Les auteurs rappellent ce qu'ils entendent souvent: «Fondamentalement non linéaire, il [l'hypertexte] constituerait une combinaison idéale de la stabilité scripturale et de la virtualité typique de la cyberculture. Lieu de l'interaction accomplie du texte et du lecteur, l'hypertexte apparaît révolutionner non seulement la lecture, enfin débarrassée de la passivité qui caractérisait son rapport au langage, mais aussi le rôle de l'auteur, celui-ci n'étant plus qu'un orchestrateur cédant son autorité au lecteur.» p.36
«l'hyperfiction est présentée comme l'issue logique d'une évolution de la narrativité, brisant les contraintes du papier, celles de son autorité et de sa linéarité. [...] Ces clichés circulent dans une bonne part des travaux sur l'hyperfiction. Nous n'y souscrivons pas.» p.37
«Aussi nous semble-t-il nécessaire d'éviter le fétichisme de la technologie et l'apologie de la liberté du lecteur pour observer plutôt les réglages discursifs et cognitifs de la lecture, en particulier les répercussions de ces derniers sur la reconstitution - par le lecteur - d'une histoire un tant soit peu cohérente.» p.38
«en prenant pour exemple cette (très) courte nouvelle d'Augusto Monterroso: "Quand il se réveilla, le dinosaure était encore là." [...] Contextualisation insuffisante, déictiques et pronoms sans référent, tout cela fait que la reconstitution de l'histoire peut difficilement avoir lieu.» p.39
«L'accroissement de la "liberté" du lecteur (à travers la levée des contraintes textuelles) ne mène vraisemblablement pas à une participation élargie de sa part (mesurable en nombre d'inférences), mais plutôt à une suspension du processus inférentiel lui-même.» p.40-41
«Le champ des inférences produites par le lecteur est en principe immense, mais dans les faits il est restreint et structuré par une question préalable: qui est le coupable?» p.42
Expressions utilisés: «élaborer ou non des cheminements interprétatifs (p.42) / les axes de pertinence (p.42) / lecture narrative (p.44)»
«aboutissent souvent à une terminaison bien plus qu'à un dénouement qui donnerait rétrospectivement une unité dynamique à l'intrigue» p.44
«sentiment d'empowerment que l'hyperfiction susciterait chez son lecteur» p.44
«le dispositif herméneutique inhérent au récit policier (découvrir la solution qui se tapirait "derrière" le récit, comme si elle avait une existence autonome)» p.46
«paramètres impliqués dans la lecture narrative (les hypothèses et inférences du lecteur, les axes de pertinence sur lesquels il s'appuie, la visée de totalisation)» p.48