«C'est aux chercheurs de "L'École de Constance", sous le terme générique de "théorie de la Réception" que revient le mérite d'avoir ouvert la voie - si l'on excepte, bien entendu, les précurseurs comme Mallarmé, Valéry et quelques autres» (p.1)
Cogez remet en question l'utilisation du modèle de communication en théorie de la réception: «tout d'abord les deux interlocuteurs, l'écrivain et le lecteur, ne sont jamais en présence l'un de l'autre, ensuite le récepteur peut à tout moment, même au milieu d'une phrase, interrompre la communication, il peut cesser sa lecture sans autre forme de procès, il peut revenir en arrière, il peut relire le texte autant de fois qu'il le désire [...] Cet emploi du concept de communication se trouve donc invalidé dans la mesure où à aucun moment et en aucune manière un texte littéraire ne peut être considéré et analysé comme un dialogue au niveau réel». (p.2)
«En ce qui concerne l'intentionnalité communicative de l'écrivain, on peut dire avec W. Iser, que plus le scripteur contrôle les effets de son texte (c'est-à-dire plus ceux-ci sont effectivement réalisés et ce, à la limite, quel que soit le lecteur) moins il y a de "texte" (au sens barthésien de corps à corps acharné contre les stéréotypes d'écriture).» (p.2)
Cogez cite un passage important de Frans Rutten: «La lecture est un acte orienté vers un certain but, elle vise certains effets, elle est par conséquent inspirée par des motifs et des mobiles spécifiques. (Frans Rutten)» Rutten englobe ces motifs et mobiles sous le terme «motivations de lecture».
A propos des circonstances dans lesquelles un texte est lu: «un véritable "dossier" pourrait donc se constituer à propos de toutes expériences de lecture précise dans la mission serait d'en pointer l'entière singularité.» (p.3)
Se plaçant dans la perspective de la pragmatique, Cogez souligne que le texte littéraire est alors «envisagé comme un déclencheur, un embrayeur d'attitudes, de comportements, d'idées, d'affects, etc.» (p.4)
«travail de lecture qui se donne les moyens d'apprécier le travail d'écriture mais qui ne peut se poursuivre sans le salaire immédiat du plaisir» (p.4-5)
Cogez émet quelques hypothèses sur le lecteur de pièces de théâtre, qui préfère imaginer lui-même la pièce grâce aux didascalies, plutôt que de la voir jouer. Il fait de même avec le lecteur de "fragments" (aphorisme, maxime, etc.), qui veulent en apprendre le plus possible sur les hommes: «il y a sans doute, chez le lecteur de fragments, une motivation, puissamment illusoire, qui tourne autour de la possibilité de parvenir rapidement à l'essentiel». (p.9)
Toujours à propos de l'aphorisme: «un puissant déclencheur d'émotions dans la mesure où le soin de l'analyse, du développement de l'anecdote, est laissé au lecteur: c'est à lui, s'il le désire, d'y greffer son histoire». (p.10)
Les trois styles: direct, indirect et indirect libre.
En parlant des personnages de Proust, Cogez utilise le terme sociolecte: «traits discursifs du groupe social ou professionnel auquel il appartient». (p.12) On ne comprend pas bien pourquoi Cogez s'attache si longuement dans cet article à Proust: «On peut donc prendre le texte de Proust comme une ample leçon sur la parole, sur tous les phénomènes qui la composent et le lire, le relire en suivant tel ou tel fil discursif, tel ou tel registre de langage, selon notre prédilection du moment». (p.13)
L'article se termine sur des réflexions sur la Recherche du temps perdu, sans qu'on comprenne bien le lien avec ce que le titre de l'article annonçait.