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Les limites de l'interprétation

par
Umberto Eco
1990



Bref aperçu



Résumé
Introduction

À partir du message « Cher ami, dans ce panier apporté par mon esclave, il y a 30 figues que je t'envoie en cadeau », Eco présente une variété de significations et de référents, mais il affirme qu'on n'a pas le droit de dire que le message peut signifier n'importe quoi. Il peut signifier beaucoup de choses, mais il est des sens qu'il serait hasardeux de suggérer. Affirmer cela, c'est admettre que les énoncés ont un sens littéral. « Je sais combien la controverse est vive à cet égard, admet Eco, mais je persiste à penser que, à l'intérieur des limites d'une certaine langue, il existe un sens littéral des items lexicaux, celui que les dictionnaires enregistrent en premier.»

Un texte, une fois séparé de son émetteur (ainsi que de l'intention de l'émetteur) et des circonstances concrètes de son émission (et donc de son référent entendu), flotte (pour ainsi dire) dans le vide d'un espace potentiellement infini d'interprétations possibles. Par conséquent, aucun texte ne peut être interprété selon l'utopie d'un sens autorisé défini, original et final.

Sémiosis hermétique : pratique interprétative du monde et des textes fondée sur la détermination des rapports de sympathie unissant réciproquement micro et macrocosme.

Sémiosis : action ou influence qui est ou implique une coopération de trois sujets, comme par exemple un signe, son objet et son interprétant, cette influence tri-relative ne pouvant en aucun cas se résoudre en une influence entre couples.

Eco soutient qu'il faut s'attacher à définir une sorte d'oscillation, ou d'équilibre instable, entre initiative de l'interprète et fidélité à l'oeuvre.

Dire qu'un texte est potentiellement sans fin ne signifie pas que tout acte d'interprétation puisse avoir une fin heureuse. Même le déconstructiviste le plus radical accepte l'idée qu'il y a des interprétations scandaleusement inacceptables.

1. « Intentio Lectoris ». Notes sur la sémiotique de la réception

Le fonctionnement d'un texte s'explique en prenant en considération le rôle joué par le destinataire dans sa compréhension, son actualisation, son interprétation, ainsi que la façon dont le texte lui-même prévoit sa participation.

1.1 Archéologie

1961 : Wayne Booth est le premier à faire allusion au lecteur dans son livre The Rhetoric of Fiction. Après, deux lignes se développe, l'une sémiotico-structurale, l'autre herméneutique.

Selon Ingarden : l'oeuvre est un squelette ou un schéma à compléter par l'interprétation du destinataire.

Horizon d'attentes : système d'expectatives psychologiques, culturelles et historiques de la part du récepteur.

Eco rappelle, sans les approfondir, les différentes étapes et théories qui ont mené aux études actuelles de la réception.

1.2 Trois types d'intentions

intentio auctoris, l'intention de l'auteur
intentio operis, l'intention de l'oeuvre
intentio lectoris, l'intention du lecteur

Le débat classique, selon Eco, s'articule autour de deux approches:
  • chercher dans le texte ce que l'auteur voulait dire;
  • chercher dans le texte ce que dit l'auteur, indépendamment de ses intentions:
    • soit en se fondant sur la cohérence textuelle;
    • soit en se fondant sur les systèmes de signification du destinataire.

1.3 Défense du sens littéral

Eco adopte une position très ferme: pour interpréter un texte, il faut au moins reconnaître l'existence du sens littéral, et partir de là.

1.4 Lecteur sémantique et lecteur critique

Eco se penche sur un article de Rorty, qu'il désapprouve en partie. L'interprétation sémantique (dite lecture naïve) se distingue de l'interprétation critique (ou sémiotique) qui essaie d'expliquer pour quelles raisons structurales le texte produit tel ou tel sens.

1.5 Interprétation et utilisation des textes

Eco revient sur une distinction qu'il proposait dans Lector in fabula entre interprétation (en se fondant uniquement sur le texte) et utilisation (lorsqu'on se sert du texte pour en tirer des inférences sur la vie privée de l'auteur).

1.6 Interprétation et conjecture

Eco admet que le nombre de conjectures que peut faire le lecteur est infini, mais à la fin, elles devront, rappelle-t-il, être testées sur la cohérence textuelle, laquelle désapprouvera les conjectures hasardeuses.

1.7 La falsification des mésinterprétations

Un métalangage critique n'est pas un langage différent du langage objet. C'est une portion du même langage objet, c'est une fonction que n'importe quel langage remplit lorsqu'il parle de lui-même.

Supposons qu'une théorie affirme que toute interprétation d'un texte en est une mésinterprétation. Eco montre qu'en prenant cette approche, on s'interdit l'usage d'un métalangage critique, puisque la mésinterprétation, de par sa nature, ne peut s'attacher à aucun texte en particulier (un texte ne saurait en effet contrôler ses propres mésinterprétations).

II - Aspects de la sémiosis hermétique

II.1 Deux modèles d'interprétation

Le modèle rationnel, logique et causal; et le modèle qui repose sur l'inexplicable, l'irrationalisme hermétique (Hermès). Eco trace l'évolution du mouvement hermétique jusqu'à nos jours - la gnose et ses initiés, l'idée du complot des dieux. Il croit voir dans de nombreuses théories "reader-oriented" des influences de la tradition hermétique.

II.2 La ressemblance mnémotechnique

Eco réfléchit à l'utilisation d'une mnémotechnique comme sémiotique - c'est-à-dire d'un édifice dont les structures reflètent celles de la réalité. On peut par exemple associer la série des hiérarchies angéliques à la série des planètes pour mieux se souvenir soit de l'un, soit de l'autre. Mais la difficulté des encyclopédies mnémotechniques naît du fait qu'elles n'arrivent pas à trouver un critère unitaire de corrélation, et cela à cause de la métaphysique influente à laquelle elles se réfèrent ou dont elles ressentent les effets: la doctrine des signatures.


II.2.4 Les signatures et la rhétorique de la ressemblance

Selon cette croyance, il existerait des liens entre certains objets du monde. Pour que ces liens ne demeurent pas occultes, Dieu aurait placé des signatures sur les objets: telle fleur ressemble à la forme d'un oeil parce qu'elle sécrète un médicament qui soigne les yeux. Certaines plantes seront donc nommées en fonction de leur ressemblance physique avec quelque chose d'autre, d'autres en fonction de leur vertu médicinale. Agrippa avait conçu tout un regroupement sous le qualificatif "solaire": le feu, le sang, les saveurs violentes, l'or, le lion, etc. Ce procédé sémiosique ne fonctionne que si l'on adopte la souplesse et la tolérance de la pensée magique.

Le but d'une mnémotechnique devrait être de réduire à une combinatoire très économique et à une règle de corrélation élémentaire et intuitive aussi bien l'univers des artifices expressifs que l'univers des choses à mémoriser. Au contraire, les mnémotechniques de la Renaissance et du baroque furent dominées par le démon de la sémiosis hermétique.


II.3 Le discours alchimique et le secret différé

Eco consacre de nombreuses pages à décrire le langage cryptique des alchimistes qui utilisaient des dizaines de mots différents, souvent très imagés, pour parler des mêmes choses.


II.4 Soupçon et gaspillage interprétatif

L'interprétation soupçonneuse : par exemple, le détective et le scientifique soupçonnent par principe que certains phénomènes, évidents mais apparemment insignifiants, peuvent être l'indice de quelque chose de non évident. Mais la surévaluation des indices, due à ce que l'auteur appelle un excès d'étonnement, engendre des interprétations erronnées.

Eco note que dès que le texte devient « sacré », au sens religieux ou profane, il se déchaîne à son égard le jeu de la lecture soupçonneuse (en quête de messages cachés) et donc d'une interprétation excédente. Il illustre son propros à partir des multiples ouvrages d'interprétation portant sur l'oeuvre de Dante.


III Le travail de l'interprétation

III.1 Critères d'économie

Eco discute la lecture que fait Hartman d'un poème de Wordsworth. Il explique que certains aspects de l'interprétation peuvent être jugés excédentaires, sans qu'ils soient pour autant illégitimes. Les indices peuvent être légers, l'important pour Eco est qu'ils fassent système (isotopie).

Au sujet de la métaphore, Eco note qu'on peut dire, par exemple, « Achille est un lion », parce que l'un et l'autre sont courageux comme bien peu le sont ; mais on ne saurait dire « Achille est un canard » sous prétexte qu'ils sont tous deux des animaux bipèdes - le trait souligné est trop général.

Un texte suscite d'infinies lectures sans pour autant autoriser n'imorte quelle lecture possible. Si l'on ne peut dire quelle est la meilleure interprétation d'un texte, on peut dire lesquelles sont erronées. (p.130)

Tout acte de lecture est une transaction difficile entre la compétence du lecteur et le type de compétence qu'un texte donné postule pour être lu de manière économique.

Entre l'inaccessible intention de l'auteur et la discutable intention du lecteur, il y a l'intention transparente du texte qui réfute une interprétation inacceptable. (p.142)

Eco termine cette partie en commentant certaines interprétations qui ont été faites de ses oeuvres romanesques. Il montre des cas de surinterprétation indéfendable, et d'autres bien argumentés qu'il admet volontiers même si en tant qu'auteur empirique, il n'a pas consciemment cherché à soutenir ces interprétations au moment de l'écriture.

III.2 Sur l'interprétation des métaphores

En cherchant à cerner le mécanisme d'interprétation de la métaphore, Eco est amené à se pencher sur le sens littéral - qu'il appelle le degré zéro du sens. Revenant ensuite à la métaphore, il montre l'importance du contexte et de l'intertextualité dans l'interprétation qu'on en fait.

III.3 Faux et contrefaçons

Eco soulève d'emblée la difficulté de définir ce qui est faux et ce qui est authentique - les définitions dépendent de ce dont il est question. Dans tous les cas, la condition suffisante pour qu'il y ait contrefaçon est que l'on affirme que l'objet A est l'objet B. Quelque chose n'est donc pas un faux à cause de ses propriétés internes, mais en vertu d'une identité prétendue. Toutefois, un roman qui prétend relater des événements historiques qu'on sait n'être jamais survenus n'est pas faux pour autant, à cause du pacte fictionnel qui unit l'auteur et le lecteur.

Eco présente une typologie du faux qui inclut et décrit une vingtaine de cas distincts.

Il montre que les stratégies philologiques qui permettent de démasquer les faux et les contrefaçons ne suffisent pas à garantir l'authenticité d'un original. Les jugements d'authenticité sont le fruit de raisonnements persuasifs, fondés sur des preuves vraisemblables, et nous acceptons ces preuves parce qu'il est raisonnablement plus économique de les accepter que de passer notre temps à les mettre en doute.


III.4 Petits mondes

Les mondes possibles sont des constructions culturelles. Mais la métaphore « Paul est un lion » ne renvoit pas à un monde parallèle où Paul serait véritablement un lion, elle ne sert qu'à transférer certaines des propriétés du lion vers Paul. Par contre, lorsque quelqu'un déclare « Je croyais que ton bateau était plus grand que ce qu'il est », c'est qu'il entretenait dans son imaginaire l'image d'un bateau différent de celui qu'il aperçoit dans le monde réel.

La notion de monde possible est utile pour une théorie de la narrativité car elle aide à décider en quel sens un personnage narratif ne peut communiquer avec ses contreparties du monde actuel. Parmi les mondes possibles, il y a des mondes vraisemblables, invraisemblables et inconcevables.

Dans une phrase telle que : « Je bus les quelques gouttes qui s'écoulaient du robinet d'eau douce », le lecteur est appelé à conclure qu'il existe sans doute dans ce monde particulier des robinets d'eau salée - sinon pourquoi préciserait-on « d'eau douce » ?

L'interprétation sémantique résulte du procédé par lequel le lecteur, placé devant une manifestation linéaire du texte, la remplit d'un sens donné. L'interprétation critique est en revanche une activité métalinguistique visant à décrire et à expliquer pour quelles raisons formelles un texte donné produit une réponse donnée.

Au Lecteur Modèle, on ne demande pas seulement de faire preuve d'une flexibilité et d'une superficialité énormes, on requiert aussi de lui une immense bonne volonté. Si le Lecteur Modèle se comporte ainsi, il jouira de l'histoire. Sinon, il sera condamné à une recherche encyclopédique éternelle. Il se peut qu'il y ait certains lecteurs pour se demander comment s'appelait le grand-père de Charles Bovary. Mais de tels lecteurs méticuleux ne seraient pas le Lecteur Modèle. Ils sont à la recherche de mondes maximaux, alors que le genre narratif ne survit qu'en jouant sur des petits mondes.

IV. Les conditions de l'interprétation

S'adressant à une assemblée d'immunologistes, Umberto Eco explique les concepts les plus fondamentaux de sa science.

La sémiosis est un phénomène, la sémiotique est un discours théorique sur les phénomènes sémiosiques. Selon Peirce, la sémiosis est une action qui implique une coopération de trois sujets  le signe (ex. le mot rose), son objet (la vraie fleur matérielle) et son interprétant (le concept de la fleur rouge). Ce qui est important dans la définition de Peirce, c'est qu'elle ne prend en considération aucun interprète ou sujet conscient.

Eco insiste pour dire qu'il faut distinguer entre système de signification (système de signes) et processus de communication (qui nécessite la présence d'un interprète).

Un système syntaxique : une série d'éléments et une règle combinatoire régissant la disposition des éléments entre eux.

Un système de signes (système sémiotique) : des séquences acceptables d'un système syntaxique associées à un autre système (ex. e+a+u = eau = liquide transparent que l'on boit).

Dans un système sémiotique, n'importe quel contenu peut devenir à son tour une nouvelle expression qui peut être interprétée, ou substituée, par une autre expression. Ainsi, la combinaison e+a+u signifie eau, qui à son tour peut être interprété par H2O, puis par « liquide potable transparent » ou par une image représentant l'eau.

Abduction : processus inférentiel qui s'oppose à la déduction. À partir d'un résultat, on tente de formuler une règle ; à partir d'un mot et de son contexte, on tente d'interpréter correctement la signification du mot.

IV.2. Cornes, sabots, chaussures : trois types d'abduction

Eco examine la relation entre définition et syllogisme par le biais d'un texte d'Aristote. Il continue sa réflexion à l'aide de la théorie de Peirce.

Les deux types de raisonnement inférentiel de Peirce : l'hypothèse (la règle inférée existe déjà) et l'abduction (inférence et règle doivent être postulées). Le texte de Voltaire, Zadig, sert ensuite à examiner de plus près le fonctionnement de l'abduction (dont Eco donne quatre modèles). Eco montre aussi la différence entre indice (directement lié à l'agent) et symptôme (indirectement lié à l'agent).

Reconnaître une série comme séquence cohérente (c'est-à-dire comme texte) signifie trouver un topic textuel qui établit une relation cohérente entre diverses données sans liens entre elles. L'identification d'un topic textuel est un cas d'effort abductif. Tout interprète d'un texte accomplit des abductions pour choisir entre les nombreuses lectures possibles de celui-ci.

Les critères d'économie nous imposent de toujours choisir l'option la plus simple - lorsqu'il y a absence de tout autre outils de sélection.

Eco analyse deux cas d'abduction tirés de Sherlock Holmes.


IV.3. Sémantique, pragmatique et sémiotique du texte

Eco parle de sémiosique générale pour décrire le processus de compréhension qui nous fait saisir la réalité dans son ensemble; pour d'autres, cet exercice doit être morcelé selon différentes sciences: dire que les wagons-lits sont des véhicules relève de la sémantique; dire qu'ils sont chers relève de la pragmatique; dire qu'ils sont le symbole de réussite sociale relève de la sociologie; dire qu'ils sont situés au centre du convoi relève de la syntaxe.

Charles Morris fut le premier à établir une division de la sémiotique en syntactique, sémantique et pragmatique. Eco fait une longue et minutieuse critique de sa théorie.

Eco termine cette section en faisant le tour des théoriciens, d'une manière plutôt décousue et superficielle, pour montrer l'inter-relation de la pragmatique, de la sémantique et de la sémiotique du texte, trois disciplines qu'il considère indissociables.


IV.4. Sur la présupposition

Eco explique qu'il n'y a pas de notion rigide de la présupposition, que les définitions sont plus ou moins englobante selon les auteurs. Parmi les exemples qu'il donne, on retrouve :
« Jean a accusé Marie d'être riche », le verbe de jugement présuppose que c'est mal d'être riche ;
« Jean a arrêté de boire », le verbe de changement présuppose qu'avant Jean buvait.

Les présuppositions impliquent la présence de deux types d'information : l'une de fond (la présupposition comme telle), l'autre en relief (le message actuel). Ex.: dans Jean est retourné à New York, on trouve l'information en relief : il est allé à New York ; et l'information de fond : il y était déjà allé auparavant.

Eco souligne l'importance de ne pas confondre la présupposition avec l'inférence. Lorsqu'on parle de l'homme, on parle de l'animal bipède sans plumes, mais ces propriétés ne sont pas présupposées, elles sont contenues dans le mot homme, elle le définissent.

Les termes-p (p pour présupposition) sont des termes (ici des verbes surtout) qui portent en eux des présuppositions : accuser, blâmer, regretter, réussir, etc. Eco les définit en utilisant un langage logique complexe et en leur faisant passer le test de la négation (lorsqu'on nie la phrase, l'information de fond doit rester vraie, seule l'information en relief doit devenir fausse). Ainsi, si je nie que Jean soit retourné à New York, je nie seulement qu'il n'y soit pas, je ne nie pas qu'il y soit déjà allé.

Les présuppositions existentielles que sont les noms propres ont un pouvoir positionnel : elles donnent comme un fait acquis l'existence d'individus que le destinataire ne connaît pas nécessairement. Ex.: Paul est chauve peut être vrai ou faux, mais l'existence de Paul n'est pas mise en doute.


IV.5. Charles Sanders personal : modèles d'interprétation artificielle

Conversation entre un homme et un ordinateur extraterrestre, où l'homme essaie de saisir les mécanismes de pensée des Antipodiens -- et où Eco en profite pour expliquer sa théorie de l'interprétation.


IV.6. Sémiosis illimitée et dérivée

Retour sur les deux conceptions historiques de l'interprétation :

1) D'un côté, on assume qu'interpréter un texte signifie mettre en lumière la signification voulue par l'auteur ou, en tout cas, sa nature objective, son essence qui, en tant que telle, est indépendante de notre interprétation.

2) D'un autre côté, on assume au contraire que les textes peuvent être infiniment interprétés (par ex., la sémiosis hermétique).

Rappel: avec la sémiosis hermétique, le signifié d'un mot donné ou d'une chose donnée n'était qu'un autre mot ou une autre chose, n'importe quelle chose dite n'était qu'une allusion ambiguë à quelque chose d'autre. Le signifié d'un texte était ainsi toujours postposé, et le signifié final ne pouvait être qu'un secret inaccessible.

Eco compare la sémiosis illimitée de Peirce à la dérive hermétique, puis à la déconstruction. Pour cette dernière comparaison, il se penche sur l'usage que fait Derrida de la théorie de Peirce. De manière générale, Eco semble trouver que Derrida va beaucoup trop loin dans son interprétation des textes de Peirce.



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