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L'écrivain et son lecteur

par
André Brochu
2004 (2003)



Bref aperçu



Résumé

Discours d'ouverture au colloque annuel de l'Académie des lettres du Québec, octobre 2003.

André Brochu rappelle les faits concernant le Québec: «le lecteur, plus souvent encore, est une lectrice.» (p.13)

«l'acte de lecture, au cours duquel une conscience s'approprie le contenu d'une autre conscience selon des modalités très personnelles.» (p.16)

«Un excellent écrivain n'est pas toujours un lecteur performant, et vice versa.» (p.17)

«L'écrivain est déjà son propre lecteur, il se relit sans cesse en cours de travail pour parfaire l'expression de sa pensée et relancer le processus de l'écriture, il se relit pour objectiver son texte et donc se percevoir par les yeux des autres, des lecteurs qu'il veut atteindre. Pas d'écriture sans relecture, l'écrivain se constitue lui-même son propre public.» (p.18)

«On ne peut créer dans un vide de formes, d'images et d'idées. Créer, c'est s'associer à un effort collectif visant à remuer le ciel et la terre reçus en héritage, à défaire et refaire les effigies du monde. L'écrivain ne peut donner à lire s'il n'est lui-même un lecteur, capable de s'associer pleinement à la création des auteurs qu'il fréquente.» (p.18)

«la pratique d'une lecture de lecteur et non de simple liseur. Le liseur est passif, le lecteur est actif, il écrit ce qu'il lit.» (p.18-19) Malheureusement, Brochu ne développe pas cette différence entre liseur et lecteur.

«L'écrivain n'écrit-il pas pour le lecteur, à sa place, ne tient-il pas le stylo qui révèle le lecteur à lui-même et qui le crée tout de mots, fait de lui un créateur?» (p.19)

«les lecteurs ont souvent des rapports directs avec les écrivains qui les fournissent en créations originales, ils les rencontrent dans des soirées organisées par les bibliothèques, dans des colloques, des séances de lecture, un rapprochement général s'est fait entre consommateurs et producteurs de littérature.» (p.25)

«L'écrivain actuel [...], il doit viser à l'originalité, même si l'objectif devient de plus en plus problématique dans un marché saturés d'histoires.» (p.25)

«le roman postmoderne a retrouvé les éléments traditionnels de la narration, l'intrigue, le personnage aussi sans doute, le quotidien, le vraisemblable, mais généralement libérés de leur référence à l'humain, imprégnés d'un réalisme magique qui les rend à la fois plus séduisants et plus inconsistants, créatures de papier, de métaphores, pure affaire de langage.» (p.26) Et de ceux qui écrivent ces romans postmodernes au réalisme magiques, Brochu dit: «les prestidigitateurs capables de tout suggérer, mais qui n'édifient que de fragiles châteaux de langage.» (p.27)



Examen critique