«Métacognition et compréhension: quelles connaissances facilitent la lecture des jeunes lecteurs francophones?»
Article de Elsa Eme, Carol Haro et Jean-François Rouet, p.83-97.
Compétences métacognitives: «les connaissances et les capacités de contrôle que possède l'individu sur ses propres processus cognitifs». (p.83) (Définition empruntée à Flavell, 1981).
Le bon lecteur: «en plus de décoder et d'intégrer les informations, doit pouvoir estimer si ce qu'il comprend est juste, sélectionner les stratégies efficaces et remédier aux difficultés éventuelles.» (p.84)
Stratégies régulatrices, ex: lire plus lentement, relire, etc.
«La plupart des enfants situent les difficultés qu'eux-mêmes ou d'autres personnes peuvent rencontrer en lecture au niveau du décodage ou de la connaissance des mots; peu de sujets évoquent des facteurs de plus haut niveau de traitement, tel que dégager le sens ou les idées importantes.» (p. 88)
«Les enfants évoquent peu de stratégies spécifiques pour remédier à leurs difficultés de compréhension. Quand on leur demande que faire quand on ne comprend pas une phrase, les réponses "demander à quelqu'un" sont les plus nombreuses, plutôt que "se baser sur l'analyse ou le contexte".» (p. 90)
«Déterminants de l'acquisition de la lecture compréhension en arabe»
Article de Mahomed Nouri Romdhane, p.99-114.
«L'objectif de cette étude est de dégager les processus cognitifs les plus impliqués dans la compréhension des énoncés écrits en langue arabe et d'identifier les différences entre le fonctionnement du lecteur débutant et celui d'un jeune lecteur scolairement plus avancé.» (p.111)
«Plusieurs modèles ont été proposés pour expliquer la lecture et son apprentissage. Le modèle le plus simple et également le plus couramment évoqué est celui de Gough et Tunmer (1986) [la référence complète est absente] qui postule que la lecture compréhension serait une combinaison de la composante Identification des mots écrits et de la Compréhension orale: L = IM X C.» (p.100)
«Just et Carpenter (1980) stipulent qu'à la base de l'activité de la compréhension écrite 4 processeurs séquentiels sont mis en oeuvre: 1- processeur de reconnaissance visuelle des mots écrits, 2- processeur d'accès au lexique mental, 3- processeur syntaxique, 4- processeur sémantique.» L'auteur s'empresse cependant de passer à un modèle plus simple basé sur deux niveaux seulement, celui de Frederiksen (1982): «1- processus de bas niveau qui permet la reconnaissance des mots, 2- processus de haut niveau qui active le traitement syntaxique et sémantique permettant la compréhension.»(p.100)
«L'hypothèse de travail: l'activité de la lecture-compréhension ne présente pas les mêmes spécificités selon que le lecteur est débutant ou habile.» (p.101)
Il est intéressant de voir que l'auteur parle de «lecture-compréhension» pour bien souligner le fait que la lecture dont il parle ne consiste pas seulement à décoder la signification des lettres.
«Actuellement, il n'est plus à démontrer l'importance capitale de la compétence phonologique dans l'apprentissage de la lecture. Elle est considérée par de très nombreuses recherches comme l'un des prérequis majeurs à la maîtrise de la lecture.» (p.104)
Mémoire donne l'adjectif mnésique: «Plusieurs recherches ont démontré que la capacité mnésique est un facteur important dans l'explication des performances en lecture. La conservation des éléments d'un message lu dans la mémoire permet le traitement de l'information et l'élaboration de sa signification.» (p.105)
«L'attention est considérée par les travaux les plus récents de la psychologie cognitive comme un pré-requis nécessaire au succès dans des tâches de traitement d'informations complexes. Cette notion renvoie aux processus de focalisation, de sélectivité et d'inhibition.» (p.105)
«L'automatisation du décodage graphophonologique permet au système cognitif de libérer ses ressources pour un meilleur traitement syntaxique et sémantique des énoncés.» (p.112)
Les habiletés de traitement phonologique des enfants prélecteurs espagnols
Article de Silvia Defior Citoler et Lucia Herrera Torres, p.161-176.
Traitement phonologique: «il faut signaler le consensus qui s'est formé autour de l'importance des habiletés de traitement phonologique dans l'acquisition de la lecture [...]. Le terme traitement phonologique, plus large que celui de conscience phonologique, fait référence aux opérations mentales qui utilisent l'information phonologique ou sonore du langage au moment où l'on traite le langage oral ou écrit.» (p.161)
«empan de mémoire» (p.162) = memory span (j'imagine).
Dans l'article suivant, on définit la conscience phonologique: «une aptitude spécifique qui consiste à segmenter les mots en syllabes puis en phonèmes.» (p.179)
Dans un autre article: mnémonique (adjectif): «compétences nécessaires à l'abord de l'écrit (notamment des compétences phonologiques et mnémoniques).» (p.242)
«Si la maîtrise des éléments techniques du code écrit, c'est-à-dire les associations graphèmes/phonèmes, nécessite quelques mois d'apprentissage et ne débouche pas nécessairement sur le savoir lire, la lecture exige, quant à elle, plusieurs années de familiarisation et d'immersion dans un environnement lectural et scriptural riche en rencontres significatives et fonctionnelles.» (p.282)
«Considérations théoriques sur l'acquisition de la lecture et implications pédagogiques»
Article de Mireille Bastien-Toniazzo et Claude Bastien, p.321-335.
«L'un [des points de vue] met essentiellement l'accent sur les fonctions du langage et notamment sur sa fonction majeure de communication car l'écrit véhicule l'intention du scripteur que le lecteur a pour objectif de comprendre. Dans ce cadre, la recherche de sens oriente l'identification du mot grâce à des stratégies d'anticipation.» (p.322-323)
«Les travaux rendant compte du développement de l'acquisition de la lecture s'inscrivent pour la quasi-totalité dans le champ de la psycholinguistique.» (p.325)