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L'effet de réel

par
Roland Barthes
1968



Bref aperçu



Résumé

Barthes s'intéresse ici à ce qu'il appelle les "détails inutiles" d'une narration: ces courts passages qui échappent à l'analyse structurale (analyse qui s'occupe des grandes articulations du récit). Il donne l'exemple du baromètre de Flaubert dans: "un vieux piano supportait, sous un baromètre, un tas pyramidal de boîtes et de cartons", ainsi qu'un exemple tiré de Michelet.

Ces détails inutiles n'ont, selon Barthes, aucune autre fonction que de produire un effet de réel.

"Même s'ils ne sont pas nombreux, les "détails inutiles" semblent donc inévitables: tout récit, du moins tout récit occidental de type courant, en possède quelques-uns."

Le détail inutile est aussi appelé "notation insignifiante" (i.e. notation soustraite à la structure sémiotique du récit).

Le détail inutile est associé à la description par opposition à la narration, car la description "n'est justifiée par aucune finalité d'action ou de communication."

Barthes rappelle toutefois que la culture occidentale a donné une finalité à la description, celle du "beau": la description a eu pendant longtemps une fonction esthétique.

L'Antiquité: deux genres de discours fonctionnels, le judiciaire et le politique, plus un troisième genre, l'épidictique (discours d'apparat, assigné à l'admiration et non plus à la persuasion).

Barthes note que chez Flaubert, "la fin esthétique de la description est encore très forte." La description n'est pas justifiée par la logique de l'oeuvre, mais par les lois de la littérature. La description de Flaubert ajoute aux contraintes esthétiques des contraintes de réalisme.

"Les résidus irréductibles de l'analyse fonctionnelle ont ceci de commun, de dénoter ce qu'on appelle couramment le "réel concret"." Qu'importe l'infonctionnalité d'un détail, le réel concret devient la justification suffisante du dire.

Barthes note que le discours historique est le modèle de ces récits remplis de notations structuralement superflues.

Le réalisme - tout discours qui accepte des énonciations créditées par le seul référent.

Barthes parle d'illusion référentielle et d'effet de réel.



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