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La lecture entre déchiffrement et automatisation

par
Christian Vandendorpe
1994



Bref aperçu



Résumé
Sujet: la lecture considérée comme un déchiffrement exigeant d'énormes ressources cognitives, et qui pour s'en sortir, compte sur les automatismes que développe le cerveau.

Automatisme VS attention

Henri Bergson: l'automatisme à la base du rire

"Événement cognitif": événement plus mémorable que d'autre, plus significatif parce que plus déroutant, moins programmé.

Charles Sanders Peirce: le sens est le produit de nos habitude de pensée.

"La question des automatismes ne suscitera guère de travaux durant une bonne partie du XXe siècle, avant de refaire surface avec les études sur le phénomène de l'attention au lendemain de la seconde guerre mondiale."

Behaviorisme et psychanalyse: deux grandes écoles psychologiques profondément antagonistes.

Chez Freud: la théorie des lapsus.

Vandendorpe constate qu'il existe encore un clivage dans les études sur le fonctionnement cognitifs qui se divisent selon deux paradigmes: premier groupe, le conscient en opposition à l'inconscient; second groupe, oppose les processus placés sous le contrôle du sujet à ceux qui sont automatiques.

Définition de l'automatisme empruntée à W. Schneider: "Un traitement automatique est un processus rapide, mené en parallèle et extrêmement aisé, qui n'est pas limité par la capacité de la mémoire à court terme, n'est pas sous le contrôle direct du sujet, et permet d'exercer des comportements spécialisés très performants".

Mémoire à court terme: les expériences de G.A. Miller la révèle limitée à sept éléments, plus ou moins deux.

Vandendorpe note que "la plupart des activités automatiques résultant d'un apprentissage vont aussi mettre en jeu, à des degrés divers, des processus de contrôle." Processus automatique VS processus exigeant un contrôle conscient, deux extrêmes d'un même continuum.

Exemples d'automatismes en lecture:
  • la reconnaissance des lettres, quelle que soit la taille ou la police de caractère;
  • la transformation d'une lettre en l'équivalent phonique;
  • la reconnaissance des mots;
  • les structures syntaxiques (pour le lecteur expert - pas besoin d'une réflexion grammaticale pour élucider les rapports entre les mots);
  • certains traitements sémantiques.
Le test de Stroop: lire à haute voix et le plus vite possible des mots de couleur (rouge, vert...) écrits de diverses couleurs. Les lecteurs novices se trompent moins parce qu'ils ont moins recours à des automatismes.

La classification par de Beaugrande des profondeurs de traitement en lecture (traitement des lettres, des mots, de la syntaxe, des concepts, des idées et des intentions de l'auteur).

A propos des textes produits sur un modèle sériel: "En offrant au lecteur des configurations événementielles et thématiques stables, ces ouvrages exigent une attention et un investissement cognitif peu élevé de la part du lecteur et se prêtent bien à une lecture fragmentaire." Par contre, ces textes laissent peu de trace dans la mémoire à long terme.

L'attention est réservée au niveau les plus élevés: ainsi on se souvient du thème d'un texte, mais pas des mots utilisés ni parfois dans quelle langue était le texte.

Pour les lecteurs d'épreuves, c'est l'inverse: ils se forcent à porter attention aux mots et à la syntaxe, et ne se souviennent pas du contenu des textes.

L'écrivain doit déjouer les processus d'automatisation pour assurer que son texte laissera une empreinte mémorable.

Vandendorpe examine les procédés utilisés en poésie pour déjouer les automatismes de lecture; puis il regarde du côté de l'écriture romanesque (les différentes façons de structurer le récit). Il parle d'une "rhétorique de l'ambiguïté".



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