (imagination et intuition). - Remplacer chez l’étudiant le savoir-avoir (acquisition des
connaissances) par le savoir-être (organicité des acquis). |
|
V. RAPPORT ENTRE L’UNIVERSITÉ ET Il est souhaitable que l’étudiant, en tant que
personne autonome et responsable envers la société, soit l'élément principal
des directions évolutives de cette dernière, qui puisera ses ressources dans
des talents complètement développés, plutôt que d'imposer aux étudiants des talents. |
- Susciter et utiliser les intérêts de tous
les étudiants avec les nouvelles
technologies. - Développer l'imagination, l'intuition,
l'autonomie et la créativité. |
|
VI. PHILOSOPHIE ET ÉDUCATION Le
paradigme éducationnel est lié en paradigme de l'information. |
- Promouvoir un modèle basé sur les nouvelles
technologies. - Faire en sorte que l’étudiant puisse réaliser ses apprentissages en
utilisant les nouvelles technologies. |
|
VII. MÉTHODES DE FORMATION Pour
que la connaissance suive son évolution naturelle, il faudra de plus en plus
centrer la formation sur sa fonction
première, qui est de montrer à l'étudiant comment apprendre, et de lui
communiquer le goût d'apprendre davantage, et de développer parallèlement des
compétences. |
- Préparer des cours structurés, diversifiés
et suivant une progression adaptée au groupe. - Axer l'enseignement sur la démarche plutôt
que sur le contenu et laisser l'élève agir. - Dans le choix des activités pédagogiques,
favoriser les apprentissages. - Donner à l’étudiant la possibilité de gérer
ses apprentissages. |
|
SOUS-SYSTÈME SOCIAL |
|
|
CHANGEMENT |
MOYENS
POUR RÉALISER LE CHANGEMENT |
|
I. RELATIONS PROFESSEUR-ÉTUDIANTS Transformation
des relations entre le professeur et l’étudiant, qui passent des relations
hiérarchiques à des relations fondées sur la non-directivité chez le
professeur, et l'autonomie chez l'étudiant
(relations d'égal à égal). |
- Solutionner
les cas d'étudiants qui gênent le fonctionnement du groupe, - Organiser
des perfectionnements sur le déroulement efficace d’un groupe. - Le
professeur est une personne ressource
responsable avec d'autres (les étudiants) de la bonne marche du groupe. - Centrer
le déroulement d'un cours sur les théories de l'apprentissage, plutôt que
celles de l'enseignement. - Utiliser
pleinement les compétences et les talents du professeur et des étudiants. |
|
II. RELATIONS ENTRE PROFESSEURS Les
relations entre collègues sont souvent superficielles; elles doivent devenir
plus fréquentes, mieux articulées et orientées vers un bon encadrement et une
meilleure formation des étudiants. |
- Favoriser
les réunions entre professeurs d'une même discipline, ou d'un même champ,
tout en diminuant le nombre de réunions «inutiles». -
Sensibiliser les professeurs à une réflexion pédagogique structurée. - Favoriser
les réunions sociales ou par centres d'intérêts. |
|
III. RELATIONS PROFESSEURS-ADMINISTRATEURS Elles
doivent tendre vers des relations d'égal à égal. |
- Donner
aux professeurs une structure détaillée de ce qu'ils auront à faire. - Accroître
la participation des professeurs à la vie de l' Université. - Donner
aux professeurs des responsabilités dans la gestion de l'Université. |
|
IV. L’UNIVERSITÉ, AGENT DE DÉVELOPPEMENT SOCIAL Toute idée
valable émise par un individu, doit être communiquée aux autres, pour
s'intégrer au groupe, et trouver son aboutissement par le groupe. |
- Favoriser
à l'intérieur d'une classe les dialogues constructifs et créateurs. - Utiliser
toutes les ressources (somme de tous les talents et de toutes les habiletés
de chaque étudiant du groupe) pour accroître la connaissance de la réalité. |
|
SOUS-SYSTÈME PSYCHIQUE |
|
|
CHANGEMENT |
MOYENS
POUR RÉALISER LE CHANGEMENT |
|
I. SÉCURITÉ AFFECTIVE Il faut
assurer au professeur une sécurité
face à l'innovation, pour qu'il puisse placer l'étudiant dans un cadre
authentique de sécurité affective. |
- Accroître le degré
de satisfaction professionnelle des professeurs et des administrateurs, ainsi
que le degrés de satisfaction personnelle des étudiants. - Créer des situations
où le succès des étudiants est assuré. - Faire en sorte que
toute innovation vienne du groupe. |
|
II. ÉPANOUISSEMENT Permettre à
chaque intervenant de s'épanouir pleinement. |
- Confier aux
professeurs des tâches, qui soient en rapport avec leurs compétences. - Assurer aux
étudiants une orientation, qui soit en accord avec leurs aptitudes. |
|
III. AIMER, ÊTRE AIMÉ ET SE SENTIR AIMÉ Appliquer
le principe qui catalyse les forces créatrices: avant d'apprendre, l'élève
doit aimer, être aimé et se sentir aimé. |
- Centrer
l'apprentissage sur la personne. - Éliminer les
tensions qui empêchent le développement des émotions positives. |
|
IV. ÊTRE UTILE ET SE SENTIR UTILE Appliquer
le principe qui active les forces créatrices inhérentes à chaque personne, à
savoir qu'elle soit utile et qu'elle se sente utile |
- Utiliser les
compétences de tous les intervenants. - Conscientiser tous
les intervenants sur leurs valeurs et leurs possibilités. |
|
V. PERSONNALITÉ DU PROFESSEUR S'il est
vrai que c'est en changeant l'homme qu'on change le monde, il convient que le
professeur opère en lui une constante mutation, pour conserver une personnalité qui soit en harmonie avec ses
fonctions |
- Faire en sorte que
le professeur redécouvre avec ses étudiants
la joie d'apprendre. - Faire en sorte que le professeur développe
son empathie, sa patience, sa compétence, sa tolérance, sa présentation
extérieure et son besoin de vaincre des défis. - Favoriser les
moments de réflexion entre professeurs sur les thèmes suivants: créativité,
développement des processus mentaux supérieurs, résolution des problèmes de
groupes, utilisation des talents et des habiletés, construction d'une
nouvelle image de la personne |
|
VI. PERSONNALITÉ DE L’ÉTUDIANT L'élève
devient un créateur, en développant harmonieusement et intégralement toute sa
personnalité |
- Communiquer à
l'étudiant la joie d'apprendre - Développer chez l'étudiant
l'enthousiasme, la foi en soi, l'autonomie, la créativité, l'attention, la
concentration, le besoin de vaincre un défi, l'ordre et la méthode. - Conscientiser l'étudiant sur ses possibilités illimitées. - Développer chez
l'étudiant le sentiment de liberté en harmonie avec celle des autres. |
|
SOUS-SYSTÈME ENVIRONNEMENT PÉDAGOGIQUE |
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CHANGEMENT |
MOYENS
POUR RÉALISER LE CHANGEMENT |
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I. LES MOYENS DE FORMATION En mettant
l’accent sur les normes de mémoire intégrée, d'intelligence rationnelle et
créatrice, et de productivité, l’Université par un environnement souple et
adapté au développement de la personne, l'école devra favoriser les
découvertes de toutes sortes réalisées à partir des intérêts du groupe |
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Développer chez l’étudiant l'esprit d'analyse et le sens critique. -
Développer chez l’étudiant un esprit logique. - Utiliser
les réseaux conceptuels pour lier les différentes connaissances. - Préparer des instruments de travail communs
pour les enseignants d'une matière donnée. - Développer entre l'enseignant et l'élève un
climat de confiance. - Susciter
et utiliser les intérêts de tous les élèves avec les nouvelles technologies. - Former
des groupes homogènes. |
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II. FONCTIONNEMENT En abandonnant la gestion par le haut,
l'Université doit privilégier la
cogestion avec les professeurs et les étudiants, c'est-à-dire la prise en
charge par tous du fonctionnement de l'Université. |
- Faire en
sorte que les réunions répondent aux besoins du milieu. - Le
professeur et l'élève utilisent les moyens technologiques appropriés. |
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III. ORGANISATION SCOLAIRE L'organisation
scolaire doit être adaptée à un service pédagogique efficace; les contraintes
pédagogiques seront prioritaires, afin d'atteindre une évolution constante
de l’appropriation de la connaissance
et du développement des compétences, ainsi qu’une amélioration du
développement de la personne. |
- Faire en
sorte que les deux conditions préalables au développement technologique, à
savoir l’électricité et la connexion Internet soient réalisées. - Doter
l’Université du matériel technologique pour répondre aux exigences
pédagogiques. - Organiser
des systèmes de gestion informatisée. - Organiser
périodiquement des réunions pédagogiques entre les professeurs d’une même
faculté. -
Faire en sorte que les principales décisions concernant un les groupes
d’étudiants (construction des programmes, critères d'évaluation, répartition
des budgets) soient prises avec la participation des professeurs et des
étudiants. |