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Le Canada et le Québec, depuis 1931

[Période précédente]  

ANNÉE
ÉVÉNEMENTS
1931
— Le pays s'est gagné une grande crédibilité en participant à la première guerre et aux négociations qui l'ont suivie ; si bien que l'Angleterre accorde une pleine autonomie au pays par le Statut de Westminster (formation du Commonwealth). Le Canada peut être considéré à ce moment-là comme un véritable pays indépendant. Déjà en 1923, lors du traité du flétan passé avec les États-Unis, le Canada a signé seul pour la première fois, sans la présence d'un représentant britannique.

— Plus de 60 % des Québécois habitent dans les villes. De 1840 à 1930, plus de 900 000 Québécois ont quitté la province pour aller chercher du travail aux États-Unis (des francophones en grande majorité).
1932
— Grosse-Île, station de quarantaine qui reçoit les immigrants dans l'estuaire du Saint-Laurent, est frappée par de tragiques épidémies de choléra et de typhus jusqu'en 1937.

— L'Académie française remplace l'apostrophe des mots comme « grand'mère », « grand'route », par le trait d'union : grand-mère, grand-route.
1936
— L'Union Nationale (fondée l'année précédente) prend le pouvoir au Québec, avec son chef Maurice Duplessis. Duplessis sera au pouvoir jusqu'en 1939, puis de nouveau de 1944 à 1959. Il se voudra autonomiste, protégeant son esprit conservateur sous le couvert du nationalisme. Duplessis maintiendra le Québec en retard sur le reste du Canada en matière d'éducation, d'économie et dans les lois sociales. Sa mort en 1959 met fin à ce qu'on appelle la période de « grande noirceur » et permet aux éléments de la Révolution tranquille de se mettre en place.
1939
— Adélard Godbout reprend le pouvoir des mains de Duplessis en 1939. Jusqu'à sa défaite de 1944, son gouvernement fera de grands changements : droit de vote aux femmes (1940), instruction publique obligatoire (1942), Assurance-maladie, Bien-être sociale (1944) et création d'Hydro-Québec.
1939-1945
Seconde guerre mondiale. Le Canada appuie financièrement la Grande-Bretagne et envoie de plus 700 000 hommes combattre au front ; 41 000 seront tués. Le Canada s'illustre surtout par sa participation au débarquement de Normandie en juin 1944. Cependant, avant la guerre, le Premier ministre canadien (Mackenzie-King) avait promis de ne pas passer la conscription. Mais il s'y sent forcé pour remplacer les soldats qui sont morts au front et ainsi respecter les engagements du pays envers les alliers. En 1942, Mackenzie-King tient un plébiscite, demandant aux Canadiens de lui permettre de renier sa promesse : les francophone disent non à 80 %, mais parce que les anglophones sont plus nombreux et qu'ils votent oui, le résultat final est 63 % pour le oui ; la conscription est passée. La distinction entre le Québec et le reste du pays ne fait plus de doute.
1941
— 1er juillet : instauration de la Loi sur l'assurance-chômage pour assurer un revenu aux personnes qui se trouvent temporairement sans emploi.
1942
— printemps-été : les U-boot allemands coulent 23 bateaux au large de Matane, Cap-Chat, Saint-Yvon, Gaspé et Percé, faisant 340 morts.
1944
— Instauration du programme fédéral d'allocations familiales, qui donne un paiement mensuel aux familles canadiennes ayant des enfants, sans égard à leur revenu. Le programme sera périodiquement modifié au fil du temps, et changera de nom; on finit par en faire un programme qui s'ajuste en fonction du revenu des familles.

— La France libérée des mains nazies a un gouvernement provisoire mené par le général de Gaulle (c'est de Gaulle qui, réfugié à Londres durant la guerre, encourageait les Français à la résistance). Ce gouvernement prépare et adopte la constitution de la IVe République, qui dure 14 ans et prend fin en 1958 alors que le gouvernement démissionne suite à une longue crise politique. De Gaulle revient pour redresser la situation et fait adopter la constitution de la Ve République (sous laquelle vit encore la France aujourd'hui en 2000). De Gaulle est un personnage marquant de la France ; il redonne au pays, après la guerre, un grand prestige politique grâce à son charisme et à sa volonté de refaire de la France un État indépendant sur le plan diplomatique et militaire.
1945
— Affaire Gouzenko. Un diplomate de l'ambassade soviétique à Ottawa fait défection et met à jour un réseau d'espionnage au Canada. C'est le début de la guerre froide.
1947
— 1er janvier : les Canadiens cessent d'être des citoyens britanniques et deviennent des citoyens canadiens.
1948
— Le Québec adopte son drapeau (le fleurdelisé).
1949
— Terre-Neuve devient la dixième province canadienne.
1950-1953
— Guerre de Corée (les forces des Nations-Unies s'opposent aux forces nord-coréennes et chinoises).

— Aux États-Unis, un premier restaurant McDonald voit le jour en 1950. La chaîne deviendra le symbole de la restauration rapide et de la malbouffe.
1954
— Duplessis crée au Québec l'impôt provincial sur le revenu des particuliers.

— Fondation (par le Dr Paul David et les Soeurs Grises) de l'Institut de cardiologie de Montréal, le deuxième du genre au monde, après celui de Mexico.
1959
— Mort de Maurice Duplessis. Son successeur, son ministre Paul Sauvé, ne sera au pouvoir que quelques semaines ; on ne retient de ce dernier que ce mot : « désormais ». Le parti de l'Union Nationale est battu aux élections par les Libéraux de Jean Lesage. C'est le début de la « Révolution tranquille ».
1961
— Au Québec, formation de la Commission Parent, chargée de proposer une réforme du système scolaire (que critiquait, dans son livre, le frère Desbiens ou frère Untel). Création en 1964, suite au rapport Parent, du ministère de l'Éducation du Québec. En moins de dix ans, les polyvalentes et les cégeps remplacent les écoles de rang et les séminaires.

— Robert Bourassa est professeur à l'Université d'Ottawa de 1961 à 1963.
1963
— Arrivée au pouvoir de Lester B. Pearson et de ses libéraux (époque de nombreux compromis avec les autorités québécoises). Création de la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme (Commission Laurendeau-Dunton).

— Au Québec, le Front de libération du Québec (FLQ), s'inspirant de la récente guerre d'indépendance de l'Algérie, fait exploser ses premières bombes à proximité de casernes militaires, symboles de la présence britannique dans la province. L'action du FLQ atteint son paroxysme en 1970, alors que sont enlevés James Cross (diplomate britannique) et, cinq jours plus tard, Pierre Laporte (ministre du travail).
1965
— Le drapeau canadien est adopté après de longs débats mouvementés (les libéraux de Lester B. Pearson au pouvoir depuis 1963 voulait le drapeau que l'on connaît actuellement, alors que les Conservateurs de John Diefenbaker tenaient à la présence d'un petit Union Jack sur le drapeau canadien).

— Cette même année, Pearson, qui veut du sang neuf dans l'aile québécoise de son parti, fait appel entre autres à Pierre Elliott Trudeau (avocat, commentateur politique et professeur de droit). Trudeau s'oppose au nationalisme québécois, qu'il trouve répugnant.
1967
— Charles de Gaulle lance son « Vive le Québec libre » à Montréal.

— Du 28 avril au 27 octobre, grand succès de l'Exposition universelle de Montréal.
1968
— Pierre Eliot Trudeau, devenu chef du Parti libéral fédéral, est élu Premier ministre du Canada. Il proclame le français et l'anglais langues officielles du pays (1969), et met sur pied un projet ambitieux pour réviser la constitution canadienne ; cependant il subit l'opposition des souverainistes du Québec (renforcée par la victoire du Parti Québécois aux élections de 1976, sous René Lévesque) et fait face aux réactions conservatrices des provinces de l'Ouest.

— C'est aussi en 1968 que René Lévesque fonde le Parti Québécois ; il était depuis 1960 député libéral, et fut ministre de 1960 à 1966 (années durant lesquelles il procéda à la nationalisation des ressources hydroélectriques).

— En 1968, création de Radio-Québec et de l'Université du Québec.
1969
— Adoption en juillet de la Loi sur les langues officielles.

— Par ailleurs, le 21 juillet, l'Américain Neil Armstrong est le premier homme à poser le pied sur la Lune.
1970
— Suite à l'enlèvement de James Cross et de Pierre Laporte, Trudeau décrète la Loi des mesures de guerre, la police arrête 457 personnes (dont certaines personnalités québécoises importantes), et l'armée arrive à Montréal. C'est la Crise d'octobre. Les felquistes livrent le cadavre de Laporte et, après 47 jours de captivité, libèrent Cross en échange d'un sauf-conduit pour Cuba.

— Au début de cette même année, les Québécois ont donné le pouvoir aux libéraux du jeune Robert Bourassa (qui sera Premier ministre une première fois de 1970 à 1976) ; le P.Q. quant a lui a récolté 23 % des votes mais seulement sept sièges à l'Assemblée nationale.
1971
— Langue d'usage au Québec : anglais 15 %, français 81 %.

— Le service d'immigration du gouvernement canadien ferme ses installations au quai 21 d'Halifax (ouvert en 1924), étant donné la baisse d'achalandage. Les immigrants préfèrent de plus en plus l'avion au bateau.
1973
— Au Québec, les élections redonnent le pouvoir aux libéraux de Bourassa ; le Parti Québécois devient l'opposition officielle en allant chercher 30 % des suffrages (mais seulement 6 sièges).

— Crise du pétrole : l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), fondée en 1960, force la hausse des prix du pétrole en réduisant son offre mondiale. En décembre, le gouvernement fédéral crée Pétro-Canada pour stimuler l'exploration pétrolière.
1974
— Robert Bourassa proclame le français langue officielle du Québec.
1976
— Fin juin, le Charte des droits et libertés du Québec entre en vigueur.

— En juillet, le Canada abolit la peine capitale.

— 17 juillet: ouverture officielle des Jeux Olympiques de Montréal.

— Le 15 novembre, le Parti Québécois est porté au pouvoir. Dans le reste du pays, c'est la stupeur. Le premier février 1978, la loi 101 est sanctionnée.
1979
— Un mécontentement général contre Trudeau permet l'élection des Conservateurs (dirigé par Joe Clark depuis 1976) en mai (il s'agit d'un gouvernement minoritaire), mais ceux-ci, mis en difficulté par le refus des Communes d'adopter leur budget, démissionnent en décembre de la même année et les élections de février 1980 ramènent Trudeau au pouvoir, avec 74 des 75 sièges disponibles au Québec, mais aucun à l'ouest du Manitoba. Jamais les divisions régionales ne se sont autant précisées.
1980
— Le 20 mai, par un premier référendum, les Québécois (59.6 %) disent non au projet de souveraineté-association de René Lévesque (le OUI ne remporte que 40.4 % du suffrage). La campagne du « non » a été menée par Pierre Trudeau, Claude Ryan et Jean Chrétien. Le taux de participation a été de 84 %.

— Trudeau a conçu le projet de doter le Canada d'une autre constitution, mais les conférences de l'été aboutissent à une impasse. Néanmoins, le gouvernement fédéral, avec l'Ontario et le Nouveau-Brunswick, passe à l'action et dépose à l'automne devant le parlement un projet de résolution constitutionnelle. Les huit autres provinces contestataires en appellent aux Tribunaux. Les négociations doivent reprendre. Sans le Québec, Ottawa et les neuf autres provinces parviennent à s'entendre le 5 novembre 1981 (épisode dit de la « nuit des longs couteaux »). La Loi constitutionnelle de 1982, approuvée par le Parlement de Westminster, est proclamée à Ottawa en présence de la reine le 17 avril 1982.
1981
— Le Parti Québécois est reporté au pouvoir au Québec, en réaction au coup de force du Canada.

— Par ailleurs en France: Élection à la présidence de la Ve République de François Mitterrand.
1982
— Le 17 avril, le gouvernement du Canada qui a procédé au rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne, de Londres à Ottawa, voit sa nouvelle loi constitutionnelle approuvée en présence de la reine.

— Le Canada compte à présent 25 millions d'habitants (tandis que la France en compte 54 millions).

— L'auteure Anne Hébert remporte le prix Fémina, prestigieux prix littéraire français, pour son roman Les Fous de Bassan. Avant elle, trois autres écrivaines ont remporté des prix similaires: Antonine Maillet (prix Goncourt 1972), Marie-Claire Blais (prix Médicis 1966) et Gabrielle Roy (prix Fémina 1947).
1984
— En mai, trois personnes perdent la vie lorsque le caporal Denis Lortie ouvre le feu dans l'Assemblée nationale à Québec.
1985
— En avril, entrée en vigueur de l'article 15 de la Charte des droits et libertés du Canada, qui modifie la constitution canadienne pour assurer l'égalité à tous devant la loi.

— Le 2 décembre, élection provinciale au Québec. Le Parti libéral, dirigé par Robert Bourassa, prend le pouvoir aux mains des péquistes qui formaient le gouvernement depuis neuf ans. Le PLQ remporte 99 sièges grâce à l'appui de 56 % des électeurs, alors que le PQ de Pierre-Marc Johnson récolte seulement xx sièges. À noter cependant que Robert Bourassa perd l'élection dans son comté de Bertrand et est forcé de se faire élir un mois plus tard dans le comté de Saint-Laurent.
1986
— En janvier, la navette américaine Challenger explose quelques secondes après le décollage.

— À la fin d'avril, accident nucléaire à Tchernobyl, en Ukraine. Un nuage radioactif contamine une partie de l'Europe à l'iode et au césium.
1987
— Avec l'arrivée au pouvoir du Parti libéral du Québec en décembre 1985, les exigences de la province pour réintégrer la constitution sont passées de vingt-deux (sous le PQ) à cinq, ce qui permettait de croire à une entente possible. Le 3 juin, l'Accord du lac Meech est signé par tous les Premiers ministres, qui se donnent jusqu'au 22 juin 1990 pour faire ratifier l'entente devant leurs parlements respectifs, ce qui ne sera pas fait. Les principaux opposants à l'Accord sont Pierre Trudeau, Jean Chrétien, Marc Lalonde, Franck McKenna (N-B), Gary Filmon (Manitoba), Clyde Wells (T-N) et les Amérindiens.

— Mort de René Lévesque le 1er novembre 1987.
1988
— La Cour suprême du Canada ayant rendu invalides certaines dispositions de la loi 101, le gouvernement libéral de Robert Bourassa réagit en faisant adopter le 18 décembre la loi 178, qui restreint l'affichage bilingue, et qui provoque la démission de trois ministres anglophones.
1989
— Au Québec, l'épineux dossier linguistique est confié le 3 mars au ministre de l'Éducation, Claude Ryan. Neuf jours plus tard, 50 000 personnes manifestent à Montréal pour la défense de la loi 101 et contre la loi 178.

— Le 6 décembre, drame sanglant à l'École Polytechnique de Montréal, alors que 14 jeunes femmes sont froidement abattues par un tireur fou misogyne.
1990
— Le 23 juin, mort de la Modification constitutionnelle de 1987, communément appelée l'Accord du lac Meech. Les assemblées législatives provinciales et le Parlement fédéral avaient eu trois ans pour ratifier l'Accord. Le Manitoba n'est pas parvenu à adopter la résolution à temps en raison de problèmes de procédure, et Terre-Neuve a décidé de ne pas tenir de vote sur la résolution constitutionnelle.

— Épisode de la crise d'Oka pendant l'été, alors que les Mohawks d'Oka (au Québec) affrontent les Blancs, la police provinciale, puis l'armée canadienne.

— Pendant les deux prochaines années, le gouvernement fédéral tiendra trois séries de consultations sur la question constitutionnelle: celles de la Commission Spicer, celles du Comité Beaudoin-Edwards et celles du Comité Beaudoin-Dobbie. Elles mèneront à l'élaboration de l'Accord de Charlottetown, qui ne sera jamais ratifié.
1991
— 1er janvier : le gouvernement fédéral instaure la TPS (taxe sur les produits et services) pour remplacer la taxe sur les ventes des fabricants qui datait de 1924.

— Le 27 mars, la Commission québécoise Bélanger-Campeau, mise sur pied en réponse à l'échec de Meech, remet son rapport. Elle entrevoit deux solutions possibles à l'impasse constitutionnelle: une profonde modification du système fédéral ou la souveraineté du Québec. En janvier de cette même année, le Rapport Allaire, issu d'un comité interne du Parti libéral, en venait à la même conclusion. Pour donner suite au rapport Bélanger-Campeau, le gouvernement du Québec dépose un projet de loi en mai qui prévoit un référendum avant la fin de 1992 sur de nouvelles offres du fédéral ou sur la souveraineté du Québec.

— Le pays compte quelque 9 millions d'habitants qui ne sont d'origine ni britannique ni française. Ce groupe comprend mal pourquoi on essaie de faire du Canada un pays bilingue.

— L'espérance de vie au Québec, de la femme : 79,4 ans; de l'homme : 71,9 ans.
1992
— Le 26 octobre, l'Accord constitutionnel de Charlottetown est rejeté par la population canadienne lors d'un référendum national. L'accord se voulait similaire à celui de Meech, mais au Québec il a été jugé insuffisant et dans le reste du Canada perçu comme inéquitable car favorisant trop le Québec. Cela met fin à plusieurs années de débat constitutionnel. Désormais, l'économie deviendra la priorité des gouvernements.
1994
— 1er janvier: entrée en vigueur de l'ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) qui permet au Mexique de joindre la zone de libre-échange Canada/États-Unis créée en 1989.

— Élection provinciale au Québec. Le Parti Québécois, sous la direction de Jacques Parizeau, prend le pouvoir aux mains des libéraux de xxx avec 77 sièges contre xx.
1995
— Le 30 octobre, deuxième référendum sur l'indépendance du Québec. Le clan du NON l'emporte de justesse sur le clan du OUI : 50.58 % contre 49.42 %.
1997
— Le 2 juin, élection fédérale. Les libéraux de Jean Chrétien forme le gouvernement, avec 155 sièges sur les 301 au total que compte la Chambre des communes. Le Parti Réformiste (présent dans l'Ouest seulement) de Preston Manning obtient 60 sièges; le Nouveau Parti Démocratique (d'Alexa McDonough) décroche 21 sièges; le Parti Conservateur (de Jean Charest), 20 sièges. Au Québec, le Bloc Québécois (de Gilles Duceppe) réussit à faire élire 44 députés. On compte aussi un député indépendant (non affilié à aucun parti).
1998
— Le 30 novembre, élection provinciale au Québec. Le Parti Québécois, sous la direction de Lucien Bouchard, garde le pouvoir au dépens du Parti libéral dirigé par Jean Charest. Le PQ remporte 75 sièges tandis que le PLQ en obtient 48. Toutefois, le Parti libéral récolte 43,6 % des voix alors que le Parti Québécois en récolte seulement 42,9 %. La surprise vient de l'Action Démocratique du jeune Mario Dumont qui réussit à conserver un siège à l'Assemblée nationale, tout en récoltant 11,6 % de l'ensemble du suffrage.
1999
— Le 1er avril, création au nord du Canada d'un nouveau territoire, le Nunavut, qui sera administré par un parlement inuit. Le Nunavut englobe une superficie plus grande que Terre-Neuve, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et le Québec réunis. Le mot Nunavut signifie « notre terre ». La population du nouveau territoire est composée à 85 % d'Inuits.

— Près de 51 % des immigrants reçus au Canada cette année proviennent de l'Asie.
2000
— Le 27 novembre, élection fédérale. Les libéraux de Jean Chrétien réussissent à se faire réélire à la tête du gouvernement, avec 172 sièges sur les 301 au total que compte la Chambre des communes. Le Parti de l'Alliance Canadienne (présent dans l'Ouest seulement) obtient 66 sièges; le Nouveau Parti Démocratique décroche 13 sièges; le Parti Conservateur, 12 sièges. Au Québec, le Bloc Québécois réussit à faire élire 38 députés.
2001
— Le 8 mars, suite à la démission de Lucien Bouchard qui quitte la vie politique pour se consacrer à sa famille, Bernard Landry devient Premier ministre du Québec et chef du Parti Québécois.

— Le 11 septembre survient le pire attentat terroriste jamais perpétré aux États-Unis, alors que deux avions percutent les deux tours du World Trade Centre qui s'effondrent dans l'heure qui suit, et qu'un autre s'écrase sur le Pentagone. Les Américains montrent du doigt le milliardaire Ben Laden et s'engage peu de temps après dans une campagne militaire contre l'Afghanistan et le régime Taliban dont ils viendront à bout quelques mois plus tard.

— Le 4 novembre se tient la première élection municipale suivant la fusion de nombreuses villes québécoises. Ainsi, par exemple, Montréal regroupe dorénavant toutes les agglomérations de son île ; et Gatineau devient la seule grande ville de l'Outaouais québécois, englobant Hull, Aylmer, Masson-Angers et Buckingham.
2003
— Fin mars, les États-Unis et la Grande-Bretagne attaquent l'Irak après plusieurs semaines de menaces contre le régime irakien. En moins d'un mois, la coalition américaine s'empart du pays et fait tomber le régime de Saddam Hussein.

— Au Québec, le 14 avril, les Libéraux de Jean Charest prennent le pouvoir des mains du Parti Québécois, remportant 76 sièges sur un total de 125, contre 45 pour les troupes de Bernard Landry (PQ) et 4 pour Mario Dumont de l'ADQ.

— Le 12 décembre, Jean Chrétien prend sa retraite comme premier ministre après dix ans de règne, et cède sa place à son adversaire de longue date au sein même du Parti Libéral du Canada, Paul Martin, qui devient alors le 21e premier ministre du Canada.

— L'année scolaire 2002-03 a produit au Québec 72 384 diplômés du secondaire (environ 39 000 filles). Les filles âgées de 15 à 20 ans sont 86 % à avoir en main leur diplôme d'études secondaires, comparativement à seulement 71 % des garçons du même âge.
2004
— Le lundi 28 juin, élection fédérale. Les libéraux de Paul Martin obtiennent un gouvernement minoritaire, avec 135 sièges sur les 308 au total que compte la Chambre des communes. Stephen Harper et le Parti conservateur nouvellement réunifié (union du Parti de l'Alliance et de l'ancien Parti conservateur) obtient 99 sièges; le Nouveau Parti Démocratique de Jack Layton décroche 19 sièges. Au Québec, le Bloc Québécois de Gilles Duceppe réussit à faire élire 54 députés. On compte également un député indépendant (non affilié) élu en Colombie-Britannique.

— Le 26 décembre, un tsunami dévaste le sud-est de l'Asie, faisant au-delà de 300 000 morts.
2006
— Le lundi 23 janvier, élections fédérales. Les libéraux de Paul Martin perdent le pouvoir aux mains des conservateurs de Stephen Harper. Sur les 308 sièges que compte la Chambre des communes, les Conservateurs obtiennent 124 sièges, contre 103 pour les libéraux. Au Québec, le Bloc Québécois de Gilles Duceppe réussit à faire élire 51 députés (à sa première élection, en 1993, le Bloc avait remporté 54 sièges, puis 44 en 1997, 38 en 2000 et 54 en 2004). Au Québec aussi, un député indépendant est élu.
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