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L'industrie du livre au Québec

Les éditeurs québécois

Pour une liste complète des éditeurs québécois, consultez la page du libraire.org, à
http://www.lelibraire.org/accueil_choix.asp?type=fran


Écrivain = crève faim?

«Une enquête réalisée auprès des écrivains du Québec révèle qu'à peine 9 pour cent d'entre eux peuvent vivre de leur art», annonce un article électronique sur le site www.canoe.com, le 1er mai 2003. L'article poursuit: «Près des deux tiers, soit 60 %, ont un autre travail rémunéré comme première source de revenus, tandis que 10 pour cent d'entre eux ont comme principale source de revenus les bourses d'aide à la création. L'enquête menée par l'Observatoire de la culture et des communications du Québec démontre également qu'il existe des différences significatives entre les revenus des écrivaines et ceux des écrivains.» De telles données devraient faire réfléchir ceux qui songent à écrire dans le but de devenir riches... mais également sensibiliser nos gouvernements aux difficultés financières de nos auteurs.

Le Conseil des Arts et des Lettres du Québec

Comment se répartit l'aide financière du Conseil ?

En 1998-1999, le Conseil a versé 36 239 634 $ en subventions aux organismes artistiques québécois et 6 224 941 $ aux artistes professionnels.

Les fonds ont été répartis de la façon suivante entre les différentes disciplines : 15 153 424 $ (35,7 %) au secteur du théâtre ; 11 697 208 $ (27,5 %) à la musique et à la chanson ; 7 613 607 $ (17,9 %) au secteur des arts visuels et des arts médiatiques qui comprend également les métiers d'art et l'architecture ; 5 382 305 $ (12,7 %) à la danse ; 1 847 726 $ (4,4 %) à la littérature et 770 305 $ (1,8 %) aux arts multidisciplinaires.

Quel est le budget du Conseil ?

En 1998-1999, les dépenses totales du Conseil représentaient 46 928 536 $. Plus de 90 % de ce montant, soit 42 464 575 $, ont été distribués sous forme de bourses et de subventions aux artistes et aux organismes artistiques québécois. Les frais d'administration du Conseil sont inférieurs à 10 % de son budget global.


Redevances DPP et COPIBEC

En 2003, 61 000 titres étaient inscrits au DPP, pour 14 750 auteurs.

En février 2000, la Commission du droit de prêt public (DPP) a partagé 8 052 114 $ parmi les 12 148 auteurs canadiens inscrits à son registre, qui compte 45 655 titres. Les paiements minimum et maximum cette année ont été de 25 $ et 3 445 $ respectivement.

Ce programme du Conseil des Arts du Canada existe depuis 1986. Il vise à reconnaître la contribution culturelle que les auteurs font à la société par la présence de leurs ouvrages dans les bibliothèques publiques et universitaires du Canada. La Commission du DPP est formée de 11 écrivains, 4 bibliothécaires, 2 éditeurs, 1 représentant de Patrimoine Canada et 1 représentant du Conseil des Arts du Canada. Le Canada est le seul pays d'Amérique à avoir un programme du DPP - 34 autres pays dans le monde reconnaissent le principe du DPP, la France fera de même en 2004.

De son côté, la Société québécoise de gestion collective des droits de reproduction (COPIBEC) a effectué sa première distribution de redevances de type forfaitaire (qui ne tient pas compte du nombre de copies déclarées). Elle a ainsi remplacé dans ce rôle l'Union des écrivains du Québec (UNEQ) qui s'est occupé du programme de 1983 à 1998. Le fonds de 744 840 $ a été partagé entre plus de 7000 auteurs et quelque 300 éditeurs québécois. Ce montant est constitué des redevances versées par le Gouvernement fédéral de 1994 à 1997, par le ministère de l'Éducation et par les établissements d'enseignement. Il s'agissait de redevances non distribuées faute d'ayants droit connus. Les redevances ont été partagées entre les auteurs (65 %) et les éditeurs (35 %).

Délai de publication

Supposons que je termine un roman le 1 janvier et que je le mette à la poste le même jour: il faudra environ une semaine pour qu'il arrive entre les mains de l'éditeur. Celui-ci devra alors le lire ou, plus souvent, le faire lire par un comité restreint de deux ou trois personnes. Mais comme tous ces individus ont généralement d'autres occupations familiales et professionnelles (l'éditeur y compris), et que d'autres manuscrits ont probablement été reçus avant le mien, mon roman ne sera sans doute pas examiné avant trois semaines, ce qui nous amène au 1 février.

Avec un peu de chance, le comité de lecture ne prendra pas plus qu'un mois pour rendre une décision et recommander ou non la publication de l'oeuvre, mais cela pourrait facilement aller jusqu'à deux mois, si ce n'est pas plus. Le 1 avril, l'éditeur qui a reçu des rapports favorables de son comité de lecture doit prendre la décision finale (une semaine) et en avertir l'auteur (une autre semaine). Le 15 avril, je peux sauter de joie car j'apprends que mon roman est accepté pour publication. La semaine suivante, je fais parvenir la disquette contenant la version électronique de l'oeuvre, et la semaine d'après l'éditeur fait imprimer un premier jeu d'épreuves qu'il remet à son correcteur. Un mois plus tard, soit le 1 juin, la première version corrigées et annotées revient à l'éditeur qui la fait parvenir, la semaine suivante, à l'auteur pour qu'il la passe en revue et indique s'il accepte ou refuse chacune des suggestions du correcteur.

En procédant rapidement, mais méticuleusement, je prends deux semaines pour compléter mon travail et je renvoie le tout à l'éditeur par la poste, la semaine suivante. Le 1 juillet, l'éditeur est en mesure d'incorporer ou de faire incorporer les corrections et modifications que l'auteur a retenues; cette étape peut facilement prendre deux semaines, après quoi un second jeu d'épreuves est imprimé et envoyé de nouveau au correcteur. Avec encore beaucoup de chance, le second jeu d'épreuves revient le 1 août entre les mains de l'éditeur qui le fait parvenir à l'auteur; si les corrections restantes sont peu nombreuses, il n'y aura pas d'autre jeu d'épreuves, et le 1 septembre l'éditeur sera prêt à incorporer les derniers changements en vue d'imprimer la version finale, deux semaines plus tard.

À la fin de septembre, le roman est chez l'imprimeur et attend sagement son tour: il faudra que chaque page soit photographiée. Pendant ce temps, l'éditeur s'occupe de faire préparer la couverture du livre: l'auteur est encouragé à suggérer une toile, à moins que le livre fasse partie d'une collection à l'apparence prédéterminée.

Le 1 novembre, le livre est enfin prêt. L'auteur reçoit ses vingt exemplaires gratuits et une date pour le lancement est arrêtée. On décide de mettre le roman sur le marché le 1 décembre, afin qu'il soit sur les tablettes des libraires pour les achats de Noël. Onze mois se sont écoulés entre la fin de l'écriture et l'apparation du livre en librairie.

Tout ce processus vous est peut-être apparue exagérément long. Dans le cas des auteurs vedettes, vous avez raison: leurs livres se retrouvent beaucoup plus rapidement en librairie. Mais pour tous les autres auteurs moins connus, ma simulation reflète la réalité avec même trop d'optimisme: en vérité, c'est en moyenne 18 mois qu'un auteur doit attendre avant de voir son oeuvre être accessible au public!

Répartition des revenus

Les livres coûtent cher, vous avez raison. Mais savez-vous combien reçoit l'auteur sur la somme que vous déboursez? Seulement 10 %. Le libraire garde 40 %, le distributeur se prend 20 % et la maison d'édition reçoit ce qu'il reste, soit 20 %. Mais si le livre est vendu par Club Price, 58 % du prix de vente reste entre les mains du magasin! Vous comprendrez mieux pourquoi Club Price parvient à vendre les livres moins cher: ses prix sont plus bas, mais le magasin garde une plus grande part. Si cette stratégie est bonne pour le consommateur, elle n'est pas aussi bonne pour l'industrie du livre.

Best-seller

Qu'est-ce qu'un best-seller au Québec? Serait-ce un livre qui se vend à 50 000 exemplaires, à 100 000 exemplaires? Vous êtes loin du compte. Il suffit de vendre 1500 exemplaires d'un livre au Québec pour que celui-ci soit considéré comme un best-seller. Cela donne une idée de la petitesse du marché!

Et méfiez-vous des listes de best-sellers: elles ne sont pas constituées, comme on si attendrait, à partir uniquement des rapports de vente. Elles sont, en fait, le reflet des préférences des libraires; elles se veuillent des listes de suggestions des livres les plus intéressants. Pour sauvegarder l'image de la littérature, on ne fait donc pas figurer les livres de recettes sur les palmarès, alors qu'ils sont souvent ceux qui se vendent le plus.

Résultats de l'année fiscale 1996-97

Au début de juillet 1998, Statistique Canada nous apprenait que les éditeurs et diffuseurs de livres sous contrôle canadien ont touché près des deux tiers (65 %) des recettes totales d'édition en 1996-1997 (1er avril au 31 mars). Toutefois, ils ont été moins rentables que leurs concurrents sous contrôle étranger.

Au total, les 562 éditeurs et diffuseurs exclusifs de livres au Canada ont déclaré des recettes totales légèrement inférieures à 2,0 milliards de dollars, pour des bénéfices se chiffrant à 75 millions de dollars.

Les recettes déclarées par les éditeurs et diffuseurs de livres sous contrôle canadien se sont chiffrées à près de 1,3 milliard de dollars, alors que les recettes déclarées par les entreprises sous contrôle étranger ont atteint 690 millions de dollars. En revanche, les bénéfices ont représenté 3,0 % des recettes pour les entreprises canadiennes, par rapport à 5,4 % pour les entreprises étrangères.

En 1996-1997, les éditeurs de livres ont publié 11 400 nouveaux ouvrages et 7 541 réimpressions. Ensemble, les éditeurs et diffuseurs exclusifs de livres ont employés 7 362 employés à temps plein et 1 399 employés à temps partiel. Ils ont versé 327 millions de dollars en salaires, honoraires et frais de consultants et de sous-traitance.

L'industrie de l'édition en Ontario était à la tête du pays avec des recettes de 1,4 milliard de dollars, soit 71 % des recettes totales. Ensemble, l'Ontario et le Québec ont récolté 95 % des recettes totales. Les entreprises du Québec ont été plus rentables que celles de l'Ontario: les entreprises québécoises ont déclaré des bénéfices avant impôt de 4,7 % de leurs recettes, par rapport à 3,7 % pour les entreprises ontariennes (mais les subventions gouvernementales expliquent en partie cet écart: 3,5 % des recettes totales des éditeurs et diffuseurs du Québec ont été sous forme de subventions, contre seulement 1,0 % pour les éditeurs et diffuseurs de l'Ontario.

Les subventions gouvernementales se sont chiffrées à 40 millions de dollars.

Les ventes intérieures (par opposé aux exportations) ont généré les trois quarts des recettes totales des éditeurs et des diffuseurs de livres en 1996-1997. Les livres pour la jeunesse ont représenté environ 1 nouvel ouvrage sur 10.